Il va se passer quelque chose, je ne sais pas trop quoi mais
je le sens. J’ai peur. Je tremble. Dehors je hurle après les autres, je crie,
je baisse les yeux quand on me parle et je pleure si je me cogne pour laisser
couler les larmes. Je ne veux plus leur parler, je ne veux plus leur dire, je
voudrais qu’ils devinent. Quand on me parle j’ignore et quand on me gronde, je
pars. Loin. Dans ma tête.
J’ai peur. Je ne sais pas ce que je vais devenir, je ne sais pas pourquoi ils me font ça. Nous étions si bien.
J’ai peur. Je ne sais pas ce que je vais devenir, je ne sais pas pourquoi ils me font ça. Nous étions si bien.
La nuit, je vais me blottir contre elle parce que je sais
que bientôt, je ne pourrais plus.
La nuit, je me fais tout petit contre son ventre, là où je ne rentre plus.
La nuit, je me fais tout petit contre son ventre, là où je ne rentre plus.
J’ai peur. Je sais que ce n’est pas grave, je sais que ça va
aller, je sais que des choses vont changer mais que certaines resteront les
mêmes. Mais moi ? Que vais-je devenir ?
J’ai peur. J’essaie de ne pas trop y penser, j’essaie de
vivre, de m’amuser, de rire et de faire semblant.
Mais lorsque j’y pense, mon ventre me fait mal et j’ai envie de me cacher, j’ai envie d’être un autre, j’ai envie que l’on m’oublie...
Mais lorsque j’y pense, mon ventre me fait mal et j’ai envie de me cacher, j’ai envie d’être un autre, j’ai envie que l’on m’oublie...
Je suis si petit.
Et si grand.
On voudrait que je comprenne mais je n’ai pas envie.
On voudrait me dire les choses mais je ferme mes oreilles.
Ils n’ont qu’à m’écouter moi.
Et si grand.
On voudrait que je comprenne mais je n’ai pas envie.
On voudrait me dire les choses mais je ferme mes oreilles.
Ils n’ont qu’à m’écouter moi.
Si je parlais.
Mais je ne veux pas.
Je ne veux plus rien d’ailleurs, laissez-moi tranquille....
Je ne veux plus rien d’ailleurs, laissez-moi tranquille....
et puis non,
finalement, ne me laissez pas.
Quand elle le regarde.
Quand elle me regarde.
Quand elle lui parle.
Quand elle me parle.
Ce n’est plus pareil.
Quand elle me regarde.
Quand elle lui parle.
Quand elle me parle.
Ce n’est plus pareil.
Elle ne peut plus.
Elle ne pourra plus.
Il faut que je m’y fasse, il faut que je m’éloigne, il faut que je parte un peu, grandir un peu loin d’elle.
Elle ne pourra plus.
Il faut que je m’y fasse, il faut que je m’éloigne, il faut que je parte un peu, grandir un peu loin d’elle.
Les autres, ça ne les dérange pas.
Lui sera toujours premier.
Elle pense encore être la petite dernière.
Et moi je sais.
Lui sera toujours premier.
Elle pense encore être la petite dernière.
Et moi je sais.
Je voudrais suspendre le temps juste le temps d’être petit.
Mais il faut grandir, il faut faire seul et « tu es un grand maintenant » mais moi je ne veux pas être grand, fichez moi la paix, partez....
Mais il faut grandir, il faut faire seul et « tu es un grand maintenant » mais moi je ne veux pas être grand, fichez moi la paix, partez....
et puis non, finalement, ne partez pas.
Dans deux mois, je serai toujours le deuxième.
Maman porte en elle ce qui change nos vies.
Maman porte en elle ce qui change nos vies.
J’aurai 4 ans.
Et toute une vie à me dire qu’il y a une place à trouver.






































