25 janv. 2012

Test et avis : la poussette MIMA XARI (ou comment Micronaine est trendy fashion)


J’avoue, je ne sais pas résister à l’appel du test, c’est plus fort que moi.
Quand Madame Mima m’a proposé de tester une nouvelle poussette super top, super hype et super nouvelle, j’ai réfléchi.

Au départ je me suis dit « nan Marie, sois raisonnable. Tu as déjà une poussette tank (Trophy de Bébé confort) pour chez Mamie, un cadavre de Quinny aux pneus crevés dans la cave, une poussette canne (Boogy de Babymoov) pour le quotidien et une poussette double (Joovy) pour les boulets qui veulent faire les feignasses ».
Et puis j’ai vu la poussette: 


Et j’ai juste dit « Oui ».
Parce que, avouons-le, avoir une poussette design, c’était un peu mon rêve. Ma première poussette tank (mon trio qui pèse lours) était une Quinny Buzz qui, bien que très chouette, n’a pas résisté aux deux premiers nains et à notre conduite sportive sur chemins terreux. J’avais donc acheté pour Micronaine un vieux châssis de Trophy sur le bon coin histoire de pouvoir clipser cosy et nacelle Quinny dessus.

Je ne sais pas vous, mais moi, les poussettes, ça me rend dingue. C’est couillon hein ? On va rapprocher ça d’une passion mâlesque pour les voitures. Je suis une vraie débile avec les poussettes. Genre je regarde la maniabilité, la taille des poignées, la rotations des roues et la réactivité du frein. Je ne vous parle même pas du test de l’assise ou encore du pliage ultra-rapide. Je ne peux pas m’en empêcher, les poussettes, c’est mon kiff.

Donc, voilà, petit caprice luxueux du jour, la poussette Mima Xari.
Parent qui veut faire des économies, passe ton chemin, que les choses soient claires, le principal inconvénient de cette poussette, c’est le prix (795 euros).
Mais bon, ce n’est pas parce qu’on est au régime qu’on ne peut pas regarder le menu, je te propose donc un test made in Marie (assistée de sa fidèle Micronaine testeuse pour l’occasion).



Reçue à 13h, la poussette est extraite de son carton et montée par mes soins en 17 minutes chrono.
Je me suis juste pincée le doigt en essayant de mettre la roue, bon, ça c’est mon côté boulet.
Quelques difficultés à comprendre comment on intègre le coussin au hamac mais ensuite, aucun souci (il faut dire que je commence à maîtriser grave).

Alors, sinon, voilà l’intérêt suprême de cette poussette :



ou (si tu n'as pas le temps de mater la vidéo) :
en gros, tu as hamac ET nacelle dans la même poussette

Magique non ? Il y a une nacelle cachée dans l'oeuf. FOU non?
Oui, bon moi ça m’épate.

Le Mâle te dira : « bin, il suffit d’enlever la nacelle et de mettre le hamac »
Mais moi je trouve ça génial. Déjà parce que, pour Micronaine, je ne pouvais pas la promener en nacelle. Elle était en cosy tout le temps puisque je n’allais pas me trimballer cosy pour la voiture + attaches cosy pour la poussette + nacelle + attaches nacelle pour la poussette.
Ensuite parce que, disposant de deux grands en sièges totos, il était hors de question pour moi d’installer une nacelle en plus dans mon Kangou (qui n’est pas un Traffic, je te le rappelle).
Alors là, je trouve que ce côté « nacelle intégrée » c’est le top.



L’autre jour, j’étais chez des amis qui viennent d’avoir un tout petit et j’avais ma poussette dans le coffre. Ni une, ni deux, nous sommes partis en balade, j’ai juste eu à dézipper le siège tout-confort de Micronaine pour laisser la place à son petit camarade Lilliputien.

on peut y adapter des cosys mais ça fait moins design :)

Et de retour à la maison, rezippage et adieu la nacelle. J’y peux rien, je kiffe. C’est mon côté gadget.
Le guidon se monte et s’abaisse sur trois niveaux (le nain peut donc conduire la poussette) et tous les éléments s’enlèvent très facilement (et se remettent très facilement aussi) si tu as besoin de la démonter pour un transport.
Bon, avouons-le, LE gros point positif de cette poussette, au-delà de la nacelle intégrée, c’est également son pliage ultra-facile. En quinze secondes, elle est repliée et ne prend vraiment pas de place pour une poussette premier âge.

elle rentre dans le coffre d'une twingo

En résumé, tu peux éventuellement te dispenser d'acheter un cosy et prendre juste un siège auto 0+/1 qui va de la naissance à 3 ans (environ).
Et oui, le nain va dans le siège auto dans la voiture puis transite dans la nacelle (et ensuite dans le hamac).
Seul inconvénient, si le nain s'endort dans le siège auto, il  a de grandes chances que tu le réveilles en le transbahutant dans la nacelle.
Mais bon, un nain en position allongée se rendort vite, surtout s'il a un esclave pour le pousser.

Son poids ?
Alors comparé à ma poussette canne, oui, c’est plus lourd (faut pas rêver) mais si j’établis un tableau comparatif des poids de mes autres poussettes, bah, on est pas mal. On est aux alentours de 11 kilos. Une Micronaine presque.

Le freinage ?
Un seul gros frein qui fonctionne très bien, aucun souci là-dessus et il est suffisamment gros pour ne pas le rater et pour ne pas s’abîmer le dessus de la bottine à essayer de l’ôter.
d'ailleurs je ne porte pas de bottines pour mes tests


Maniabilité ?
Excellente. Plus maniable que ma poussette canne.
La taille des roues y est pour beaucoup. Grand Nain (qui promet d’être un addict du test-produit) a emmené sa sœur jusqu’à son école sans aide de ma part (sauf pour un trottoir) donc je pense qu'on peut dire que la maniabilité est parfaite. Surtout pour ce type de poussette avec lequel il faut viser pour passer les portes des magasins. Grâce aux roues assez grosses, la poussette se manie donc d'une main (pour l'adulte), ce qui est très pratique pour téléphoner de l'autre, ou tenir la main de Moyen Nain qui râle (c'est un nain).

Encombrement ?
Ne rêvons pas, il s’agit d’une poussette premier âge donc rien de comparable avec une poussette canne. La largeur est correcte et le fait qu’elle soit haute lui donne un aspect plutôt fluide, une coupe aérodynamique qui fait oublier sa taille. Pliée, elle rentre dans un tout petit coffre, elle prend très peu de place comparée aux autres poussettes tank que j'ai pu tester. 

Rangements ?
Deux paniers, pas immenses certes, mais fermés. Ce qui a son intérêt quand il pleut ou quand on veut y planquer ses clés ou son portable. On aurait envie de voir un porte sac à langer ou un panier plus large, voire des rangements pour parents à accrocher sur le guidon. Voire un porte-café (dit la maman accro).



Les roues ?
Increvables. C’est pour moi un argument de poids. La Quinny ayant eu les deux pneus crevés, à 35 euros la roue (car irréparables avec rustines), nous en avons eu pour moins cher de châssis d’occasion. Elles sont d’une taille qui permet une large maniabilité et ne risquent pas de nous lâcher en route. Ouf.

Et l’assise ?
Très confortable et super cocoon. La forme d’œuf permet à l’enfant d’être vraiment confort.
On peut choisir la position face à la mère ou face à la route, au choix. Micronaine adore, elle est pile en face de moi et on papote. L’assise haute permet une intéraction avec l’enfant, ce n’est pas négligeable. Et puis il n’est pas au ras de voitures, ça fait plaisir également.
En revanche elle n’est pas très large ce qui fait que Moyen Nain, bientôt 3 ans, ne rentre pas dedans.
A conseiller jusque 2 ans si votre nain est de gabarit normal.

On peut mettre le hamac face à nous, ou face à la route, je trouve ça bien, ce n'est pas toujours le cas (de plus en plus, certes, mais pas toujours).

Et le look ?
Bin, oui, ne le cachons pas, quand on achète ce genre de poussette c’est surtout pour le style.
Plus lookée que la poussette tank habituelle, la Mima Xari a un petit air futuriste qui me plaît. On dirait un œuf argenté à roulette et Micronaine et moi sommes assez fières d’arborer cet accessoire mode à la sortie de l’école.

Il faut maintenant que j'adopte un vrai look plutôt que ce look Multi-débordée


Les inconvénients ?
Il en faut dans tout bon test.
Le prix me semble être l’inconvénient maximal de ce produit. Presque huit cents euros pour une poussette c’est cher, très cher, même si, à l'achat, on a nacelle et hamac.
On achète cette poussette pour le côté stylé, pour le look et pour l’innovation nacelle inclue qui permet de n’acheter qu’un siège auto 0+/1 pour la voiture.
Elle ne s’utilise que jusqu’à 2 ans à mon avis et on aurait aimé trouver une petite planche pour un aîné, puisque cette poussette, compte tenu de son exceptionnelle solidité (notons-le) pourra faire plusieurs nains et rester en excellent état. Après prise de renseignements, on peut adjoindre à la poussette la planche Buggyborard, mais, effectivement, à ce prix là, je pense que ça pourrait être inclus. Tout comme un chouette sac à langer miniature (type premier secours).


Conclusion du crash-test :
Sincèrement, cette poussette est superbe. Elle est classe, stylée et il n’y a rien à redire sur la qualité, solidité, maniabilité et encombrement. Tous les éléments s'installent et se démontent à la vitesse grand V et elle est hyper simple d'utilisation. Du vrai bon matériel.

En revanche, je trouve que le prix est vraiment trop élevé, à moins que ce soit un achat coup de cœur pour un premier nain (et tout en sachant qu’on va en avoir d’autres ou qu’on pourra prêter cette poussette).
Bon, en même temps, si c’est belle-maman qui offre la première poussette de l’héritier de son petit-fils/sa petite-fille que c'est SON bébé, on ne va pas se gêner…



Ndlr : De la même marque, je vous invite à voir la poussette simple/double Kobi  : qui est super chouette (qui me fait un peu penser à la Phil & Teds en plus design) et qui, à mon sens est l’idéale pour des enfants rapprochés par exemple (si on excepte ma Joovy d’amour).
Bon, le nain du dessous a une vision un peu moins chouette que le nain du dessus. Faudra alterner :)


23 janv. 2012

Le maillot de la honte - à la demande générale

en hommage à la collerette de la honte...


Le vendredi, c'est la course.
Les nains sortent à 16h15 de l'école.
Inutile de te dire qu'à 16h12, je suis encore chez moi, que je colle deux compotes à boire et un paquet de Petits Ecoliers dans mon sac à nain et que je dégage très rapidement.

Note du toutou: en règle générale, ma chère maîtresse, dans sa précipitation (et sa peur de se faire pourrir par l'instit') oublie de fermer la porte de sa chambre. Ce qui me permet de m'étaler de tous mes poils sur sa mirifique couette blanche à pois gris. A la place du maître bien sur. Quand il rentre, c'est tout chaud et j'ai les oreilles basses dans le couloir, l'air suspect.


Je bondis dans ma poubelle mon Kangou et je roule jusqu'à l'école (une minute en voiture). Je n'y vais pas à pied le vendredi (je te vois venir maman écolo) car je dois de suite foncer chercher Micronaine.
Les nains sont récupérés, ils montent dans la voiture (en râlant, ce sont des nains) et s'installent dans leurs sièges. Généralement, il pleut et ils écrasent de leurs chaussures humides tout ce qui peut traîner dans ma voiture. Bonnets, écharpes, vieux numéros d'Infocrèche empruntés à la crèche, restes de goûter, jouets, etc...

Pendant qu'ils râlent en demandant ce qu'on goûte, je tente désespérément de les attacher (sous la pluie battante) dans leurs sièges.

Note de la Kangou: fallait pas faire des nains si rapprochés, ma banquette arrière peut contenir trois sièges autos, certes, mais à condition d'y laisser la peau de la main en clipsant les ceintures. C'est dit, fallait prendre un Traffic plutôt.

Ça y est, ils sont installés, je suis trempée et tous les parents sont partis. Je suis seule sur le parking de l'école. Étonnant.

Je donne les paquets entrouverts de gâteaux et je démarre.
La route n'est pas très longue mais suffisamment pour anéantir ma zénitude. Les "Pourquoi???" s'enchaînent en double (oui, Moyen Nain aime bien répéter ce que dit Grand Nain) et les "Z'ai fait tomber mon gâteau" (en hurlant) me maintiennent dans un état légèrement tendu du slip.

Nous arrivons tant bien que mal à la crèche.
Les nains descendent (avec mal) et foncent à l'entrée. On sonne, on entre, on dit "BONZOUR", et on va chercher Micronaine. Avant, on enfile donc six-surchaussures. Micronaine tombe de joie (oui, elle croit qu'elle sait marcher mais pas encore ma poulette) et chouine de bonheur.

On papote, on papote (enfin surtout moi, les nains se contentant de jouer avec les jeux pour Micronains) et on prend le chemin du retour.
Enlevage des surchaussures, "on dit AUREVOIR les nains" et on s'installe tous dans le Kangou.

Les trois sont (enfin) sanglés, je meurs de sueur, ça coule dans mon dos (et ça ne fait pas mincir du ventre).

Je démarre et le retour bruyant commence.
C'est long, très long, une demi-heure de voiture en vase clos avec trois maboules-pipelettes.
Le grand me pose des questions existentielles sur la guerre et le pourquoi de la disparition des mammouths.
Le moyen répète les questions existentielles de son frère et chouine qu'il a encore faim.
La petite, fatiguée de sa journée, crie dans les aigus et essaie d'attraper les cheveux de son frère (qui hurle).

Zenitude.
Je roule, chantonne et me retourne pour râler aux feux rouges.
- C'est vert!!!
- Bin non, t'es nouille Grand Nain.
- Je te dis ça parce que le petit bonhomme est passé au rouge alors ça veut dire que ton feu va bientôt passer au vert.
- Ah ouais.
- Maman? Zé kekchoz à te dire.
- Oui Moyen Nain.
- Ze me sens pas crès bien
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Zé mal au ventre
- En même temps tu viens de manger huit petits écoliers.
- Zé encore faim (il chouine)
- Non, on rentre et on mange tôt, ce soir c'est piscine.

Il pleure.
Il rote.
Son frère rigole comme un bossu.
Moyen Nain, lui, s'auto-congratule : "Classe".

On roule et on arrive enfin à la maison. Tout le monde sort, on monte et on enlève les manteaux (au milieu du couloir).
Il est 17h45.
On repart dans moins d'une heure.
Le Mâle arrive, prend le relais avec Micronaine et je fais manger ceux qui ont le courage d'aller dans l'eau.

Note de moi-même: Moyen Nain trouve qu'apprendre à nager c'est "bien mais pas top". Il préfère zouer et faire le fou et ne trouve pas ça très passionnant de faire des exercices. Il décline donc souvent l'activité piscine. Je me retrouve donc toute seule avec Grand Nain. Ce qui m'arrange puisque Moyen Nain met encore son slip sur la tête pour me faire rire dans la cabine (ce qui ralentit considérablement la préparation des nains).

18h35: Il est temps de partir. Grand Nain a mangé son oeuf sur le plat (nouvelle lubie du nain) avec ses mougnettes (appellation d'origine nain) et est prêt pour repartir (et me parler tout le trajet maison/piscine).

Evidemment, la piscine est à côté de la crèche, ce qui m'exaspère assez, ou comment je fais deux fois le même trajet en moins de deux heures.
La route est un intense moment d'échange entre moi même et Grand Nain, sur des sujets philosophique (pourquoi on ne peut pas toujours faire ce qu'on veut surtout quand on dit qu'il faut partir à la piscine bordel de zut), ou les dernières sorties ciné (on irait pas se voir Happy Feet 2 nous?). Bref, il PARLE. Il veut que je lui raconte pour la trente millième fois "les bêtises que je faisais quand j'étais petite" alors j'essaie d'inventer des trucs pas trop dangereux histoire qu'il ne fasse pas des trucs de maboule.

Vendredi dernier, nous sommes donc arrivés à la piscine à 19h. Oui, parce que normalement c'est 18h50 mais arriver à l'heure avec un nain, c'est impossible.
Nous arrivons et nous retrouvons nos deux compères de piscine: Mamie Chéwi et Marie, qui viennent faire une petite heure d'aqua-gym-repousse-cellulite pendant que le nain s'agrippe à sa frite géante en battant des pieds.

D'habitude, le sac de piscine est fait par Mamie Chéwi qui arrive avant moi et qui gère tout ça (pro de l'organisation). Ce vendredi, c'était moi.

Nous entrons dans la cabine de 1m² et le nain se met direct tout nu. Ses vêtements sont jetés au sol, ça tombe bien, c'était humide, maintenant c'est tout sec.

Je sors son maillot. Il l'enfile (à l'envers).
Je sors le mien. Qui n'est pas là.
Mais si. Il est forcément là. Coincé entre les deux serviettes. Dans la petite pochette sur le côté.
PUTAIN DITES MOI QU'IL EST LA!!!
Et bien non.
J'ai beau retourner tout le sac, il n'est pas là.
J'ai les larmes aux yeux (nervous break down, surmenage, toussa) et je re-fouille encore et encore.

- Maman?
- Groumpf...quoi le nain?
- T'es pas en maillot?
- Bin non je ne suis pas en maillot, je ne l'ai pas mon maillot, c'est pas possible ça, je n'ai pas MON maillot. Il y a quatre maillots de bain de nain et il n'y a pas MON maillot.
- Prends le mien maman.
- T'es mignon chaton, je peux même pas le mettre en brassard ton maillot...je suis foutue...
- Tu peux pas faire tes exercices?
- Non, je ne peux pas, je cours toute la journée, j'en peux plus, j'ai préparé ce sac pourtant, c'est pas possible, j'ai tout remis, j'en suis certaine merde.
- T'as dit un gros mot.
- Oui, bon, toi, mets tes chaussettes dans tes godasses, moi je vais voir la dame pour qu'elle m'en prête un.
- La dame de quoi?
- Du début de la piscine, celle qui donne les billets.
- Elle donne des maillots aussi?
- Non, elle prête ceux que les gens ont oubliés.
- Pourquoi ils les oublient les gens?
- Parce qu'ils sont encore pires que maman mon chéri.

Je fais marche arrière, je me contorsionne pour passer le tourniquet de l'entrée (ridicule) et je frappe donc lamentablement à la vitre de l'accueil :
- Re bonsoir (hin hin - rire gêné) je viens parce que bêtement (c'est le mot) j'ai oublié mon maillot à la maison, si jamais vous en aviez un à me prêter...
- QUELLE TAILLE? (merci pour le petit haut parleur qui rend public toute conversation un tant soi peu privée)
- Heu...(chut) ...disons 42 (un bon 42) pour un maillot faut viser large (hin hin), c'est con, c'est la première fois que je l'oublie, en plus j'en ai un très bien, un body sculpt, vous savez, un qui affine un peu...
- VOILA, j'ai que ça en 42 sinon c'est 38, ça n'irait pas 38 je pense?
- Non, merci, ça va très bien.



J'embarque le morceau de Lycra de couleur indistincte et je file vers les cabines où le nain m'attend, en slip de bain.
- C'est quoi?
- Un maillot chéri
- Ah?
- On ne dit rien. Tu mets ton bonnet et tes lunettes et tu dis à mamie qui tambourine à la porte que j'arrive

Et là, j'ai enfilé la chose.
La loque, la serpillère.

Et je suis sortie, drapée dans ma dignité serviette.
J'ai rangé l'air de rien mes affaires.
J'ai marché jusqu'au banc avec le nain, je l'ai douché et il a plongé avec ses copains dans l'eau.
J'ai pris ma douche et contemplé l'ampleur des dégâts.

- Ah ouais quand même. On voit un peu quand même non? Maman? Marie?
- Heu...un peu les seins et le ventre devant...
- Ouais, un peu. La raie derrière aussi...
- Hou putain...

J'ai donc couru (mais pas trop vite) vers le bassin d'aquagym. Sous le regard eberlué de Miss Bikini-Blanc avec fermeture ventrale et push-up nichons.
Sous le regard éberlué du maître nageur qui n'avait jamais vu un maillot vintage.
Une toile de tente ça s'appelle mon chou.
Adieu féminité, adieu self-esteem et bonjour honte. Il y a des moments dans la vie où on voudrait juste pouvoir mettre sur pause. Ou partir.
déjà que le bonnet de bain, c'est la louze...


J'ai fait toute ma séance sans trop sortir le buste de l'eau, sentant juste le tissu se détendre encore plus autour de moi. Ce coloris vomi n'était pas du plus bel effet, avouons-le.
J'ai vu la fin du cours arriver avec soulagement. J'ai couru jusqu'à ma serviette, passant devant Miss Bikini.
J'ai enlevé la loque. Je l'ai rendu à la dame de l'accueil avec un "Merci" (plus jamais).
Je suis rentrée avec un nain fatigué (mais tout aussi bavard) qui s'est empiffré de monster munchs tout le trajet du retour (en parlant en plus, il est exceptionnel).

Et j'ai retrouvé mon maillot dans le fond du sèche linge.
Surmenage.

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