16 janv. 2013

Non, je ne suis pas stressée (c'est pire)

Des nuits de hibou stagiaire.
En fait avoir quatre nains, c'est comme trois avec une chance en moins d'aligner deux heures de sommeil consécutives.
Des nuits hachées menues. Des changes en mode "chuuuuut" avec lumière tamisée (merci Arthus, ne pas changer sa fille à la lumière du téléphone portable, c'est quand même une micro-révolution).
Des réveils pour les trois autres, soit le Mâle (en mode peluche grognon) soit moi, qui me glisse hors du lit doucement pour ne pas réveiller Nanonaine (qui reste souvent dans notre grand lit plutôt que de rejoindre son berceau co-dodo, la faute à sa mère qui se rendort en pleine tétée).
Des matins à sept heures, des goûters préparés pour l'école tête dans le pâté, des anoraks enfilés à la hâte et des nains traînés par la main sur le chemin.
Des cafés bus à la chaîne et des petites siestes volées. 
Mais des moments doux, des moments qui ne reviendront pas et même si une partie de moi se dit "tant mieux", il y a ce petit chuchotement à mon oreille qui me dit "ça me manquera".

Bon, c'est vrai qu'arpenter le salon avec une petite chose (rose évidemment) qui chouine et braille en alternance, ce n'est pas ce que je préfère de la maternité.
Mais les petits doigts qui s'agrippent et la petite tête de tortue croisé raton qui cherche le sein, c'est quand même terriblement beau, terriblement tendre et je pense que je n'aurais pas de mot pour décrire ce que cela m'inspire.

Et là, je me demande si tout sera comme ça empreint de nostalgie, de "dernière fois".
Je vous le dirai. Cette "petite dernière" comme on dit, méritera bien un article sur "le petit dernier" et comment on se dit que c'est probablement une page qui se tourne. Pour en écrire d'autres.







Rebondissons sur le terme page pour parler du livre, même si j'ai dit que j'en ferai pas la promo à outrance, c'est fiant la promo, c'est pénible la promo, ça fait "j'ai pris le melon".
Mais quand même, il me faut juste dire :

- Hiiiiiiiiiiiiiiiii, voilà ce que ça me fait de me dire que désormais, je vais être sur une table de librairie.

- Merci à toutes et tous pour vos soutiens depuis ces trois ans, pour vos messages et vos encouragements. J'ai essayé de glisser quelques lectrices dans mes mercis, j'espère qu'elles se reconnaîtront, j'aurais voulu toutes vous y mettre mais mon éditrice m'a regardé avec des yeux ronds. Merci donc.

- Je ne sais pas comment ni où mais j'essaierai de dédicacer. Chez mon amie Julie, à la librairie Villeneuve évidemment, à Clichy (j'en profite pour glisser que David Foekinos sera en dédicace chez elle ce samedi 19 janvier - il me chauffe la place). 
Pour celles qui sont sur Metz, on se fera une virée café dès que Nanonaine aura un peu pris du gras.
Pour celles qui souhaitent un petit mot sur une jolie carte, vous m'envoyez un gentil mail, je suis encore sous le coup des hormones niaises de grossesse, profitez-en pour me donner votre adresse et je vous envoie une carte sirupeuse.


Clic pour accéder à la page FB de la librarie (et admire le joli logo made in Chloé ma soeurette)





Bref, voilà, il est sorti, je n'ose pas y croire, je suis stressée d'avoir vos réactions, peur que vous trouviez ça nase (des relents de confiance en soi ébranlée par une prof de physique chimie en classe de première), peur que vous trouviez ça trop court (si si c'est court), peur que vous trouviez ça "bien mais pas top". Et en même temps, peu importe, j'y ai mis du coeur et du temps, j'y ai mis tout ce que j'avais, j'ai fait de mon mieux et quand on fait de son mieux on ne peut pas regretter.

Et quand je le regarde, je suis fière, parce qu'il est joli, merci à Chloé et à Antoine d'ailleurs, parce que leurs images et illustrations prennent de la place et ont autant de valeur que les textes. 

Envie de savoir si vous allez l'aimer.

Envie déjà d'en écrire un autre.

Je sais que je ne le dirai jamais assez, merci surtout à vous d'être présents. De commenter et de rendre ce blog vivant. D'avoir cru en ces mots, d'avoir cru en moi.
D'avoir des vies comme la mienne, des nains comme les miens.

Bonne lecture. 
Et vous avez le droit de le mettre aux toilettes, c'est là qu'est le mien. Dernier refuge parental.
Ou presque.

11 janv. 2013

Opération Rire Médecin chez Archipel Parfum et Donne tes fringues de Micronain, chez Mamanana

En passant, comme ça, entre deux tétées.
En passant, comme ça, je voulais juste partager l'excellente initiative de Pascale, créatrice du site Archipel Parfum.



Pascale, cela fait bien longtemps qu'on échange, et j'ai même reçu de sa part le chouette baume au Niaouli que j'utilise pour tout (après sport, lèvre gercées, bobos des nains et bronchitàlacon) sauf quand je suis enceinte ou quand j'allaite, évidemment.
Un produit efficace, un peu cher peut être mais qui dure très longtemps, la preuve, mon pot a 1 an et il en reste encore.


Pour les soldes, chez Archipel Parfum, il n'y a pas de soldes.
Mais un engagement de se part à reverser une part non négligeable de ses ventes à l'association Rire Médecin.
Voilà, allez faire un tour, ça n'engage à rien. Le stick à lèvres (et à acné, ne le répétez pas) est super super efficace. Si si. Même sur les terribeuls piqûres de moustique de Moyen Nain.


Je voulais juste partager.

Tout comme l'excellente initiative de Ségolène, du site Mamanana, qui vous propose de récupérer en bons d'achat sur le site les frais de port engagés par l'envoi d'un colis de vêtements (et autres) pour Micronain(e)s à destination de mamans en grande précarité.



Vous le savez, je suis pour faire les choses à son échelle.
Voilà deux jolies occasions.

7 janv. 2013

Brèves de Multi - Les dents du Nain


Ceci est un article dédié à celle qui m'a fait pleurer de rire un fameux soir de novembre, en me racontant son épopée quotidienne du brossage de dents.
Je pense donc à elle à chaque fois que je dégaine brosses & dentifrice-à-la-fraise-il-pique-un-peu-celui-là-maman.

Si vous voulez vous rafraîchir la mémoire sur le brossage des dents, (genre comment brosse t-on les dents d'un nain? ou à partir de quel âge dois-je brosser les dents de mon nain? c'est par ici.)





L'autre jour, Grand Nain avait rendez-vous chez le médecin scolaire pour la fameuse visite de grande section-avant CP.

Intermède mollusque maternel  
"Mon petit bébé qui est sorti tout dodu de mon ventre il y a bientôt six ans va rentrer au CP. Larme, sourire, nostalgie et fournitures scolaires".


Nous étions convoqués tous les deux pour 9h45 et, évidemment, pile le jour où je garde Micronaine ce qui fait que nous nous sommes rendus tous les trois au rendez-vous.
Micronaine avec ses bébés (oui, telle une reine, Micronaine se déplace rarement sans sa cour de poupées cul-nu ou affublées d'un vieux jogging taille 3 mois - assez freaky les bébés de Micronaine).

Nous voilà donc tous les trois dans la salle d’attente, Grand Nain faisant un dessin (faux nain va) et Micronaine hurlant que les feutres étaient « àmoua » avant de se décider pour un bon vieux Tchoupi qu’une bonne âme sadique avait du laisser traîner.

Vers 10h15, alors que Grand Nain terminait sa voiture-fusée multicolore que si tu appuies sur un bouton ça te sert un verre de jus d’orange au volant, nous fûmes invités à passer dans la pièce du « docteur ».
Micronaine, stressée, se braqua et refusa d’avancer. Le mot « docteur » a cet effet là sur elle, c’est étrange.

Bref, nous finissons par entrer dans le cabinet et la visite commence.
Je vous passe les détails, les questions et les « tests » visant à vérifier que Grand Nain n’est pas en mauvaise santé, voit bien, entend bien et sait compter les syllabes du mot Raton.

L’attitude de Grand Nain d’ailleurs, fut la seule chose à noter, à la fois stressé de rater sa visite (oui, c’est un premier, il est légèrement stressé à l’idée de rater), et en même temps heureux qu’on s’intéresse de si près à son développement moteur et psychique.

Un instant angoissant à signaler, cependant, au moment où la « super gentille docteur » (terme destiné à apaiser Micronaine) a voulu tester l’audition de Grand Nain. Je pense ne rien vous apprendre en vous parlant de ce test réalisé à  l’aide de ce somptueux casque posé sur les oreilles nainesques et dans lequel on fait passer un son, une fois à droite, une fois à gauche, paf, encore à gauche puis à droite.
Le tout pour vérifier que le nain entend bien.

Hé bien, mon Grand Nain n’entendait rien.
Du tout.
La super gentille docteur lui dit « mais si, écoute bien »
Et mon Grand Nain de secouer négativement la tête.
Et mon sourire de vaciller.
Et ma tête de cogiter.

Je me voyais déjà faire la queue des heures durant chez des spécialistes de l’oreille nainesque en expliquant honteusement que « non, je n’avais pas remarqué que mon fils n’entendait rien ».  Je m’imaginais déjà essuyant les critiques et les remarques acerbes du corps médical, passant pour une mauvaise mère récidiviste.
En mon for intérieur, des pensées m’assaillirent :

-        C’est pour ça qu’il ne parle pas normalement mais qu’il gueule !!
-        C’est pour ça que je suis obligée de lui crier dessus pour qu’il m’entende
-        Il faudrait vérifier les oreilles des frangins non ???

Bon.
En fait, le truc n’avait plus de piles.
Ah. Ok.


Je vous sens impatient d’en venir au fait.
Et voilà le moment où tout bascule.

Non, ce n’est pas le moment où Micronaine a décidé de chausser les fausses lunettes en hurlant « Amoua » (monomaniaque).
Ce n’est pas non plus le moment où la super gentille docteur m’a fait remarquer que les vaccins étaient à jour mais qu’il faudrait tout de même songer à coller les étiquettes aux bons endroits.
Non.

C’est à cette question-là :

Super Gentille Docteur : Et sinon, il se lave bien les dents ?

Moi : Oh oui, oui, oui, il se lave bien les dents.

Grand Nain : Pas toujours hein, maman (avec le clin d’œil)

Moi : hin hin hin (rire forcé - mais pourquoi m'a t-il fait ce clin d'oeil??)

SGD: Comment ça pas toujours mon grand?

Moi (gênée) : Ah mais on n’a pas toujours le temps…

Grand Nain : ah bin oui, dès fois, on est un peu trop fatigués alors on se dit que ça sera demain.

SGD : Oui, ça c’est pour le soir, mais le matin ? et le midi ?

Grand Nain : Ah, le matin, on le fait quand on est pas en retard pour aller à l’école.
Tu sais, avec papa on est JAMAIS en retard, on est en AVANCE.
Avec maman, on est plutôt en retard alors on ne lave pas les dents parce qu’on est déjà à la bourre.

Moi (tentant le tout pour le tout) : mais le midi on a plus le temps. Mais c’est vrai que certains matins, on zappe. Mais le soir, Grand Nain, tu exagères, on le fait presque tous les soirs (ton convaincant raté).

Grand Nain: mais maman on ne se lave JAMAIS les dents le midi, on peut normalement??

Moi (regard implorant) : oui, on peut mais...

SGD : C’est trois fois par jour, vous le savez.
On prend le temps de le faire. Ce n’est pas ça qui prend le plus de temps.

Non, c’est vrai. Mais bon....

va falloir songer à changer de brosse le Nain....



1)    Pourquoi on zappe (parfois/souvent) le brossage des dents du matin

Le matin, peu importe l’heure du lever, il arrive toujours un moment légèrement stressant : 8h.
Il faut partir dans dix minutes si on veut être dans les temps.
On pourrait partir tout de suite pour faire son Mâle et être à l’école à l’ouverture des portes.
On pourrait partir dans 15 minutes, d’ailleurs c’est ce qui risque d’arriver si Moyen Nain ne se décide pas à ôter son pantalon de pyjama de la tête (il s’est déguisé en lapin).

Les trois sont presque habillés (si on excepte les oreilles de lapin du Moyen et le fait que la petite soit encore en train de galérer pour enfiler son legging – MOUASEULE).

Quant à moi, je suis habillée (presque), et je suis en train de chercher les sacs de goûter-que-si-je-les-faisais-la-veille-je-serais-bien-tranquille.
Les manteaux sont jetés dans le couloir genre « servez-vous » et j’assène aux nains un « on va être à la bourre, mettez vos put** de manteaux » parce qu’ils sont déjà en train de se courir après. C’est le moment.

Moyen Nain chouine « qu’il n’a même pas joué » et Grand Nain chouine « qu’il voulait un sandwich pour son goûter ». Micronaine souhaite emmener toute sa cour à l’école et moi je râle.

Il reste trois minutes.
Les manteaux sont enfilés (MOUASEULE mettra un peu plus de temps) et je renverse la boîte « aux trucs d’hiver » pour tenter de récupérer des bonnets mettables.
Bonne idée cette boîte aux trucs d’hiver. Très bonne idée. Le Transformer de Grand Nain est bien au chaud.

Merde, j’ai oublié de leur « faire le bec ». Ils sont mâchurés de chocolat (voire même légèrement morveux). Je file chercher trois cotons dans la salle de bain, un peu d’eau micellaire et zou, à la file, le bec. Ça crachouille, ça « c’est pas bon », et ça « ferme la porte et tourne la clé ».

Les voilà prêts. Micronaine a mis son bonnet Kitty MOUASEULE à l’envers et Moyen Nain se gratte déjà en chouinant que son bonnet gratte.
Grand Nain trouve que le bonnet c’est ringard et préfère ne pas en porter.

Je respire zen.
J’ouvre la porte d’entrée et leur demande de sortir. C’est l’heure d’y aller.
J’empoigne Micronaine qui tentait une récupération d’un bébé énorme pour le montrer aux maîtresses et je ferme la porte derrière moi.

Les dents ?
Ah ?
Heu ?
J’y ai peut-être pensé fugacement dans la salle de bain en me ruant sur les cotons.
Mais vraiment fugacement.



2)    Pourquoi on zappe (presque toujours) le brossage des dents du midi


Le midi, il y a dès fois où les nains sont à la cantine. Ô journée bénie.
Ils mangent avec les copains.
Enfin, Moyen Nain « goûte et n’aime pas » avec ses copains.
Ça me fait du bien de ne pas penser à « quoi qu’on mange » et à « chauchiiiiiches ».

Bref, certains midis, j’ai tout de même ma tribu à la maison et on doit manger/jouer/jouer/réclamer la télé/non pas de télé le midi/râler/chouiner/ne pas vouloir retourner à l’école, le tout en moins de deux heures.

Généralement on mange.
Un truc facile, genre pâtes, riz (si j’ai envie de passer l’aspirateur dans la cuisine après) ou purée.
Et puis on joue. Enfin, ils jouent. Ils crient. Je râle. Je propose un jeu calme.
Qui dégénère.
Ils finissent en culotte à faire « des exercices de gym » et au moment de repartir à l’école, il faut retrouver les pantalons, les chaussettes (oui, on est mieux pieds nus) et ré-enfiler tout ça sous la menace et sous les « mais oui tu pourras rejouer avec tes voitures ce soir ».

Le temps de rhabiller tout le monde, que Grand Nain emmène son somptueux livre sur les animaux de la forêt à Maîtresse, que Moyen Nain emmène son somptueux livre sur les motos à Maîtresse (qui sera ravie, nous n’en doutons pas un instant), que Micronaine tente de récupérer sa poussette à bébé pour emmener sa cour à l’école….il est temps de foncer.

Les manteaux sont enfilés à la va-vite, je me retrouve à porter les bouquins et les poussettes (et un bébé dans la bouche).
On fonce.
Nous sommes déjà arrivés limite ce matin, tentons de faire bonne impression cet après-midi.

Les dents ?
Ah oui, les dents.
J’ai déjà oublié le bec (qui sera fait à la lingette – ou pire à l’eau et à l’essuie main – dans les toilettes de l’école) alors les dents….


3)    Pourquoi on zappe (parfois mais purée, faut pas qu’on oublie demain) le brossage des dents du soir ?

Le soir, je tiens à ce que mes nains soient couchés tous les trois à 20h autant que faire se peut.
Ils sont fiants.
Ils ne font plus la sieste (sauf Micronaine PADODO mais dodo quand même).
Je tiens à avoir ma soirée.
Et dans mon guide du Parent Parfait, il est dit qu’un bon nain doit dormir à 20h jusqu’à ses dix ans. Dont acte.

Bref, le soir, un petit rituel bien rôdé permet de coucher tout le monde vers 20h.
Début du bain à 18h et fin du bain à 19h. Entre temps, trois nains ont barboté seuls ou accompagnés dans une eau tiédasse.

A 19h, si tout va bien, ils sont tous les trois en pyjama (Spidermachin pour Moyen Nain, Kitty pour Micronaine et un ToutDoux pour Grand Nain, cette petite caille).
Micronaine est généralement à table et réclame un met à base de chauchiche tandis que ses frères jouent plus ou moins calmement. Plutôt moins que plus d’ailleurs. Mais c’est normal, ils ont faim donc ils sont fiants.

Le repas se déroule dans le calme.
Ah non. Pardon, le repas se déroule.
Menace, cris, rigolades, éternuements nainesques avec petit suisse dans la bouche, rires hystériques, parents qui se relaient, lave-vaisselle qui se remplit, clémentines qui s’épluchent et quartiers de clémentines qui terminent sur la fenêtre « pour maman ce soir parce que j’en veux plus ».

Les nains sont débarbouillés.
Ils ont le droit d’aller chercher des livres à bouquiner.
Il est 19h30 et le Mâle et moi nous encourageons mutuellement du regard « allez, 30 minutes avant le silence ».

On bouquine.
Du sérieux ou du rigolo.
Du Tchoupi, de la Petite Souris Grise (couic couic tu es ma maman ??), de la Petite Taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, du Livre des Plus Belles Bagnoles de Cars. Magique.

Arrive le moment d’aller faire pipi.
D’aller au lit.
Et merde, les dents.

Option 1 : les nains sont au lit et ont pris un livre pour faire les faux nains pendant que je vais coucher Micronaine.
Action : RIEN. On oublie les dents sciemment en se promettant d’y penser le lendemain. Promis juré.

Option 2 : les nains sont en phase maboule et se poussent sur la cuvette des toilettes pour faire déraper l’autre.
Action : On a complètement oublié les dents. Grand Nain tu y vas et après tu échanges ta place avec Moyen Nain.

Et les voilà dans la salle de bain, debout sur le petit banc orange, à frotter les minis-quenottes.
Avec une brosse à dents Spidermachin.
Avec une brosse à dents Cars.
Avec une brosse à dents Kitty AMOUA KITTY LES DENTS.

Micronaine dégage tout le monde de devant le lavabo.
Elle veut son dentifrice immédiatement.
Frotte deux secondes. Et crache.
Les autres rient.
Bavent.

Je chope un deuxième banc. Et je brosse.
En pensant à Sabine.

-        Ouvre le bec.
-        Plus grand
-        OUVRE je te dis.
-        Fais Hiiiiiiiiii (pour qu’il sourie)
-        Encore
-        Ferme pas
-        Ouvre
-        Grand
-        C’est bon, va rincer.
-        Rince, ne bois pas
-        CRACHE
-        Pas sur ton pyjama (bordel)

Au suivant.

Et ce sont trois rigolos à l’odeur de fraise et aux coins de bouche légèrement rosés que j’ai plaisir à coucher.
Et ce sont trois petits becs dentifricés que j’embrasse et que je serre.

Au moins ce soir, l’excuse du «on n’a pas brossé les dents » ne marchera pas.

Ouf.


Edit: à la demande générale, je tiens à rassurer tout le monde.
Je ne tiens JAMAIS les trois minutes.
Faut pas déconner.

5 janv. 2013

C'est peut être un détail...

Je ne suis pas vendeuse.
Je ne sais pas me vendre, je ne marchande jamais en brocante parce que je trouve que c'est tellement peu cher que ça serait arnaquer les gens.

Je ne râle jamais au restaurant.
Je ne discute pas les prix.
Si je décide de me payer quelque chose, je ne tente pas de négocier.
Je suis comme ça.

Pour mon livre, c'est un peu pareil en fait.
Lorsqu'on m'a demandé si je voulais faire envoyer ce livre à des blogueuses ou des blogueurs, ou à des gens suceptibles d'en parler, ça m'a un peu dérangé. J'ai préféré l'envoyer à des gens qui comptaient, des blogueurs que je lis et que j'apprécie, des gens qui ont pris le temps, depuis le temps, de me soutenir, de me faire rire, d'être présents, tout simplement.

De la même manière, j'ai du mal à placer ce livre partout où je vais.
Le Mâle me dit que je suis un boulet, que je passe une minute sur France 4 et que je suis tellement nouille que je ne parle pas du livre.
Je n'y ai même pas pensé (tellement stressée à l'idée qu'un nain débarque derrière l'écran - c'était via Skype- et dise un truc ruineur de réputation genre "caca fesse").

Et puis après je me dis, peu importe, j'ai la prétention de penser que vous aimerez ce livre parce que j'y ai mis un peu de tout ce que je suis et qu'il n'y a pas besoin d'en faire tout un foin, d'en faire de la publicité à outrance.

Parce que ce livre ce n'est qu'un détail.

Même si pour moi, cela signifie tellement de choses...
Oui, on peut dire hiiiiiiiiiiiiiiii (et pré-commander, pour ceux qui le souhaitent)


Quand j'y repense...

Il y a quelques mois, on me téléphonait pour me proposer de mettre un peu d'ordre dans mes chroniques afin de les publier.

Je débarquais les cheveux trempés (oui, c'est Paris sans parapluie) aux éditions du Chêne, telle une pouilleuse éberluée.

Il y a quelques mois, j'avais les fesses posées dans un bureau blindé de bouquins devant une vraie éditrice (oui je suis impressionnable quand il s'agit de livres) et je me disais "purée, c'est pas possible, j'y suis".

Il y a quelques mois, on me disait "mais non, Marie, pas besoin de virer le mot nain, c'est vous ce mot".

Il y a quelques mois, je signais un morceau de papier que j'avais passé près de 20 ans à imaginer, et je me disais qu'il n'y avait pas de hasard.

Et dans quelques jours, le 16 janvier pour être plus précise, si tout va bien, sortira donc un joli livre.
Dans quelques jours je pourrai me dire que j'ai fait ce dont j'avais toujours rêvé.

Alors bien sur, ce n'est pas un roman intelligent, bien sur ce n'est pas un essai philosophique sur le "devenir parent". Ce n'est "pas du Camus" (dirait Mamie Chéwie).
Non.


Mais dans ces quelques pages j'espère que vous pourrez retrouver ce qui vous a amené ici en premier lieu.
Du rire, du vrai, de la tendresse et de l'agacement, des moments de vie et des instants de craquage, du nain, du parent et de ce que nous sommes.

J'ai presque tout repris, tout réécris parce que le blog est destiné à être blog et qu'un livre, c'est autre chose. Et puis vous qui aviez (presque) tout lu, je n'allais tout de même pas vous faire acheter le blog relié...

J'ai pris du temps, j'ai confié les nains au Mâle pour pouvoir écrire, j'ai rechigné et j'ai recoupé, j'ai essuyé les critiques et les "c'est bien trop long".


Et il y a les illustrations, de Chloé, que vous aurez plaisir à découvrir, parce qu'elles existent à part entières, qu'elles ne sont pas là pour décorer, qu'elles font partie du rire, partie des mots.
Et il y a les photos d'Antoine, que nous avons du parfois retoucher, pour cause de petit tracas avec notre cher empire Playmobil® qui ne voulait pas voir apparaître de petits bonshommes.


Voilà, un petit mot sur ce livre qui me tenait tant à coeur, que j'ai hâte d'avoir devant moi parce qu'il est le fruit de quelques années d'écriture, de ma parentalité et de ce que je suis.
Comme un aboutissement, comme un "c'est fait".

On continue d'avancer.

J'espère en tout cas qu'il vous plaira, j'y ai sincèrement mis du coeur et du temps, du rire (et même des larmes), des heures de sieste et des soirées sans série.

Et même si je ne pourrai pas écrire de petits mots dans chacun de ceux que vous aurez, je tiens à vous remercier pour votre présence et vos encouragements, parce que j'ai failli mille fois abandonner, parce que j'ai douté et parce que je sais aussi que nous sommes des milliers à mériter cette place sur un présentoir.

Merci donc à vous tous qui me lisez, merci parce qu'au delà du livre, au delà de cet écran, vous comptez, il vous aurait suffit de voir ma tête et mes yeux embués en lisant vos commentaires à la naissance de ma petite dernière pour vous le prouver.



Et merveilleuse année 2013 à vous, qu'elle soit riche en sourires, en sommeil (on peut rêver), en petites mains qui se serrent autour de vos doigts, en bains qui débordent et en couettes qui s'enroulent, en toboggans et en balançoires, en heures de voiture à craquer, en trottinettes et en circuit de train à construire à genoux sur le plancher.
Une belle année à ceux qui attendent ces moments-là, une belle année à ceux qui râlent mais qui n'échangeraient leur place pour rien au monde, une belle année à nous qui tentons d'avancer avec le sourire. Autant que possible.


PS du Mâle : même si Marie n'est pas vendeuse, j'ai tout de même mis le lien de son livre dans la colonne de gauche. C'est pas tout ça, mais on a un mini-bus à acheter (bon, au moins un nouveau siège auto alors...ou alors une jeune fille au pair suédoise à engager).

PS de Marie: hors de question que la jeune fille au pair soit jeune/fille et suédoise.


31 déc. 2012

Elle

Est arrivée avec trois jolies semaines d'avance.

Est manifestement un joli hibou.

Est notre petite numéro 4.

Dort avec une petite moue et toujours en journée.

Leur ressemble et puis finalement ne leur ressemble pas.

Est encore une autre.

Est ma fille,notre fille, leur sœur, la "petite dernière".

Est contre moi.

Et il n'y a vraiment rien de plus doux.

Merci à tous pour vos messages ici et ailleurs, pour vos petits mots et adorables attentions.

Le Mâle et les trois rigolos sont heureux et fiers de prononcer son prénom (et ravis des cadeaux aux ainés - sauf le Mâle)

Et voilà, en une soirée, la vie nous donne celle qui fait de nous une autre famille.

Arrivée pile à l'heure de lever du soleil comme pour nous dire que son prénom était le bon.

Arrivée avec ce regard qui sait et à tout à apprendre.

Nous sommes six.

Et voilà probablement ce sentiment d'être au complet.

Pour de vrai...

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