28 juil. 2011

Les cartes postales du nain - Carte postale n°1 : extrait d’une nuit en famille


Les aléas de la vie font que, parfois, tu es obligé de partager ton divin et profond sommeil avec tes nains.
Ah non, attends, je la refais, ça c’était la version Mâle.
Hum hum.
Depuis que tu as des nains, il te faut l’admettre, tu dors moins bien qu’avant. Ton doux sommeil de Nulli est bien loin. Tu as le sommeil d’un chasseur (non-bourré) : tu somnoles d’un œil, tu rêves à moitié (de tes nains) tout en gardant une oreille en mode « repérage ». Tu es du bon côté du lit, prête à bondir au moindre gémissement de nain.


Ndlr : Petite enquête à effectuer par chez toi (ou auprès de tes amies de la gente féminine) : de quel côté dors-tu mère dévouée ? Du côté du mur, bien tranquille ? Calée loin de la porte, loin des nains ?
Ne réponds pas, tu es comme moi, j’en suis certaine.
Tu es le plus près de la porte ou le plus proche de la chambre des nains… (misérablement prévisible).
 Je m’en doutais. Et je suis prête à parier que, lorsque tu arrives dans un lieu vierge de toute habitude literiesque (néologisme tiré de la routine de la literie), le Mâle te laisse TOUJOURS le côté du lit le plus proche des nains. Et même toi, maintenant, comme mue par je-ne-sais-quel-instinct, par je-ne-sais-quelle force, tu prends TA place. Ne secoue pas la tête, c’est ainsi, c’est tout.
S’il y a parmi vous quelqu’un qui arrive à dormir collée contre un mur, du côté de la fenêtre, le plus loin des nains, il va falloir qu’elle m’explique :
-    Comment elle fait pour enjamber silencieusement et ce, plusieurs fois par nuit, un Mâle échoué tel un chasseur bourré (et encouetté dans toute la couette).
OU
-    Comment elle a fait pour trouver un Mâle qui se lève la nuit…(Georges ? Who else ?)


Bref, revenons à nos aléas de la vie. Pendant ces vacances, j’ai donc du partager mon espace nocture avec mes 3 nains (et le Mâle mais en fait, lui, à part prendre toute la couette, il ne fait pas grand-chose).

Une nuit avec trois nains, ça commence parfois tôt (genre si ton espace nocture est une chambre d’hôtel). Là, tu prends sur toi et tu fais silence pendant que tout le monde s’endort (à 21h) et tu t’endors aussi (parce que je te rappelle que tu es un parent = tu es exténué en permanence). Si tu es un petit veinard en forme, tu peux également endormir tes nains et terminer la soirée à papoter avec le Mâle (ou autre) sur le balcon/dans la salle de bain minuscule/dans le couloir (ou au bar de l’hôtel mais ça fait quand même un peu parent indigne).

Si tu dois juste partager ta chambre parce que tu squattes chez des gens qui n’ont qu’une chambre à t’offrir pour la durée de ton séjour (c’est déjà sympa de ne pas avoir fait semblant d’être absent pour éviter ta visite avec nains), c’est  plus facile.

Coucher tous les nains dans la même chambre, c’est un peu mon quotidien alors rien de bien difficile là-dedans. Evidemment, en vacances, le nain a un QI qui régresse et le coucher est donc un peu plus délicat. Il veut « faire la fête », se « coucher avec les grands » (alors que les grands rêveraient de pouvoir se coucher à 20h30 une fois de temps en temps).
Les nains hurlent, sautent sur les lits (de tes hôtes) rigolent comme des loutres sous acide et finissent par pisser dans leurs pyjamas (sur le lit de tes hôtes).
M’enfin, tu me connais, une petite promenade le matin, une petite piscine l’après midi suivie d’une course poursuite à vélo en soirée et HOP, les nains sont couchables.
Je ne te parle pas ici de ma diviiiiine Micronaine qui s’est endormie chaque soir auprès de ses frères hystériques sans broncher.
(cela dit, je reviendrai sur le terme diviiiiine vers 5h30 du matin).

Bref, bref, le Mâle et moi revenons quelques fois brandir des menaces ridicules :
   Les nains, si je dois revenir, il n’y a pas de télé demain
-    Les nains, je vous préviens que si papa doit venir, ça va être une fessée chacun et puis c’est tout.
-    Les nains, vous n’êtes pas gentils, demain on vous couche comme des bébés à 20h si vous n’êtes pas capable de vous coucher comme des grands.

Ce à quoi les nains répondent généralement :
-    Huhuhuhuhuhuhu (rire de nains qui se foutent carrément de ta gueule)
-    Oui oui papa (et ils rajoutent «  oui oui caca fesse » une fois la porte fermée, persuadés qu’on ne va pas les entendre)
-    Oh non maman, pas la téléééééé (en même temps, ils savent que c’est notre atout-punition depuis toujours)
-    Ouaiiiis, une fessée (là, je crois qu’on a raté quelque chose, ça nous apprendra à ne pas en donner).


Les nains finissent par s’écrouler vers 21h30 alors que le Mâle et moi-même avons déjà fait quarante allers retours et n’avons donc pas vraiment pu savourer l’apéritif. Peu importe, ça m’évite de manger des cajoux.
Le repas est consommé dans la convivialité (les hôtes sont contents de ne plus entendre nos nains), et nous parlons de tout, de rien (de nains).
Evidemment, comme tout parent, vers 23h30, nous songeons au lendemain matin.
Et oui, ce n’est pas que je n’aime pas faire traîner les soirées en longueur…c’est que l’heure du lever demeure encore pour moi une sombre inconnue.
Soit x, l’heure du lever de ma petite personne.
Sachant que je dispose d’un modèle de micronaine  qui dispose d’un réveil interne de hibou (y) qui se met en marche entre 4h30 et 6h45 et qu’elle émet à partir de cette heure des petits bruits mignons (mais des bruits quand même).
Sachant que dans la même pièce dorment deux andouilles,  dont l’heure du lever (z) est fortement lié au réveil mouton (mais pas toujours) et également aux bruits mignons de leur sœur.
Et ajoutons à cela le fait que la dite chambre familiale ne dispose pas de rideau ocultant et que les rayons du soleil tombent directement dans ma tronche, dès l’heure du lever de ce putain d’astre (v).
Nous arrivons au système d’équation suivant :
X= y + 10 (minutes car j’attends toujours 10 minutes quand Micronaine grogne – on ne sait jamais elle pourrait peut-être se rendormir - mouaaaah)
Ou
 X=  z (oui, là, on ne peut pas patienter, les nains me trouvent et me sautent dessus)
Ou
X = v + 30 minutes (parce que pendant 30 minutes, j’essaie de trouver un angle où le rayon ne me tombe pas sur la tronche).
Bref, inutile de te dire que mon heure de lever est souvent proche de 6h lorsque je dors avec les nains (et le Mâle qui LUI n’est pas face au soleil).
Je râle sur mon heure matinale de réveil, certes, mais la nuit qui précède le lever dans une maison silencieuse (oui, car ces fourbes d’hôtes dorment) est PIRE.
23h03 : Le Mâle et moi-même saluons nos hôtes avec de misérables excuses (« non, mais on est crevés là » , « bah, on est levés depuis 6h30 aussi, c’est pour ça). Nos hôtes comprennent (sont polis surtout).
23h09 : les dents sont brossées en silence et les pyjamas sont introuvables (restés dans la chambre évidemment).
23h11 : armée de mon portable, je cherche mon pyjama dans la valise. Un nain bouge dans son sommeil. Je reste en mode samouraï au dessus de ma valise. En apnée.
23h12 : j’ai trouvé une culotte et un tshirt du Mâle, ça fera l’affaire. En voulant rallumer mon portable, j’ai lancé le mode « sioupère fort » (genre extérieur) et ça fait un gros BIP. Mode samouraï ré-enclanché.
23h13 : Le Mâle entre dans la chambre et me chuchote un truc légèrement agressif du genre « putain, mais quel bordel tu fous là ». Sauf que le Mâle ne sait pas chuchoter et il réveille un nain.
23h14 : le nain se rendort en poulet. Il n’est même plus sur son matelas mais a roulé sur le plancher comme un pouilleux.

23h15 : on se marre avec le Mâle et on songe à prendre une photo (en faisant semblant de lui mettre une vieille bouteille de bière à côté de lui).
23h16 : on se reprend, il est déjà 23h16 et on n’a pas de bouteille de bière dans la chambre (ça doit d’ailleurs être la seule chose absente dans notre bordel de manouches).

23h17 : on s’approche de notre lit. 1m40 de large. Et un nain d’1 mètre de haut qui dort en travers. Ça nous laisse vingt centimètres chacun. En se mettant sur la tranche, ça peut passer.
23h22 : Le Mâle et moi-même entamons une opération de dégageage en douceur du nain parasite.
Un petit glissé-déposé et le voilà bien droit. Entre nous. On se regarde, on le regarde. Attendris les parents (mais pas trop, la nuit reste à venir).
23h23 : on jette un œil au réveil mouton. Qui dort. On se dit qu’il faut mieux en faire autant.
23h55 : Grand Nain a remarqué qu’il dormait par terre, il pleure.
23h56 : Les habitudes sont vite prises, le Mâle fait semblant de dormir (alors qu’il a une jambe dans le vide).
23h59 : je me recouche, je me rendors avec le nain en bouillote à mes côtés. Formidable.
0h02 : en plus il ronfle.
1h46 : le nain parle dans son sommeil :
-     qui veut un bonbon ?
-    Moi (je blague, c’est l’heure)
-    Gné ??!! (le Mâle, qui manque cruellement d’humour passée une certaine heure)
-    Je réponds au nain, il demande qui veut un bonbon ?
-    Han, mais je dormais moi !
-    Ah bon ? Moi je cuillais des pissenlits en fait, alors j’en profitais pour papoter un peu…(crétin).
-    T’es con…
Et tout le monde se rendort.
2h22 : le nain a repris sa place en diagonale. Sa tête est sur le ventre de son père (gniark) et ses pieds sur mon ventre (pas gniark).
2h34 : j’ai mal au ventre (le nain bat la cadence)
2h36 : je tente de virer le nain. Il se réveille. Il chouine. Et réveille son frère. Qui veut aussi venir avec papa et maman.
2h37 : Je repose le nain récalcitrant sur son tapis de sol et lui promet que « demain, ça sera toi (et tes dix centimètres de plus) ».
2h40 : tout le monde s’est rendormi.
2h44 : J’ai envie de faire pipi mais je n’ose pas bouger de peur de réveiller un/plusieurs nains.
3h30 : je n’arrive pas à me rendormir du coup…je vais quand même aller faire pipi. Les portes grinçent, on entend tout, je n’ose pas tirer la chasse et même le PQ qui se déroule fait un bordel pas possible.
3h32 : de retour au lit. Le nain est de nouveau à ma place. Cette fois je le pousse contre son père sans ménagement.
4h17 : Micronaine commence à faire des bruits de bouche. Ça ne réveille personne (sauf moi).
5h12 : Micronaine a donc faim et le fait savoir. Des bruits de bouche mignons elle est passée au « BA BA BA ». Ce qui semble signifier « apporte moi mon biberon esclave ».
5h22 : Comme tu le sais, avant 7h, c’est chacun MON tour. En tant que mère asservie au gosier (et à l’estomac de ma progéniture), je me lève donc pour préparer le divin breuvage de sa Majesté de la Micronaine.
5h35 : Micronaine a descendu son biberon, elle rote. La grande classe.
6h02 : J’ai marché à petits pas dans la chambre pendant une demi-heure pour qu’elle digère bien son biberon. J’ai manqué d’écrabouiller le nain vautré au sol. Elle se frotte les yeux. Youhou, je la recouche.
6h56 : après presque une heure de mini-bruits, Micronaine daigne enfin se rendormir. Quant à moi, je me demande s’il vaut mieux que je bouquine mon polar (posé au pied du lit et à peine entamé) ou si je tente le sommeil (sachant qu’il y a une forte probabilité pour qu’un des deux nains se réveille maintenant tout de suite).
Je tente le sommeil.
7h26 : Un nain émerge. Il se lève en éteignant le réveil mouton (raclure va !) et vient nous voir.
7h27 : Un regard assassin au Mâle et le voilà qui se lève (tout en ronchonnant qu’il est bien tôt).
Le voilà parti avec un/deux nains (selon l’humeur) à faire « chuuuuut » dans la cuisine pour ne pas (trop) réveiller nos hôtes.
Et me voilà repartie pour trente minutes de sommeil avant le réveil de sa Majesté qui, d’un « BA BA BA » me signifiera qu’il est temps pour moi, esclave, de changer sa divine couche…


19 juil. 2011

Allez le nain, c'est l'heure de ta Babygym


 Dès septembre, crois moi, les nains vont faire du sport. Ils ont besoin de se dépenser (et autrement qu'en se courant après munis de tapette à mouches). 
Et après avoir lu le super article de Sophie (que tu peux suivre sur Twitter sous le doux pseudo de @LagrandeSofie), je n'ai qu'une envie : celle de coller un petit short au nain pour qu'il aille escalader des tapis. Et qu'il DORME le soir...(oui et en plus, ça m'a l'air moins humide que la piscine cette affaire là).

Merci donc à Sophie qui a gentiment partagé son expérience et son talent d'écriture. 


"J’ai toujours été une enclume en gym. Du genre à rester la dernière sur le banc car personne ne voulait de moi dans son équipe ou à récolter des observations sur mon bulletin qui te dégoutent à vie de l’EPS telle que « élève lymphatique ». Des épisodes qui marquent et qui n’aident pas forcément à construire une confiance en soi très solide ! Quand mon fils est né, je me suis donc dit qu’il serait bon de lui éveiller l’esprit mais aussi le corps ! J’ai vite déchanté car malheureusement, il me ressemble beaucoup : plus attiré par les livres, l’ordi et la console que l’exercice, il a la souplesse d’une planche à repasser combinée à l’endurance d’une femme enceinte de 9 mois ! C’est donc sur ma petite dernière que tous mes espoirs reposaient ! Un peu comme ces mères qui flanquent leurs filles à des concours de mini-miss parce qu’elle-même étaient les laiderons de l’école, j’ai donc décidé de l’inscrire à un cours de baby-gym !

En route ma poule!

Je vous avoue que lors du premier cours j’ai failli remballer le legging, les chaussons et déchirer ma carte d’abonnement. Imaginez 10 nains, morve au nez et accrochés à leurs mères/nounous comme à un rocher, errant hagards ou se roulant par terre. Tout ça dans une cacophonie qui pousserait n’importe quelle nullipare à se faire ligaturer les trompes. Même si le prof tentait de nous rassurer en nous disant que c’était normal, j’étais moyennement convaincue. Et pourtant j’ai eu tort. Au fil des cours, ma fille (et moi-même) nous sommes prises au jeu.



Cependant, je préfère vous avertir : Si vous cherchez le frisson et détestez la routine oubliez la babygym ! Comme nous le savons toutes, les enfants n’aiment pas le changement (suffit de voir comment ils nous reprennent avec violence lorsque nous osons changer un mot à leur histoire préférée !), les cours de babygym se déroulent donc TOUJOURS dans le même ordre et de la même façon ! Une rigueur presque stalinienne qui peut parfois déconcerter ! On commence tout d’abord par le « parcours du combattant » (façon bébé, hein, y a pas de barbelés ou de fils électrisés !) : marches, poutre, trampoline, galipette et hop on recommence. Jusqu’ici tout va bien se dit la mère indigne et un peu flemmarde qui pense qu’elle ne sera pas trop sollicitée. Et c’est là que le prof (un sud américain adorable à l’accent chantant) monte la musique et crie « allez on court » ! Pourquoi pas, un peu de jogging ça réveille tant que ça ne s’éternise pas… « Allez maintenant, on se met à 4 pattes et on fait le chien ouaf ouaf ! ». 

on se met en poulet là....


A cet instant même, toutes les mères présentes passent le pacte tacite de ne pas se regarder, se juger et surtout de ne pas prendre de photos compromettantes ! Comme le ridicule ne tue pas on enchaîne : cerceaux, partie de foot, instruments de musique, exercice de respiration, chansons. Les nounous tire au flanc ou les mères molles du bulbe sont régulièrement rappelées à l’ordre : il faut par-ti-ci-per ! Mieux vaut donc oublier les Louboutins, les décolletés ou les jupes au risque de paraître encore plus ridicule (si, si c’est possible !).

Pas mal...

Pour les moins motivées par l’activité physique, dites vous que la babygym  c’est l’occasion de se rassurer en constatant que non, il n’ya pas que notre enfant qui tape des caprices, lâche des prouts ou n’écoute rien !
fierté....


La dernière activité qui ravit les petits c’est les bulles de savon soufflées par le prof ! Parfaite illustration de l’expression « l’homme est un loup pour l’homme », les enfants n’hésitent pas à se pousser, se faire tomber ou se piétiner pour pouvoir éclater d’un doigt l’objet de leur convoitise. Vient ensuite le moment préféré des mères ravagées par tant d’exercices physiques : la relaxation ! Dans une ambiance musicale façon musique d’ascenseur, on se couche par terre avec son enfant dans les bras (enfin, quand ils veulent, la mienne a toujours voulu vivre sa vie !) et on se détend (moi je pense en général à ma liste de courses !). On conclut le cours par une dernière humiliation : on chante tous en chœur « Quand on est vraiment content on tape des mains, quand on est vraiment content on dit hourrah », tout ça en levant les bras, une belle chorégraphie digne de Patrick Sebastien ! Enfin, on se dit au revoir façon alcoolique anonyme en répétant après le prof « Au revoir Juliiiiie » « Au revoir Mathieuuuuuu »…un grand moment de solitude pour les parents que les enfants adorent ! (faut voir leurs yeux quand on dit leurs prénoms, on dirait qu’ils ont gagné à l’Euromillion !). 

toi si t'es pas choupie, je sais pas ce que tu es...


Vient ensuite le moment du retour : petit conseil, prévoir à boire, à manger et le doudou car les 45 minutes d’exercice ravagent littéralement les petits qui tombent comme des mouches dans leurs poussettes… Et rien que pour ces quelques minutes de tranquillité, on se dit que la babygym ça vaut le coup !"


Informations pratiques : http://www.ffgym.com/ffgym/decouvrir_les_gymnastiques/gymnastique_pour_tous/les_publics/la_babygym

4 juil. 2011

Oups, on dirait moi, on dirait lui..

Quand il bouquine Caca boudin au lit avec sa veilleuse nomade

Quand il colorie avec application des cartes de France

Quand elle rigole au réveil

Quand il dit "Petit cul" à sa soeur

Quand ils parlent des heures sans se lasser

Quand il dévore des épinards

Quand il fait du "bon travail" et s'inquiète de bien faire ses lettres

Quand il s'énerve parce qu'il a une gommette collée sous le pied qu'il n'arrive pas à enlever

Quand il s'endort pendant la chanson du soir

Quand il sait éclater de rire au moment où la situation lui échappe

Quand il fond en larmes à l'idée de mourir

Quand il vient dire "je suis calmé pardon" avec sa tête de chat potté

Quand il vient réclamer un ptit apéro pour faire la fête

Quand il fonce à vélo en tanguant dangereusement

Quand il descend de vélo en faisant "bien attention doucement"

Quand ils sautent sur le lit et se jettent l'un sur l'autre

Quand il balance les conneries de son frère avec un air hautain

Quand il appelle vingt fois son père pour être certain d'être écouté

Quand il veut se mettre de la crème de jour

Quand elle ferme la bouche parce que les légumes, c'est non et non.

Quand ils chahutent le soir en ricanant bêtement

Quand ils réclament un câlin, un bisou et surtout "tu viens me réveiller demain matin".

Quand il s'assoit près de son père avec une petite tasse de lait en disant "qu'un ptit café, ça fait du bien"

Quand il me dit qu'il ne veut pas avoir tout de suite 5 ans...



On a beau faire, on a beau essayer de les élever pareil, on a beau mettre parfois ce que l'on est de côté histoire de ne pas leur refiler nos angoisses et nos doutes... il y a des choses qui sont déjà en eux.


Je me dis qu'il n'y a pas de hasard (et puis si, quand même).
Je me dis que ce que je transmets, c'est ce qui compte.
Je n'ai jamais voulu leur transmettre grand chose d'autre que la gentillesse et l'humour, qu'un peu de moi et de lui, qu'un peu de "la vie est ce que tu décides d'en faire" et de "ce n'est pas toujours marrant mais on va quand même essayer d'en rire".


Nos enfants nous ressemblent, nos enfants sont différents, nos enfants sont nos uniques.
Quand je les vois devenir ce qu'ils sont, quand j'entraperçois ce qu'ils seront peut être, quand je devine certains traits de leurs caractères, je me dit que ça valait le coup. Et que, plus ça passe, plus ça compte.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...