25 août 2012

Eux

Ils me rendent maboule

Quand ils balancent leurs godasses dans l'entrée. Les six jonchent le sol, on se prend les pieds dedans, on shoote dedans d'énervement et on finit par les balancer à l'autre bout du couloir.

Quand ils s'arrachent un pauvre jouet débile en hurlant "c'était MOUAAAAA qui l'avait vu le premier". Tous les trois. Sur un pauvre casque de chantier. Alors qu'on en a au moins quatre.

Quand ils sautent sur le canapé, que tous les coussins sont par terre et que la dernière se vautre dedans en pleurant parce qu'elle n'arrive pas à faire le saut de la mort qui tue.

Quand ils parlent tous les trois en même temps. A table, dans la voiture, n'importe où. Que je tente de répondre à l'un mais que l'autre parle plus fort. Qu'ils répètent vingt fois la question et que j'ai juste envie de hurler "MAIS VOS GUEULES". Et que je dit "Attends deux secondes là, je réponds à ton frère".

Quand ils font un concours de hurlements dans l'entrée qui résonne alors qu'il est à peine 8h du matin et qu'on a des voisins.

Quand ils ne veulent pas manger, ni l'un ni l'autre parce que c'est beurk, dégueu, pas bon, pas des pâtes, pas des nuggets, pas du jambon.

Quand ils se réveillent à tour de rôle la même nuit en chouinant, et que l'un réveille l'autre et que l'autre réveille ceux qui dormaient.

Quand je suis fatiguée et qu'ils ne font rien qu'à se disputer, qu'ils ne s'entendent pour rien et que personne ne veut jouer avec personne parce qu'ils sont "trop nuls les autres".

Quand ils veulent tous aller au bain et puis que finalement, ils veulent tous en sortir.


Mais

Quand ils se tiennent tous les trois par la main en chantant Papoum Papoum pour dire "qu'on est un peu les trois Brigands tous les trois" et que la petite chante avec et sourit de toutes ses dents.

Quand un des deux grands lit une histoire à la petite et qu'elle écoute et qu'elle rigole en disant "encore"

Quand elle leur prend la main pour marcher plutôt que la mienne.

Quand ils se font des potions magiques et qu'ils ricanent bêtement en recrachant la moitié par le nez

Quand ils font le câlin-serré du soir pour se dire bonne nuit et qu'ils recommencent mille fois parce que ce n'est jamais assez.

Quand ils discutent, quand ça ne rime à rien, quand ils se congratulent et s'encouragent, quand ils parlent de nous et quand ils parlent d'eux.

Quand je les entends rire de tout, pour rien, avec leurs trois rires différents.

Je me dit qu'on a beau faire, qu'on a beau dire, qu'on a beau hurler, s’énerver, devenir taré.
Que parfois on a envie de les emplafonner, de les pulvériser, de les coller dans un caisson insonorisé (ou moi?). Que souvent, je me demande comment je vais faire, comment je vais tenir, et où ça va nous mener tout ça, où est passée ma vie d'avant, mon temps, mon sommeil et mes priorités.

Que ce qui restera ça sera ça.
Ces moments là.
Ces fous rires et ces mains qui se tiennent.
Ces serrés et ces regards.
Ce qui les lie.
Ce qui nous lie.

On ne peut pas penser avant, on ne peut pas imaginer.
Sans nous, ils sont tout de même eux.
Ils ne seront jamais perdus. Ils seront là.
Tous les trois.





Ce petit texte pour Marjolie Maman.
Devenue maman, les cinq doigts de la main;


22 août 2012

C'est moi ou?

En ce moment, c'est vacances.
Enfin, non, pardon.

En ce moment, les nains sont en vacances.
Le Mâle bosse (lui) et moi je tente lamentablement de boucler mon bouquin, de bosser pour les gens-qui-me-payent-quand-même-faudrait-qu'elle-bosse-celle-là, et d'amuser la galerie pour éviter tout de même que mes mômes passent dix à douze heures par jour devant la télé.

Avec un soupçon d'organisation (et un peu de mamie, avouons-le), j'arrive tout de même à me trouver une heure le matin, une heure et demie l'après-midi (youpi la sieste de Micronaine) et environ deux heures le soir (quand je réussis à résister à l'appel de Fringe).

Les journées sont donc bien remplies, je me creuse le ciboulot pour trouver des activités super nainesques, mais on finit souvent par vélo/piscine/si on construisait un circuit de train, c'est super ça un circuit de train non?

Passionnant.
Autant vous dire que j'attends avec une légère impatience la rentrée, envie et besoin de souffler, non stop depuis le 5 juillet avec mes trois andouillettes que j'aime d'amour, c'est sympa mais ça pompe.
Enfin bon.

Tout ça pour vous dire qu'en ce moment, je suis peu présente sur le blog, pour toutes ces raisons sus-nommées et surtout en raison des éléments courts sur pattes qui me prennent tout de même la majorité de mon temps. Mais quand même, je prends le temps d'aller un petit peu zoner sur Facebook/Twitter et puis de répondre à quelques mails parce qu'après, les gens se plaignent, déjà que je n'ai pas pris le temps de faire une newsletter au mois d'août, houuuu, c'est trop vilain.
Que voulez vous, on fait comme on peut.



Au fil de mes pérégrinations facebookiennes et twitteriennes de ces derniers temps, rapides et souvent sur mon téléphone (je vous ai déjà dit que j'avais un vrai téléphone avec des applications?? oui oui, je suis pauvre mais je ne suis plus has been), je découvre des statuts de plus en plus charmants sur les murs de mes "amis", et je vois passer des twitts de plus en plus distingués dans ma Twitt Line (si tu comprends pas Twitter, demande au Mâle, il ne comprend rien non plus).

C'est varié et ça ressemble à ça:
"arrêtez avec vos photos de vacances, je vous déteste"
" Regardez moi ces connasses qui n'allaitent pas".
"On retrouve un bébé mort jeté par terre" partagé mille fois et  "ces gros cons qui vaccinent leurs enfants".
Du "J'ai vu des gens avec un porte-bébé, j'ai du leur expliquer comment ils étaient trop bêtes" au "mon mec est un gros con et je vais le quitter, tant pis pour les gosses" (et tant pis s'il lit ton mur Facebook).

GLOUPS.
C'est moi ou?

J'ai du mal là.
J'ai du mal à suivre, j'ai du mal à m'intéresser, j'ai du mal à comprendre pourquoi.
J'ai du mal à me dire que tout cela a un sens, j'ai du mal à savoir l'intérêt de ces débats stériles.
J'ai du mal à comprendre en quoi des photos de seins à l'air avec un air de mépris font du bien à l'allaitement.
J'ai du mal à comprendre pourquoi ce besoin de fustiger l'autre pour se sentir mieux.

J'ai du mal.

J'en ai des combats.
Mais ce ne sont pas ceux là.
Je m'en fous que les gens partent au soleil et inondent leur page de photos de parasol. Tant mieux.
Je m'en contre fiche que les gens allaitent ou non, ou qu'ils trouvent que les vaccins c'est rien que des trucs tout pourris faits pour enrichir les grands labos pharmaceutiques.
Et je n'ai pas envie de lire trois fois l'article débile du Figaro sur (au choix) un bébé mort ou une fillette violée.
Ces articles existent, si je veux les lire, je sais où les trouver. Les voir avec des commentaires "c'est terrible", "c'est horrible", ça me donne juste envie de cliquer sur "Retirer de mes amis". Parce que oui. C'est horrible.
Mais d'aller cliquer pour lire l'article, c'est glauque.


Je pourrais arrêter Facebook et Twitter me direz-vous.
Et vous auriez raison.
S'il n'y avait pas tous ces gens adorables, s'il n'y avait pas toutes celles qui partagent juste avec émotion ce qui les touchent, s'il n'y avait pas ces articles de fond et ces réflexions véritables, je fermerais sans doute définitivement mon navigateur.

Je ne sais pas vous, mais de mon côté, ça me fatigue.
Je n'ai pas fait des mômes pour aller voir comment font mes voisins.
J'ai allaité sans déballer mon sein pour voir si cela plaisait, j'ai fait naturellement, comme je le sentais.
J'ai biberonné ensuite en mettant à la poubelle quelques mails d'insultes sur mon "sevrage égoïste", mails qui n'avaient pas lieu d'être.
J'ai vacciné mes gamins pour ne pas avoir à dire "j'aurais peut être du", parce que mon affection à moi passe aussi par là.
J'ai fait mes choix. Et je me fous des vôtres.

Ne le prenez pas mal, bien au contraire.
Je les respecte vos choix, ce sont les vôtres. Je trouve ça formidable de pouvoir faire toutes comme nous le pouvons, toutes et tous comme nous le choisissons.

Je trouve ça génial d'échanger, je trouve ça super que nous puissions nous entraider sans juger, que nous puissions avoir fait mille choix différents sans nous opposer vraiment.
D'ailleurs, c'est ce que je prône et c'est ce que je vois entre nous, majoritairement.

Je ne sais pas pourquoi ce billet, mais il me trotte dans la tête depuis quelques jours.
Je ne sais pas. Peut être parce que je n'ai pas le temps de penser à tout ça, parce que ça me semble très loin des débats, parce que l'essentiel ce n'est pas de savoir ce que fait le voisin mais de savoir pourquoi on le fait nous.
Parce que je suis lasse de voir défiler des insultes ou des sous-entendus mesquins à l'encontre de ceux qui n'ont pas fait "comme ils auraient du faire".
Parce que je suis fatiguée peut être.
Parce que je n'ai pas l'impression que ces choix là regardent les autres.

Et pourtant, je suis comme vous, comme tout le monde, je critique et je trouve que "machin devrait plutôt faire comme ci, ce n'est pas étonnant si son môme ne se couche pas avant 22h30...gnagnagna".
Bin oui, ne nous mentons pas, nous avons TOUS un avis sur la façon de faire de nos amis, famille et même sur notre voisin de camping.
C'est humain de se comparer, de dire et de trouver que "nous on fait tout bien et on est très satisfait de comment on fait bien".

De là à écrire des articles entiers de "on vous a menti, il ne faut surtout pas vacciner" ou de publier à qui mieux mieux des photos de seins en disant "le lait de vache, c'est pour les veaux", c'est nier l'autre, c'est nier ses choix, c'est nier ce qu'il est, ce qu'il fait.
Est-ce qu'on peut juste se laisser vivre??


Les parents ne sont pas cons. Ils font.
Les parents s'informent, ont des ressentis et finissent par faire ce qu'ils veulent.
Comme ils peuvent. Comme ils pensent être le mieux pour LEURS enfants.
Et s'ils font mal...qui sommes-nous pour le dire?

Il y a des choses que j'ai probablement mal faites.
Il y a des choix qui n'ont peut être pas été les bons.
Je le sais.
Il y en aura d'autres, évidemment. On apprend de nos erreurs, de nos choix et de nos rencontres. On apprend de tout, on avance et on avise. Au fil des ans, certaines convictions évoluent. Certains choix changent. Au delà de tout ce que nous pourrons lire, de tout ce que nous savons,  il y a le vécu, l'histoire et ce que nous sommes.
Et je ne laisserai personne me dire que je fais mal.
Je fais, un point c'est tout. C'est déjà bien. C'est déjà bien.


Edit : 
Le Mâle étant tout choqué par ma phrase "Je me fous des autres" qu'il trouve "un peu raide", je tiens donc à préciser que je ne m'en fous pas du tout de vos choix. Juste que je les respecte et que jamais je ne les discuterai. C'est une règle chez moi.

Et aussi, bien évidemment que je ne place pas les photos d'allaitement au même rang que les articles glauques. J'essayais juste de lister ce qui m'horripilait en ce moment : le glauque et l'intolérance.

C'est dit.


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