5 juin 2014

Se souvenir

C'est Ezabel qui le disait je crois, même si je ne retrouve plus où.
A un moment, on sait que ce qu'ils vivront désormais fera partie intégrante de leur vie.
On sait qu'ils se souviendront. De quoi? De qui? Peu importe. Mais ce qui peut nous paraître anodin ne l'est peut être pas et ces moments passés à leurs côtés sont ceux qui resteront ancrés jusqu'à la fin.

Que restera t-il de ce que nous faisons, de ce que nous disons, de ces mots échangés, des chansons murmurées?
Que garderont-ils des virées piscines, des engueulades pour des salles de bain inondées, des tristes chagrins pour des jouets cassés.

J'essaie parfois de me souvenir du premier souvenir mais bien souvent ce sont les photos que je m'approprie, bien plus que de réelles sensations. De ces premières années ne reste rien de concret, rien de palpable, que la certitude que ces années furent heureuses, puisqu'on me le dit, puisque je le vois, puisque je le sens.

Ils se souviendront, peut être, maintenant, de leurs chambres respectives et des nounours de leur enfance. Ils se souviendront, probablement de certaines odeurs qui leur rappeleront, dans quelques années un petit "je-ne-sais-quoi" nostalgique.

C'est difficile de savoir.



J'avais envie de m'y replonger dans ces premiers moments, en essayant de mettre le doigt sur ce dont je me souviens vraiment. Cinq souvenirs d'enfance, les plus justes et les plus marquants, comme pour les inscrire à jamais.


- J'ai trois ou quatre ans, probablement, puisque je suis en petite section. J'ai dans la poche un catalogue minuscule de Barbie. Que la directrice m'a confisqué parce qu'on ne ramène pas ça à l'école. Je suis d'ailleurs dans son bureau parce que j'ai refusé d'aller manger à la cantine.
"Mon papa va venir me chercher parce qu'on part à Paris". J'ai insisté, j'ai juré que c'était vrai, j'ai pleuré. Je suis assise, toute petite, sur une chaise un peu trop haute, je vois le catalogue de Barbie dans les mains de la directrice qui tente de joindre mes parents.
C'est vendredi prochain que tu pars à Paris Marie.
Alors je fonds en larmes et elle me rend mon catalogue. Je remonte les allées de la cantine en lui tenant la main et je vais manger avec elle. L'après midi, nous ferons du triangle en musique.


- J'ai cinq ans, bientôt six et je suis au Cp. Je suis de fin d'année bien entendu et je suis la plus petite. Comme je sais lire, aujourd'hui je suis passée au Ce1. On m'a changée de place, je suis dans le rang de gauche, à côté d'un certain Jérôme qui ne me prêtera jamais sa gomme et qui nous fera avoir zéro en maths puisqu'il copiera sur moi (alors que j'avais complètement faux, je vous rappelle que je suis une buse en maths) sans jamais se dénoncer. Mon livre de Français est ouvert et on me demande de lire le texte et de faire les deux flèches bleues. La maîtresse passe aux autres niveaux, nous sommes 20 en classe, du Cp au Cm2, le bonheur des petits villages.
Je lis le texte. Et je ne trouve pas les flèches bleues. Je ne comprends pas de quoi elle parle.
Et pendant de longues minutes qui m'ont parues des heures, j'attends, je cherche.
Je n'ose pas lever le doigt, je n'ose pas faire un geste ni proférer un son, je n'ose pas demander, je n'ose même pas tousser. Tétanisée.
Ce qu'on a le droit de faire ou pas, je n'en ai aucune idée. Je suis désemparée.
Je me souviens encore d'avoir regardé toute la classe. De m'être demandé ce que je faisais là.
Et d'avoir attendu, l'air concentré, abîmant mes yeux sur la page pour trouver ces flèches bleues.
Qui étaient en fait de petits symboles à côté des questions de lecture. Bêtement. Soulagement.


- J'ai six ans et mon père nous a rapporté d'un congrès en Egypte des tee-shirts avec des hiéroglyphes. Un jaune et un rose pour ma sœur et moi. Nous les adorons. C'est bien simple, je pense que ce tee-shirt arrive ex-æquo avec la chemise de nuit Malabar que Maman nous a trouvé à Troyes. Sauf que ce matin, nous ne trouvons pas nos tee-shirts avec ma petite soeur. Nous fouillons, nous réclamons. Pendant plusieurs jours, le mystère demeure et même ma mère ne parvient pas à remettre la main dessus (c'est dire).
Nous les avons retrouvé dans le bac à torchons, près des chaussures et du cirage. Inutile de vous dire que nous avons pleuré et que nous nous en souvenons encore toutes les deux.
C'était Mamie la coupable et je me suis promis de ne jamais transformer un vêtement des enfants en chiffon à chaussures.

- J'ai neuf ans, probablement et je passe ma première nuit à l'hôpital sans ma maman. Nous sommes trois dans la chambre. Une grande dont j'ai oublié le nom, une petite Gwenaëlle qui a 5 ans et moi. J'ai neuf ans et je n'aime pas dormir toute seule à l'hôpital, même si ma mère est restée jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus rester. Je suis dans mon lit, le plus à droite en rentrant et la petite est à côté de moi. Elle a une girafe pour dormir, un truc qui lui envoie de l'air parce qu'elle a une mucoviscidose et qu'elle peine à respirer. J'ai neuf ans et j'ai compris que la petite à côté de moi ne les aurait peut être jamais. Je ne dors pas cette nuit là, j'écoute la respiration difficile de ma voisine et je veux juste qu'elle ne meure pas.
Je ne sais pas combien de temps j'ai attendu dans le noir, combien de temps nous avons chuchoté avec la grande du bout, combien de fois l'infirmière est venue nous dire qu'il fallait dormir mais j'ai le souvenir d'une longue et triste nuit.
Je ne sais pas non plus ce qu'elles sont devenues, elles qui vivaient là, moi qui ne suis pas restée si longtemps, moi qui ait eu la chance, finalement, de m'en sortir quelques années après. Je ne sais pas mais je pense souvent à elles.


- Et puis ce dernier amas de souvenirs en vrac, qui sont finalement de plus petits moments. Qui sont finalement ceux qui m'ont construit. Ceux dont je ne me souviens plus très bien mais qui laissent dans la bouche un arrière goût sucré. Ceux dans lesquels le cerveau pioche, de temps en temps.
Les glaces banane-chocolat alors qu'on devrait être au lit, sur la plage en Corse.
Les spirales anti-moustiques qui se consument sous nos yeux pendant que les grands parlent et qu'on se love sur les genoux d'un parent.
Les veillées de Noël quand on attend tous les trois sur le canapé  en regardant des Tex Avery.
Les descentes des escaliers sur des vieux matelas et les histoires de Barbie assises sur le béton.
Les cabanes, encore et encore, les virées dans les égouts et les remontées de ruisseau en bottes.
L'école de ski que l'on déteste et les yeux qui cherchent sur les pistes la combinaison jaune et bleue de ma mère.
La trouille, la nuit, et les mains qui se tiennent. Les livres lus sous la couette avec le doigt qui reste appuyé sur la petite lumière du réveil. Les promenades en anorak pour casser les flaques. Aller à l'école à pied et marcher dans une bouse. Revenir couverte de fourmis et finir dans un bain en pleurant qu'elle vont nous dévorer.
Mon père qu'on vient chercher au milieu de la nuit parce qu'un homme est allongé sur la route nationale, privilège d'être médecin. Les maux de ventre tard dans la nuit, seule à attendre que ça passe. Ma trouille de la mort qui me frappe de plein fouet, souvent, très souvent, que je mets de côté mais qui me réveille, inlassablement.
Les sorties cinéma intello de ma mère, où nous passons trois heures à nous regarder en levant les yeux au ciel. Pour entendre ma mère nous dire à la sortie "c'était superbe non les enfants?".



C'est drôle comme je me rends compte que les souvenirs qui restent ne sont pas les plus drôles. Ce sont ceux qui m'ont marqué parce que j'en ai tiré quelque chose, parce qu'ils ont continué à me trotter dans la tête et qu'ils m'ont aidée/forcée à prendre conscience, à grandir.
C'est cela qui reste finalement.
Le bon, le drôle, le rigolo, on le porte en nous, il nous accompagne.
Le triste, le poignant et l'émouvant nous force à avancer et nous aide à devenir ce que nous sommes.

Ce sont des souvenirs qui restent, qui resurgissent à la faveur d'une odeur ou d'une discussion, des souvenirs précieux.
Je n'aurais pas parié sur certains, d'autres s'imposent à moi et je suis certaine d'avoir oublié des choses qui, pourtant, sur le moment, m'avaient fait promettre de ne pas les mettre de côté.

Parfois je me demande ce dont ils se souviendront et j'ai beau me dire que notre rôle est aussi de leur permettre de se construire de jolis souvenirs, je sais pertinemment que tout cela ne dépend pas de moi. Ils vivent seuls les choses, et les ressentent comme jamais personne ne pourra les ressentir.
C'est en cela qu'avoir des enfants est merveilleux. Rien de ce que nous vivons tous les six n'est identique. Rien.

Article en vrac, comme souvent, comme toujours quand j'essaie, pendant mes quelques minutes de répit, de mettre des mots.
Mais vous avez pigé, comme souvent, comme toujours.

41 commentaires:

  1. C'est très beau, comme souvent, comme toujours. C'est une question que je me pose aussi souvent "qu'est ce qui leur restera"? Moi j'ai tellement tellement de souvenirs. Merci pour ce bel article

    RépondreSupprimer
  2. J'aime beaucoup cet article, je me pose souvent aussi cette question, parfois quand mon homme leur hurle dessus je lui demande si c'est vraiment ça qu'il voudrait qu'ils gardent en souvenir plus tard... J'espère qu'ils auront des souvenirs heureux et que toutes ces petites choses que je regrette d'avoir fait ou dit seront effacées par tous ces moments tendresse que je leur donne autant que je peux, chose que moi je n'ai pas en souvenir...

    RépondreSupprimer
  3. Très beau billet Marie ... heureusement aujourd'hui la prise en charge des enfants mucos a changé, chambres individuelles, lit pour le parent, j'imagine ton angoisse ... Moi aussi je me suis souvent demandé ce qu'elle retiendrait de son enfance ...

    RépondreSupprimer
  4. Bravo pour ce bel article, très touchant...

    RépondreSupprimer
  5. C'est beau de relater ces souvenirs. Je pense tenter l'exercice, juste pour moi, pour voir si mes souvenirs sont plutôt heureux ou non.
    Je me demande aussi ce que mes filles retiendront de leur enfance... plutôt les rire et les we en famille ou les engueulades?
    Le temps nous le dira...

    RépondreSupprimer
  6. Ma maman nous a reprochées un jour de ne toujours parler que des choses négatives (alors que c'était une maman très présente, instit, donc tous les soirs, tous les mercredis, WE et vacances, elle était avec nous. On jouait beaucoup à des jeux de société, on faisait du vélo, on invitait des copines ..., mais elle était stricte sur les notes et commentaires des profs et ne voulait pas que l'on sortent le soirs !) Maintenant que je suis maman, je me rends compte de tout ça et quand mon petit bonhomme de 2 ans va se coucher, j'aime lui rappeler toutes les belles choses qu'il a faites dans la journée, pour oublier les pleurs et les disputes ! Bêtement les souvenirs joyeux sont plus avec des copains, qu'avec mes parents, mais effectivement à l'intérieur je sais que j'étais heureuse (et je ne suis pas sûre que je ne reproduirai pas la même chose que ma maman !!!) Joli article Marie !

    RépondreSupprimer
  7. Commentaire tout aussi en vrac. Je me suis fait la réflexion, comme toi, sur le fait que finalement ce ne sont pas les souvenirs les plus gais qui restent… Mais effectivement le chaud, le tendre, le doux reste plutôt sous la forme d’un sentiment de bien-être. Je ne sais pas ce que tu as eu pour faire un séjour à l’hôpital mais ouf pour l’issue heureusement. La petite gamine avec la mucoviscidose m’a bien foutu les boules 
    J’espère que les miens garderont des impressions douces et des souvenirs de complicité fraternelle… Je n’ai pas connu ça (fille unique) alors j’aime à lire tes souvenirs de partage avec ton frère et ta sœur…

    RépondreSupprimer
  8. Pinaise, ça fait tout bizarre de se prendre ça dans la face et d'y réfléchir... Je me rend compte que pour moi aussi, les souvenirs marquants de la petite enfance ne sont pas toujours les plus joyeux, ils sont ceux qui ont marqué des étapes, ceux qui m'ont fait grandir tout en paraissant insignifiants. Un très bel article, encore une fois...

    RépondreSupprimer
  9. Encore un très bel article que j'aime de la première à la dernière ligne, et qui décrit tellement bien ce que je ressens de mes propres souvenirs d'enfant ainsi que de ce (et ceux) que j'essaie de créer pour mes enfants. Merci encore pour ces jolis moments à vous lire.

    RépondreSupprimer
  10. Très beau texte qui me renvoie à mes propres souvenirs les plus forts... pas faciles, comme ça, de les définir! J'avoue ne pas m'être encore posé la question de ce qu'il restera comme souvenirs à mon petit garçon de 19 mois. En ce moment, je me pose plus la question "est-ce que moi je vais me souvenir de cette mimique, de ce tout petit moment dans un mois, un an, une vie?" Autre point de vue...
    Merci beaucoup!

    RépondreSupprimer
  11. Pfiou Marie c'est comme d'hab tu me mets la larme à l'oeil !! J'adore ça ! Merci

    RépondreSupprimer
  12. Très chouette... C'est toujours ces articles là, en vrac, que je préfère....

    RépondreSupprimer
  13. Je me suis remémorée moi aussi mes souvenirs d'enfance en te lisant... J'en ferais bien un billet d'ailleurs, je peux reprendre l'idée? Pour les fixer quelque part, en dehors de moi.
    Et que retiendrons nos enfants? Il faudrait se souvenir de le leur demander dans quelques décennies ;-)

    RépondreSupprimer
  14. Je me dis que tout ça, toutes ces petites choses dont ils ne se souviendront pas consciemment, se loge dans leur inconscient, et ressortiront un jour, à la faveur d'un autre événement. Alors je travaille à leur construire de jolis souvenirs.

    RépondreSupprimer
  15. Marie Perarnau, je suis fan de cet article, et de ta manière d'exprimer tes souvenirs! Souvent j'y pense, souvent je me dis que même le quotidien le plus anodin ne l'est pas. Que chacun de mes enfants se rappellera des choses, très précises... Et même ce qu'on croit être insignifiant étendre le linge, leur apporter un goûter, sera peut être un élément fondateur dans leur personnalité d'adulte. Il leur restera peut être, à eux, l'odeur de lessive, le goût des carreaux de chocolat dans le morceau de baguette craquante. Tous les grands écrivains parlent des souvenirs d'enfance qui les ont inspirés, orientés. Albert Cohen, Romain Gary ont une une mère présente et au caractère affirmé, qui les influencera dans leur écriture. C'est fascinant d'essayer de réaliser que chaque moment du quotidien doit être vécu, car ce n'est pas forcément ce qui est le plus exceptionnel qui les marquera le plus. En espérant qu'ils ne se souviennent pas que de leur mère qui crie et qui s'agace ;-)

    RépondreSupprimer
  16. J'ajoute que tes enfants ont la chance d'être plusieurs: ça leur permettra, plus tard, de pouvoir partager leurs souvenirs, et pas seulement de les conserver tout seuls dans un coin de leur tête sans personne pour les comprendre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Marine, merci, c'est exactement cela que je me disais en lisant Marie... Les souvenirs sont tous uniques mais peuvent être partagés à l'infini avec ceux avec qui nous avons vécu, la famille, les siens.

      Supprimer
  17. En effet, on se souvient bien, trop bien même, des "mauvais" souvenirs les hospitalisations, les décès, etc. Mais heureusement il n'y a pas que ça! Et cette question: quels souvenirs vont ils garder? Les mauvais ou les bons? Et à partir de quand?
    Angoissée de la mort, ce qui me coupe le souffle et me fait fondre en larmes illico c'est l'idée que si je meurs durant sa petite enfance mon enfant ne se souviendra pas de moi, de mon visage, de mon odeur, de mes câlins ou de ma voix. Je serai cette maman racontée, celle qu'on voit sur les photos mais non la vraie moi. Sans parler du fait qu'il n'aura plus de maman avec son amour inconditionnel... Bon j'arrête là hein car ça plombe le moral direct!
    Merci de partager ces souvenirs, j'ai replongé dans les miens du coup!

    RépondreSupprimer
  18. Article magnifique et émouvant. La nostalgie traverse l'écran, ce sentiment doux, chaud et un peu douloureux à la fois. Forcément on s'arrête une seconde dans la lecture pour aller exhumer ses plus vieux souvenirs du fond de son cerveau. Et forcément c'est doux, chaud et un peu douloureux.

    RépondreSupprimer
  19. me voilà plongée en pleine nostalgitude... Les vacances dans les Landes, les BN mangés sur la plage, le soleil qui plonge dans la chambre quand ma mère vient me réveiller pour prendre le petit déjeuner tous ensemble. La trouille la plus totale lors du 1er cours de ski, le bruit des bottes sur l'escalier métallique, le lit superposé sans barrière... J'avais 6 ans. Le dîner frites/calamar frits/tarte tropézienne du samedi soir devant Winnie l'Ourson. La crise de ma mère alors que j'avais perdu mon chien en peluche chez Ikea, j'avais 8 ans.
    Moi j'ai l'impression que ce qui m'a constitué, qui a fait de moi ce que je suis c'est justement ce dont je me souviens pas, les toutes premières années. L'amour inconditionnel et l'admiration de ma mère m'ont donné une base de vie solide. Le reste a façonné mes contours. Merci de nous faire réfléchir !

    RépondreSupprimer
  20. Quelle belle idée !!! Quel beau texte : a mon avis il y a une piste pour un recueil à la Delerm !

    Pour ma part j'ai énormément de souvenir de ma petite enfance : très précis jusqu'au collège et après ca s'étiole. Je pourrais citer presque tous les noms de mes camarades de primaire presqu'aucun du lycée.
    Pour ma part c'est surtout des bons souvenirs ou des émotions fortes, très souvent liées à l'école primaire où je me suis beaucoup plue…Premier souvenir de PS : etre sous un escalier avec ma classe et écouter les dames de la cantine mettre la table en essayant de deviner les objets qu'elles manipulaient.
    Et les longues heures à bouquiner dans ma chambre sous mon vélux.
    Merci pour cette chouette idée

    RépondreSupprimer
  21. Souvenir, souvenir !
    Qu'en dit Grand Nain ?!!

    RépondreSupprimer
  22. C'est très touchant et ca me ramène à mes souvenirs d'enfance ... Quelques injustices, beaucoup de petits riens, Fort Boyard l'été et aussi Tex Avery à Noël, la cabane de la cour de l'école, les tomates farcies de mon papa et le gâteau de semoule de ma maman, l'odeur du sous-bois dans les châtaigneraies cévenoles, un joli mélange en somme !

    RépondreSupprimer
  23. Pioufff j'ai chialé parce que mon rat gondin va pas super bien en ce moment, et elle me demande si elle verra ses 5 ans. Oh j'espere tant! Pour que plus tard elle soit comme nous a chercher ses souvenirs (hééééé moi aussi je suis une buse en math^^)

    RépondreSupprimer
  24. J'aime beaucoup cette phrase que tu dis "je suis certaine d'avoir oublié des choses qui, pourtant, sur le moment, m'avaient fait promettre de ne pas les mettre de côté."... Depuis que je suis Maman, avant même, mais surtout maintenant, il y a certains moments uniques, certains petits détails, que j'aimerais graver en moi, ne jamais oublier... C'est arrivé de nombreuses fois, et pourtant il sont partis comme tant d'autres. C'est oppressant je trouve, cette impression que tout nous file entre les doigts...

    Je ne sais pas ce que ma fille gardera comme souvenirs, mais je suis persuadée que les choses restent quelque part, au coin de nous, et font de nous ce qu'on est. Alors autant faire que ces choses soient les plus belles pour eux. C'est aussi pour ça qu'on voyage avec Nana, même si elle ne s'en souviendra sans doute jamais, même si elle est trop petite pour comprendre comme disent beaucoup de gens autour de nous. Moi je ne le pense pas. Les voyages ça rend la vie plus belle je trouve, et même si petite, j'en suis sûre.

    RépondreSupprimer
  25. Je me pose souvent cette question. Que retiendront-elles ?
    L’odeur de ma mère est l’un des souvenirs les plus ancrés. Quand la Framboise m’a avoué l’autre soir qu’elle allait parfois renifler mon oreiller (« parce que tu sens toujours bonne Maman » <3), j’ai fondu et je me suis revue faisant la même chose.
    Au global, j’ai souvent l’impression de ne pas avoir beaucoup de souvenirs de mon enfance même si parfois, au détour d’une conversation avec mon frère ou ma sœur, ça revient en flash.
    Le reste me paraît très flou et j’ai toujours énormément de mal à dater mes souvenirs… alors que j’ai pourtant une bonne mémoire dans la vie courante.
    A noter pour dans 20 ans : leur demander ce dont elles se rappellent ;-)

    RépondreSupprimer
  26. Cet article est très émouvant et m'a renvoyé à mes propres souvenirs.
    Merci

    RépondreSupprimer
  27. Moi aussi j'ai des souvenirs-flash ou anecdotes, comme toi. Rétrospectivement, je me dis que je ne les ai pas retenu par hasard, c'est même symptomatique de ma personnalité. Mon tout premier souvenir, ce sont des fleurs roses. Maman m'a aidé à retrouvé l'origine de ce souvenir et je sais maintenant où elles se trouvaient et comment je les aient vues.
    Mais au delà de ces détails qui nous rendent uniques, il y a les souvenirs sur le long terme: l'ambiance à la maison, le fait d'appartenir à une fratrie, le goût des livres, le sens de l'effort (plus ou moins bien vécu à l'adolescence ;) ...
    Aujourd'hui, comme maman, je suis tentée de retenir l'instant présent parce qu'on a des moments magiques. Et puis je me dis qu'il faut en profiter, mais ne pas s'y accrocher: Chérie s'en souviendra ou pas (c'est son jardin secret) mais que si tout se passe bien, elle aura toute sa vie la certitude que ses parents l'ont aimée et çà c'est super structurant.

    RépondreSupprimer
  28. quatre regards bleu tendresse5 juin 2014 à 17:54

    c'est bizarre que tu écrives ça aujourd’hui...c'est la conversation que l'on a eu hier soir avec mon homme...j'aimerais qu'il n'y est que des souvenirs parfaits mais je sais que c'est juste utopiste...

    bisous Marie

    RépondreSupprimer
  29. c'est si émouvant , si vrai , si bien écrit , quel plaisir de vous lire , Marie !! MERCI !! ^.^

    RépondreSupprimer
  30. Merci pour cette madeleine !!! Tout ce que nous vivons nous façonne d'une manière ou d'une autre et
    cela même si il ne nous en reste pas grand chose à part une "sensation" de bonheur ou de déplaisir , et cela j'en suis persuadée ! Je crois que nous souhaitons tous que nos enfants n'aient que des souvenirs magiques de leur enfance mais la tristesse, la pein, la douleur, c'est un peu comme les contes de fée, on en a besoin pour grandir et forger notre personnalité. Cela fait partie intégrante de la vie, on ne vit pas sur la planète des Bisounours !!!
    En tout cas merci pour ce très bel article (une fois de plus !!) et continue de faire foctionner la "fabrique à souvenirs" !!!
    Marine

    RépondreSupprimer
  31. Peut-être une explication car moi j'ai très peu de souvenirs d'enfants, pour ne pas dire aucun... J'aime me souvenir, pourtant, j'aimerais me rappeler.
    En revanche, je sais (sentiment intérieur, récits, photos) que j'ai eu une enfance très heureuse. Je ne sais pas si plus heureuse c'est possible. Alors, peut-être, je n'ai pas de mauvais souvenirs à me rappeler...

    RépondreSupprimer
  32. Superbe Marie, rien à ajouter.

    RépondreSupprimer
  33. Merci Marie pour cette réflexion... les larmes me montent au yeux et je réfléchis à mes souvenirs, beaucoup sont liés à mes soeurs, ça me donne envie de faire encore plein de bébés !

    RépondreSupprimer
  34. Merci à tous pour vos commentaires très touchants.

    RépondreSupprimer
  35. Ton article est très intéressant et touchant. C'est vrai que ça donne envie de se pencher sur ses propres souvenirs....

    RépondreSupprimer
  36. Toujours tellement si vrai, c'est notre vie à tous, si ressemblante et si différente à la fois. J'ai du mal à me rappeler ma petite enfance, mais je sais juste que c'était pas drôle tous les jours, fille unique avec des parents qui se tiraient des boulets de canon tous les jours.. mais j'ai été heureuse aussi, je me rappelle que j'attendais avec tellement d'impatience les week-end où on allait chez les cousins :-). C'est plein de petits riens qui nous font et nous construisent.
    Merci pour ce si joli article qui met des mots sur ce que l'on ressent presque tous.

    RépondreSupprimer
  37. Je me rends compte en lisant cet article Marie, que tu ne parles quasiment jamais ou alors que très rarement, de ton papa. Peut être que je mets les pieds dans le plat en t'en parlant et j'en suis désolée si c'est le cas.
    comme tu dis si bien, les souvenirs qui remontent en premier ce sont les plus tristes le plus souvent. Les 2 seules claques prises par mon père. Je m'en souviendrai toute ma vie c'est certain. L'hospitalisation pour un bras cassé vers 7 ans; et un "moi je nai pas le droit mais gardez un plateau repas pour maman elle ne va pas tarder à arriver. Elle dort avec moi."
    mais aussi mes premiers pollypocket. L'église avec les mariés et la pizzeria.
    Les barbier et les habits de barbe auxquelles j'avais droit quand j'étais malade. Au après midi passées avec papa a regarder côté ouest et la croisière s' amuse. Au lieu d'aller à l'école. Pcq je travaillais bien et qu'un après midi heureux avec papa ne m'empêchait pas d'être douée et la première.
    Tant de souvenirs remontent en te lisant. Merci pour ça Marie.




    RépondreSupprimer

Pour laisser un commentaire sans identifiant, il suffit de sélectionner Anonyme ou Nom/URL.
Et si tu es une buse, bah, envoie un mail, je t'expliquerai ça un peu mieux...

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...