13 janv. 2012

Test et avis (et cadal) - Centrale vapeur PerfectCare de Philips

Je lis Causette.
Mon Mâle fait le ménage.
Mes nains ont des poupées et Micronaine rogne des bagnoles.
Je n'ai absolument aucune idée préconçue sur le partage des tâches.
Je suis outrée par tout ce qui peut reléguer la femme où elle n'a pas lieu d'être (au fin fond de sa cuisine, cloîtrée chez elle ou à un poste inférieur à ses réelles compétences).

Mais.
Je repasse.
Ce n'est pas faute d'avoir tenté de déléguer cette tâche au Mâle, crois-moi.
Il le fait, certes. Mais moins vite et moins bien (sauf les torchons, ça, il y arrive très bien, et les taies d'oreiller aussi...).

Et puis, à force de faire, on fait mieux et je suis devenue une obsédée du pli.
Je repasse tout (honte) du body à la taie d'oreiller, du coup de fer sur les culottes pliées aux chemises quotidiennes du Mâle.
Je repasse et pendant ce temps là, je réchéfli (dirait Grand Nain). Je repasse et je trouve de nouvelles idées d'artikeuls.
Je repasse et je me crame les doigts.
Je repasse et je me dis "bordel, c'est chiant un fer à repasser, je crois que je vais demander une centrale vapeur à Papa Noyel, ma vie est vraiment minable, c'est pire que de commander un aspirateur. OMG, ma vie est tellement devenue ça que je vais me commander avec plaisir une centrale vapeur...Bouhouuuuuu".

Et puis ce mail : "Chère Marie, nous le savons, vous êtes une maman de trois nains (maboules). Vous repassez devant des daubes rediffusées d'M6 faisant intervenir Stéphane Plaza. Vous repassez presque deux fois par semaine, dans votre salon, et autour de vous s'accumulent les corbeilles, les chaussettes célibataires et les slips de nains. Marie, nous venons vous sauver. Voulez vous tester la dernière centrale vapeur Philips PerfectCare?".

PARDON?
Je n'ai pas pleuré en lisant ce mail mais le Mâle, lui, s'est empressé de me coller le "Répondre" sous Gmail et de me dicter une réponse courtoise:
"Chère Papa Noyel Madame Philips, c'est avec plaisir que j'accepte de tester votre centrale vapeur sur les splendides chemises du Mâle. A très bientôt, encore merci. Et merci. Je vous ai dit merci? Non mais merci. Marie qui vous remercie".

Et deux jours plus tard, je reçois la bête.

Première chose à faire: appeler sa mère pour bicher.
- Salut, j'ai une centrale vapeur!
- Salut, moi aussi
- Ouais mais moi elle est mieux parce qu'elle est bleue (pas certaine que ça soit un critère de bon fonctionnement cependant)
- Bin oui, pareil
- Ouais mais moi ya un truc anticalc' pour la nettoyer (Marie lit péniblement ce qu'il y a d'écrit sur la boîte).
Ah oui et je vais t'exploser les bars aussi.
- Vas y combien?? Moi 5 bars je t'attends...
- 5,5 TADAAAAA. Vas-y laisse tomber, elle chauffe en deux minutes.
- Pas mal. Et sinon, t'as combien de possibilités de changer la température, hein hein?? (Maman, joueuse)
- Aucune. Putain, AUCUNE. Comment je fais pour repasser mon petit pull en alpaga laineux inlavable du Pérou???
- Non mais regarde bien, tu as forcément de quoi changer ta température.
- Non.

Pleure. Puis regarde bien la boîte. Rire triomphant.
- Laisse tomber Maman, il n'y a pas besoin de changer la température.
- Hein? Quoi? Mais comment tu fais alors?
- Tu ne fais rien, tu y vas franco. Allez, salut, j'ai huit bassines qui bavent d'envie de se faire repasser.


Deuxième chose à faire : ouvrir la boîte en poussant des petits cris débiles
"Hiiiiiiiiiiiii, super, bleue, j'adore, pas si grande, ouiiii, elle rentre sur ma table à repasser. Biiiiih, ma table à repasser à l'air moche.
Rhô, purée, j'en reviens pas, je suis ridicule, c'est trop bon. Zou, la notice, pas compliqué, de la flotte, Allez, on branche, c'est partiiiii"

Et voilà, ma table à repasser est supra cheap...


Troisième chose à faire: repasser et savourer (autant que faire se peut)

La centrale branchée, elle chauffe vite, très vite, trop vite.
Si je la branche ne me disant "je vais faire un tour sur Facebook cinq minutes", il y a de grandes chances qu'elle soit éteinte. Ouf. On a le droit d'oublier qu'on l'avait branchée sans que ça ne chauffe des heures dans le vide. Et oui, l'arme anti-tête-en-l'air existe : l'éteignage automatique après quelques minutes sans utilisation.

soirée disco...


Une fois chaude, elle est prête à être utilisée.
Et là, je me régale. Comparée à mon fer (ci dessous), elle est super légère (et pourtant c'est un bon fer) et très maniable.

il est temps pour toi de rejoindre une autre famille...adieu...

La vapeur est délivrée de manière continue si on le souhaite et ça permet un résultat d'enfer (et des brûlures si on est un gros boulet - ce que je ne suis pas).
Comme le dit si bien Papacube: "repasser avec un fer alors qu'on a testé une centrale, c'est comme se plonger dans une baignoire alors  qu'on a une piscine".
Bref, repasser avec une centrale vapeur, ça n'a rien à voir avec le reste. Les fringues des mômes se prennent une giclée de vapeur et zou, on replie. Trente secondes.
Les chemises? Easy, et le petit bouton "pressing" qui te balance une vapeur chaude de maboule permet de faire les plis du dos sans prendre des positions ridicules au dessus de la table à repasser.

Le côté "je ne change pas la température" est super! Pas que je possède mille pulls en cachemire, que nenni, mais ne pas avoir à se poser de question sur "est ce que mon fer va accrocher?", "vais-je pourrir le pull du Mâle?", ça fait du bien.

Les couettes? Je ne t'en parle même pas. Tu n'as qu'à la plier quand elle est sèche et la repasser, ça fait gagner du temps. Franchement, les couettes, c'est chiant...

non mais MATE ce réservoir!!


Quatrième chose à faire: regarder tout ce qu'on a repassé et prendre un petit air hautain du style "je ne sais pas comment font celles qui n'en ont pas".

Et oui, ça y est, je l'avoue, elle est entrée dans ma vie et je ne pourrais plus m'en passer.
Encombrante? Un peu. Mais je ne trouve pas que ce soit très très fiant, de toute façon, chez moi, tout traîne alors un truc de plus ou de moins.

Gain de temps: clairement. Moi qui ne repasse pas très bien à la base (parce que ça me gave), je gagne un temps fou puisque je défroisse tout d'un coup. Après ce n'est pas nickel-nickel mais en tout cas, de loin, on n'y voit goutte.

Pour la sécurité nainesque: la centrale est pourvu d'un petit truc qui bloque le fer.
Ce qui évite que le nain ne fasse Tarzan avec le fil. Enfin, ce qui évite surtout au fer de lui tomber sur sa petite tête de nain. Indispensable pour moi cette petite sécurité, puisque la centrale trône nuit et jour dans mon salon.

pas toucher le nain...



Cinquième chose à faire : en parler tout le temps et à tout le monde tellement on est fière d'être passée de l'autre côté de la barrière

Oui, je suis comme ça.
J'en parle et je questionne. Mais comment tu fais sans? Ah? Tu ne repasses pas? Ah ouais, moi je repasse c'est pour ça...
Je suis une plaie. J'assume.

Plus sérieusement, je comprends qu'on ne repasse pas, c'est un peu fiant et c'est surtout sans fin.
La corbeille de linge sale "magique": à peine vidée déjà remplie, je connais aussi.
Activité peu gratifiante donc, et qui mérite donc qu'on y passe le moins de temps possible.

Mission accomplite pour cette centrale.

En conclusion : 

Une centrale au top. Une vapeur qui défroisse TOUT et une maniabilité hors norme. Super légère, elle permet véritablement de repasser rapidement et correctement.
Pour moi qui n'aime pas forcément ça, j'y passe presque deux fois moins de temps qu'avec mon fer classique. C'est un avantage considérable.

Le seul point noir, comme toujours, c'est le prix. Près de 250 euros pour une centrale vapeur c'est très cher.
En revanche, mon seul conseil, c'est de ne pas prendre de la crotte. Mieux vaut un bon fer qu'une centrale pourrite. Il faut compter au moins 4,5 bars sinon, ça ne vaut pas le coup.
Celle ci, c'est la Rolls. A partir de 150 euros, tu peux en avoir une bien.


Sixième chose à faire: t'en offrir une


Tu ne pensais quand même pas que j'allais te présenter une centrale vapeur de compétition sans te proposer d'en avoir une dans ton salon?

Alors, pour partiper au give away "Gagne ta centrale de maboule", c'est très simple.
Tu laisses un joli commentaire dans lequel tu  :

- me racontes ta pire expérience repassage, ou pourquoi tu deviens taré(e) avec ça...
- me rédige un petit poème (bref) sur le thème du jour (repasser, chemise, vapeur, etc...)

Les commentaires qui répondent à cette consigne (pardon, c'est mon côté prof) se verront classés dans un petit tableau Excel (comme toujours) et un gentil tirage au sort désignera la ou le gagnant(e).
Toute participation partagée compte double, merci donc de laisser un second commentaire si vous partagez ou relayez l'information.

Tirage au sort MERCREDI SOIR avec arrêt des commentaires à 22h. Annonce du veinard (ou de la veinarde) JEUDI MATIN.


Voilà. Alors qui sera ma copine/ mon copain de centrale???

12 janv. 2012

Mère au foyer - Père au foyer - Et vous?

Attention. Ceci n'est pas un billet à vocation polémique. D'ailleurs vous savez très bien que c'est absolument pas mon fond de commerce ni ma passion que de monter les mamans (et les papas) les uns contre les autres. J'ai tenu à parler du statut de mère au foyer/père au foyer parce que je vis actuellement une situation assez similaire. Ayant choisi de prendre une année de disponibilité pour des raisons familalement correctes (déménagement, changement de ville, garde d'enfant, etc..) ET professionnelles (écriture du fameux livre que tu vas bientôt en savoir plus), j'ai, au quotidien, un bref aperçu de ce que peut être une journée de parent au foyer. De plus, certaines maman m'ont envoyé des petits mails en me demandant d'aborder le sujet. Ce que je fais.
Il n'est pas question ici de dire "les MAF ne foutent rien" ou "on est mieux au boulot sans les gosses". Il est question ici de partager, comme toujours, un peu de vie. Des bons côtés et des mauvais, parce que les choix que nous faisons nous regardent. Parce que nos choix ne sont pas toujours ceux que nous aurions fait. Parce qu'il faut parfois du courage pour faire ce que nous faisons.


Renoncer à son boulot.
Dire "je suis en congé parental".
Se justifier. Expliquer.
Répondre au "tu as choisi ou ...?"
Esquisser un sourire et puis tenter un "c'est pour eux surtout que je le fais".
Essayer de dire que le choix est mûri et que la situation nous convient.
Entendre des "moi je ne pourrais pas" ou des "toute la journée?".
Tenter de faire comprendre que c'est une volonté propre et que ce n'est pas si facile.
Regarder l'air hautain et méprisant de certain(e)s. Se rassurer en regardant ses enfants. Se dire qu'on a fait le bon choix.

Etre mère au foyer, c'est loin d'être quelque chose de facile.
En plus, moi, je ne suis même pas une vraie mère au foyer puisque je "travaillotte" à côté. Je dois donc gérer les nains (matin/midi/soir), la maison (vous savez ce que c'est, je ne vous fait pas de dessin) et mon boulot (et mon blog aussi).
Cela dit, j'ai un Mâle présent et qui m'aide, ça aide. Ce qui n'est pas toujours le cas.
Mais, quoi que l'on fasse, on est toujours "à la maison".


- Vous pouvez accompagner à la piscine Madame Grand Nain?
- Heu, oui...
- Oui, c'est bien vous ne travaillez pas!

- Enfin si, à la maison, mais j'écris pour des gens alors vous savez je gère mon temps un peu comme je le veux, je bosse le soir, je...
- Oui, très bien je vous note pour tous les jeudis alors!

Etre à la maison, soyons honnêtes, c'est super.
Oui, c'est super, on est disponible.
On peut s'octroyer une sieste si on le souhaite, si les nains dorment, si on a le temps. Bon, en vrai on ne le fait pas souvent.
On peut prendre un café au calme en écoutant Pascale Clark ou en regardant les Maternelles.
On peut jouer avec son nain, le cajoler, le regarder grandir, faire des activités sympa avec lui et se dire qu'on en profite.
Oui, être à la maison, c'est super.
On peut ranger, repasser, faire les lessives, nettoyer la baignoire et faire en sorte que le tapis de bain anti-dérapant ne pourrisse pas en trois semaines.
Oui, c'est super, on peut récupérer les enfants tous les midis et leur faire des bons petits plats.
Oui, c'est super, on va les chercher à 16h30 et on profite d'eux.

On n'est pas obligée de prendre une journée enfant-malade et de courir récupérer sa progéniture qu'on avait mis à la crèche avec 38° (oui, bon, ça va hein, on l'a tous fait...).
On n'est pas obligée de poser un RTT pour aller se farcir la préfecture, la mairie ou tout autre activité administrative chronophage.

Oui, être à la maison, c'est super. On peut allumer l'ordinateur et surfer un peu pendant que le nain fait sa sieste. On peut même en profiter pour faire ses courses en ligne parce que, quand même, emmener le nain en course, c'est boulet. Avant on y allait rapidement en sortant du boulot. Maintenant ce n'est plus possible.

Oui, c'est super.
Ce qui est moins super c'est le sentiment, parfois, ne se perdre un petit peu.
Je ne parle pas vraiment de moi tout à fait puisque le blog et mes différents travaux d'écriture me permettent de me réaliser professionnellement.
Mais quand même.
Quand ta journée s'est résumée à nettoyer des fesses, à changer des couches, à ranger la maison et à faire à manger. Quand tu n'as croisé comme adulte que les mêmes mamans de devant l'école, que tes seuls mots de ces dernières heures ont été adressés (au choix) au chien ou à ton nain, tu te prends à déprimer légèrement.

Quand vient le soir et que tu as géré les nains, que le repas est prêt et que ton/ta conjoint(e) rentre, tu es joie. La vie commence. J'exagère mais c'est un peu ça. Un adulte! Youhou!
Mais l'autre adulte a bossé LUI. Et tu le comprends. Il/Elle voudrait juste se poser deux minutes. Toi aussi. Mais toi ce n'est pas pareil puisque tu ne bosses pas.
Donc tu n'oses pas. Et tu ravales.

La discussion tourne autour de celui qui travaille, de ces anecdotes de boulot. Toi? Tu racontes les dernières bêtises/progrès des nains. En en rajoutant. Et puis tu te tais, parce que tu trouves que ce n'est pas passionnant. Tu cherches des sujets de conversation. Et tu te rends compte que tu n'en as pas tant que ça. Si tu as vraiment envie de déprimer, tu te mets à penser que ta vie ne se résume qu'à tes mômes. Et tu pleures.

J'en rajoute volontairement, bien sur.
Mais je me doute que certaines le vivent comme ça.
Le sentiment de tout donner et de n'être plus grand chose.

Rester à la maison, ce n'est pas si facile. Les pauses, il y en a. Mais pas plus que si on travaillait.
Rester à la maison, c'est un acte qui n'est pas égoïste.

Quand on fait le choix d'être parent au foyer, parce que ça s'impose à nous, je pense que la situation est plus facile. Les journées qui défilent doivent moins peser parce qu'on a choisi, parce qu'on en avait envie. Faire des jeux avec les enfants, des activités, sortir avec eux, aller jouer au parc, vivre au quotidien avec un nain (ou plusieurs), je pense que nous n'en sommes pas tous capables.

Moi, par exemple (je parle de moi parce que je me connais), je n'aurais JAMAIS imaginé vivre ce que je vis en ce moment. Me lever, me préparer, faire petit-déjeuner les mômes, les habiller (m'énerver), gérer les pertes de chaussures et les sacs de goûter, répondre aux "j'A fait cacaaaaa" et aux "où est passé mon anoraaaaak??", les coller à l'école, rentrer, ranger, jouer avec Micronaine, la mettre à la sieste, bosser vite et plus vite que ça encore, ranger, lessive, réveiller Micronaine, école, repas (cirque à table), retour à l'école re-sieste, reboulot, et école (encore), goûter, jeux, engueulades, menaces et bain, jeux (encore), discussions et négociations, retour du Mâle, passage de flambeau après micro-pause du Mâle, repas des nains, dialogue de sourds des parents, histoires, dents, pipi, coucher.
OUF.

Effectivement, c'est physique, effectivement c'est du sport. Je n'aurais jamais imaginé dire un jour "cette année je m'arrête, c'est le mieux, financièrement et pour les enfants, c'est le mieux".
Jamais. Nous changeons. Je ne me suis jamais forcée. Je n'ai jamais eu envie de m'arrêter avant, je reprenais à la date prévue (ou presque) à temps plein. Parce que ça me convenait, que j'avais une super crèche et que tout se goupillait toujours bien. Les enfants étaient bien, nous aussi.
Quand les choix sont assumés, personne n'en souffre. Un enfant qui se rend compte que c'est une déchirure pour sa mère ou son père que d'aller bosser n'est pas heureux. Un enfant que son papa/sa maman dépose à l'école avec le sourire, y va avec plaisir (ou presque).

Aujourd'hui, j'ai décidé d'être là pour eux, et de prendre du temps pour écrire (pour moi).
Bon j'avoue, Micronaine va deux jours à la crèche (ouf), ce qui me permet d'avoir des plages horaires de deux/trois heures SEULE dans ma semaine. Et ça, ça fait du bien. Vraiment.

Cet article est un peu décousu parce que je parle de tout ce qui fait mon quotidien et de ce qui doit composer celui de vous autres, parents au foyer.
Parfois heureux de leur choix quand ils voient leurs enfants à la maison plutôt que brinquebalés à la cantine ou au périscolaire.
Mais parfois gavés d'être toujours là, dans les mêmes tâches répétitives et peu gratifiantes, tout en pensant que les enfants des autres vont bien à la cantine et qu'ils n'en meurent pas.

Il faut trouver un juste milieu et surtout, trouver une situation qui convienne à tout le monde.
Je n'ai aucune culpabilité à laisser ma fille un peu à la crèche. En revanche, ça me ferait fier de dépenser mon salaire en garde pour aller faire classe à cinquante kilomètres d'ici.
Et de récupérer mes nains à 19h parce que je fais une heure de voiture le soir.
Voilà. La réflexion doit se faire là.

Qu'est ce qui compte? Sur quoi puis-je jouer?
Parfois, il suffit d'un rien.
La vie de parent au foyer peut être gratifiante si c'est ce que l'on aime faire.
La vie de parent au foyer peut être géniale si ça nous correspond.

Mais cela n'empêche pas le coup de blues, le sentiment de ne faire que des tâches rébarbatives et surtout, l'impression que personne ne reconnaît ce rôle.
Personne pour vous dire : "C'est bien monsieur, vous avez pris votre après-midi pour faire toutes les lessives et ranger le linge, BRAVO, grâce à vous, les bassines ne traînent plus dans l'entrée".
Et non. C'est NORMAL.

Personne pour vous dire : " c'est chouette d'être plus présente cette année auprès de vos mômes, ils ont l'air contents". Non. C'est NORMAL.

Et puis ce clivage travail/maison m'exaspère. Cette animosité "maman qui travaille/maman à la maison" qui existe, ça me débecte.

Pour avoir fait les deux, je soutiens qu'on ne PEUT pas comparer.
Oui, parfois j'étais plus tranquille au boulot qu'à la maison (surtout en période de varicelle).
Oui, parfois je regrette ma pause déjeuner solitaire où je pouvais traîner une heure en ville SEULE.
Mais non, je ne regrette pas ce choix. Même si je suis consciente qu'il n'est pas fait pour moi. La maternité vous fait faire des choses un peu étranges...

Une situation que l'on assume, un choix que l'on clame, voilà ce qui nous "sauve".
A celles qui me demandent ce que je fais, je leur dit clairement: "je travaille à la maison. Je m'occupe des enfants, j'écris, je fais ce que j'ai à faire. Pour le moment ça me convient, pour le moment ça leur convient. Demain, ça changera probablement, mais pour l'instant, notre équilibre est ainsi".

Cependant, c'est difficile parfois d'assumer.
Surtout quand on n'a pas eu le choix. Quand on suit un conjoint et qu'on ne retrouve pas de travail. Quand on est à la maison alors que l'on rêve de retourner bosser.
Pas évident.
Je dirais : allez, tant pis. Tout cela n'aura qu'un temps. Il y a mille autres choses à faire et à penser. Il y a des choses à voir, des gens à rencontrer. A celles qui rongent leur frein en attendant de pouvoir (enfin) retourner bosser, je leur souhaite de trouver un petit truc à faire en plus, histoire de ne pas penser à ce qu'elles ont mis de côté. A ceux qui ont choisi de rester à la maison pendant que leur femme part tous les matins et qui doivent faire ce que la génération précédente n'aurait jamais laissé faire, je leur souhaite de voir dans les yeux de leurs enfants un simple "c'est chouette!".

On ne reste pas à la maison pour que nos enfants nous remercient un jour.
On ne reste pas à la maison pour qu'ils nous disent "tu as été une bonne mère/un bon père".
Les choix que nous faisons sont inhérents à nous mêmes.
Ils ne dépendent que de nous. Nous n'avons rien à prouver aux autres.
Et nos enfants ne nous sont pas redevables.
Si nous le faisons, c'est parce que ne pas le faire nous est insurmontable.

Quoi que nous choisissions.

9 janv. 2012

Comment devenir Mompreneuse - Le parcours de Claire, maman auto-entrepreneur(se)


Quand on devient maman, on a moins de temps pour soi, on court partout, on a un tout-petit à gérer, on fait les choses parce qu'elles doivent être faites, mais, au loin, pointe cette envie d'essentiel.
Retourner au boulot après un congé maternité, ça peut être super chouette parce qu'on aime son taf, parce qu'on a une super crèche/nounou, parce que travailler fait partie de nous.
Retourner au boulot, ça peut être une déchirure, parce qu'on se rend compte qu'on a besoin d'un break avec nos enfants, parce qu'on n'est pas prête, parce que notre boulot nous horripile.

Avant d'être maman, on le supportait ce boulot, mais là, ce n'est plus possible. Laisser son nain à quelqu'un (et payer) pour aller faire un taf qu'on hait, ça devient très difficile. Surtout que la maternité peut libérer des envies, des passions et des rêves. Devenir maman donne envie d'aller à l'essentiel, bien souvent, ou de faire en sorte de s'offrir un quotidien qui correspond plus à nos attentes.

Certaines mamans ont choisi de changer de vie. Ma pomme, par exemple, a pris un an de disponibilité cette année histoire de gérer mes trois nains dans une nouvelle ville, de leur offrir une qualité de vie assez chouette et de prendre un peu de temps pour moi histoire d'écrire un livre (qui est en bonne voie, si si, bientôt des niouzes).

D'autres mamans, comme Claire, ont choisi d'ouvrir une boutique en rapport avec la maternité. Claire, des Dessous de Mamans, m'a contacté il y a longtemps et nous avons discuté de tout ça. Elle a eu envie de partager son expérience avec vous. C'est donc tribune libre pour elle ce matin.

Mais avant toute choses, je voulais partager cet évènement avec vous, puisqu'initié par une des 9 blogueuses, Marlène Schippa (de Maman Travaille).


une journée pour les mamans 

 
La Journée Maman travaille est la 1ère journée de conférence dédiée aux mères actives. Cette journée de débats permettra de faire le lien entre la demande d'information (les mères actives, les pères actifs, les futurs et jeunes parents salariés, freelances, entrepreneurs et en recherche d'emploi) et l'offre d'information sur la conciliation travail / maternité.
Si vous voulez en savoir plus, c'est par ici : http://www.journee-mamantravaille.com/#!vstc1=journee




Et maintenant, laissons la parole à Claire!!

"Le jour où j’ai viré mon patron, c’était il y a bientôt 1 an. Bon, en vrai, ça s’est pas vraiment passé comme ça, mais ça me fait plaisir d’y croire !!
C’était donc il y a presque 1 an que j’ai franchit la belle porte de Monsieur Paul Emploi. Pleine d’envie de… rester voir mon fiston grandir (6 mois à l’époque). Sauf que Madame Indemnisation ne voyait pas ça du même œil que moi. Forcément.
Educatrice spécialisée, je travaillais jusque là en internat, ce qui sous entend horaires décalés + tous les week-ends… Hummm… Il fallait tout de même donner des «  vœux » à cette chère dame, qui m’a aussi conseillé de vite trouver 1 nounou pour mieux (et vite) retrouver une vie active. Genre, tu colles ton fils chez la nounou avant même de trouver un boulot. Dur !
Bon. Je la fais courte, mais après mûre réflexion, j’ai décidé que mon patron, ce serait moi. Oui, bah c’est bien beau, mais je fais quoi, moi toute seule ? Pas manuelle, pas de connaissances particulières au-delà de ma formation. Compliqué.
Pis j’me suis souvenue de ma copine, qui après 1an et quelque d’allaitement m’avait demandé de « bidouiller » ses soutifs trop beaux en soutifs spécial bébé qui tète toutes les 2 heures.
Voilà ! C’était ça ! Après un coup d’œil dans mon magnifique décolleté de maman qui a les seins en forme de garde manger, ma décision était prise : vendre des soutifs pas à mémères pour allaiter !!
Hop hop hop, recherche et rencontres avec les fournisseurs. Re-rendez vous avec Monsieur Paul pour qu’il arrête son harcèlement.
Et là, bah le projet dans la tête prend un peu de complexité :
Paul m’envoie voir l’ISMER : Rencontre avec 1 madame qui s’avère être looooooin de mes préoccupations et objectifs… Elle m’aide tout de même à faire 1 dossier digne de ce nom à présenter à la banquière. Et me dit, après une 10zaines d’entrevues qu’aucun banquier ne sera d’ac pour me donner des sous pour acheter un stock. Oh bah super alors ! Pas pleurer, Claire, pas pleurer (Oui, j’m’appelle Claire au fait). Donc super dossier, avec devis, photos, projet bien rédigé et tout, pour, d’après la dame, rien….
C’était sans compter sur le gentil monsieur du bureau d’à coté, un poil plus au fait sur ce qui se passe ailleurs que là, dans le dit bureau. Tour de magie, il trouve la carte de la gentille Lydia, qui bosse à la Caisse d’Epargne et qui fait du micro crédit, tout exprès pour les gens comme moi ! Trop cool ! Pas sauter dans les bras du monsieur, non, pas sauter.
Dossier bouclé, rendez vous pris, j’arrive à trouver des fringues qui passent pour voir un banquier, genre dans lesquelles je rentre sans avoir à arrêter de respirer et qui ne sentent pas le vomito. Trop sympa la dame, elle tombe presque de sa chaise en voyant le trop beau dossier que je lui ai préparé, faut dire que d’habitude (je l’apprendrai plus tard) elle fait des prêts pour les gens vraiment en galère qui ont besoin d’une nouvelle machine à laver, une voiture, une mobylette. Forcément, là, ça claque !
Dossier accepté quelques jours plus tard. Bon, bah autant dire que c’est le flip, en vrai… 30 ans (oui, c’est mon âge), et premier crédit. C’est cool, comme je suis au chômage, j’ai le droit à un minuscule taux, et ça, c’est plutôt bien.
Papiers à l’Urssaf pour me déclarer auto-entrepreneur. Mails en anglais, commandes aux fournisseurs, avec factures proforma et tout, ça fait pro, je reçois les colis comme une môme qui attend ses cadeaux de Noel. Et puis, ils sont adressés à moi, mais la ligne en dessous, bah y a marqué « Les Dessous de Maman », et ça aussi, ça le fait grave ! Je range tout bien mes soutifs d’allaitement et mes culottes coordonnées, je fais des belles étiquettes, je mets tous les cartons sur une belle étagère, juste à coté de mon lit, pour bien les surveiller.
Je fais, enfin, j’essaie de faire, un site internet. Ça a l’air facile et tout d’après ce qu’ils disent. M’enfin, j’en ai pour mon argent. Nan, parce que des sites qui claquent pour aller avec les beaux soutifs, ça se fait, mais il aurait fallut faire un crédit beauuuucoup plus important ! Pis chuis pas franchement douée pour agencer les couleurs. En vrai, j’y passe du temps sur ce site. Ça commence à ressembler à quelque chose de présentable, mais c’est pas encore ça…


Si tu cliques, tu arrives chez Claire...elle a pensé aux buses...

Donc voilà, je suis lancée, plus possible de faire marche arrière. J’ai un crédit sur 5 ans, un nombre de soutifs, de culottes et de collants de grossesse plutôt conséquent. Et en page 20 de Google… Et ça, c’est moche ! Oui, c’est sacrément moche. Parce que si je suis si loin sur les moteurs de recherche, qui va acheter un soutif d’allaitement de chez moi, hein, qui ? Le pire, c’est que les prix affichés « chez moi », bah soit ils sont pareils que chez les autres, soit ils sont moins chers, et ça, c’est terrible ! Se dire que les gens achètent la même chose plus cher, ça démoralise un poil, quand même… La tentation de faire du « pas cher » est là. Oui, le pas cher, ça existe. En Chine. C’est tentant, vraiment. Mais après réflexion, je reste sur du « bon » produit, de la vraiment bonne qualité. J’ai faillit craquer, j’avoue…
Alors, le truc, c’est de se faire connaitre. Par les réseaux sociaux, (d’ailleurs, si quelqu’un pouvait m’éclairer sur le fonctionnement de Twitter, ça m’aiderait sacrément !!), par les copines, les forums, les blogs… C’est du taf en vrai. De l’énergie et du stress aussi.
Mais ça va l’faire, faut que ça le fasse…

Et pour que ça le fasse, on dirait que les lectrices des Mamanstestent, elles auraient 10% de réduc’ sur tout le site (soutiens gorge d’allaitement, coussinets, culottes, collants et leggings de grossesse) avec le code « nain ». Ça serait plutôt cool pour tout le monde, non ?

Et pour celles qui veulent aussi virer leur patron, quelques infos :
- L’ANPE fait des aides pour les créations d’entreprises : Soit tu gardes un complément de revenus pendant 15mois à compter de la date de création de l’entreprise, soit tu récupères ton capital de droits (25% de suite, 25% 6mois après, puis 50% au bout de 3ans)
- Tu as certainement une Lydia près de chez toi. Elle bosse à la Caisse d’Epargne, pour le Parcours Confiance, prêt à 2%, pas de frais de dossier. Habille toi bien elle sera épatée ! Attention, faut être quand même bien pauvre…
- Et toujours si t’es au chômage, tu peux avoir le droit à l’ACCRE. C’est une diminution des taxes sur 3ans. Tu paies 3, 6 puis 9% du chiffre d’affaire pour ensuite payer plein pot (12%) la quatrième année. Sous certaines conditions, tu peux avoir droit à un prêt NACCRE, qui doit être à 1% je crois.

Voilà, j’ai plus de patron. 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...