5 nov. 2011

J'ai un nouveau copain. Il s'appelle Germain.

Il y a presque deux ans, j'ouvrais ce blog. J'y racontais des tests produits, j'y racontais ma vie.
Quelques personnes ont aimé, puis d'autres, et nous voilà aujourd'hui comme une jolie bande de propriétaires de nains (ou pas) à essayer de rire de tout. Plutôt que d'en pleurer, vous le savez, c'est mon adage.

Quelques "marques" m'ont donné la chance de tester leurs produits, quelques mamans m'ont demandé d'ouvrir ce blog à leurs créations. J'ai fait ainsi de jolies rencontres avec celles qui ont eu le cran, le courage et la passion de monter leur boutique, leur entreprise...parce qu'elles en avaient envie, parce que c'étaient leur rêve. A toutes, bravo, chapeau, courbettes et respect.

Aujourd'hui, mon clin d'œil s'adresse aux deux mamans qui ont été les premières, je crois, à penser que Mamanstestent avait un avenir (malgré mon humour douteux et mes nains maboules).

Il 'agit de Catherine, d'Arthus & Co, vous le savez (puisqu'elle vous a pourri-gâté pour mes trente ans) qui fête en ce moment les deux ans de sa superbe boutique (où tu peux profiter du coup de 30% de réduction avec le code DEUZAN). Merci donc. Pour le soutien et la présence, pour la générosité et la bonne humeur. 

Et la seconde, c'et Yaëlle des Babilleuses. Mon premier giveaway, c'était avec elle. Un coussin de maternité gagné par une certaine Zaza. Depuis, le blog a fait un petit bout de chemin. Mais lorsque Yaëlle m'a proposé d'adopter un de ses coussins et de lui faire vivre quelques aventures au pays des nains, je n'ai pas pu résister...

Et je vous laisse découvrir chaque mois, ce que ça donne, un coussin chez les nains..
D'ailleurs, si tu veux y penser, il suffit de t'abonner à la newsletter...j'y écris un petit édito...


Tu peux cliquer sur l'image, on ne change pas une feignasse...

4 nov. 2011

Moyen Nain t'offre un Siège Toto : Safety 1st Tris Safe +

Salutations à toi public.

Mon chef (tu peux l'appeler Maman) m'a confié une mission de la plus haute importance.
Un test. Et oui, elle veut que je reprenne le flambeau histoire de faire de moi le plus jeune Agent Testeur de la planète.

Et oui, désormais, je ne suis plus Moyen Nain, non. Appelle-moi Agent Nain.

Ma mission aujourd'hui est de te proposer un test de siège auto, le Tri-Safe + de Safety First.

Oui, j'aime bien prendre des photos artistiques...

Voici sa fiche signalétique et mon rapport d'enquête. Tu pourrais ainsi vérifier que j'ai bien fait mon job (entre deux Kinder et un "zu au socola")

ndlm (note de la maman): Moyen Nain, pardon, Agent Nain se nourrit exclusivement de jus au chocolat et de Kinder lorsqu'il est en mission. Sache le.

Groupe : 1-2-3.
C'est à dire que le nain peut aller dedans à partir de 9kg et jusqu'à 36 kg.
Bon, alors soyons honnêtes, il faut tout de même être un bon petit nain pour aller dans un siège comme ça. Maman me l’a dit « c’est un siège de GRAND ». Fierté.
Ma petite sœur est bien trop petite pour y aller, je frime donc lorsque je pose mon délicat fessier dedans. Il est bien large, je peux donc être dodu (ce que je ne suis pas).

Inclinaison : Gros point faible de ce siège selon moi. Il ne s’incline pas. Mais alors pas du tout. Hier, je me suis légèrement assoupi (j’étais malade, avouons-le) pendant un trajet en voiture court (ce qui a tendance à énerver ma mère) et j’ai eu la tête pendouillante. Ma mère disait « rhôlalala…regarde Grand Nain, il fait trop mal au cœur ton frère avec sa tête toute penchée… ». Bon, moi, en plus, je n’aime pas, ça me réveille et je suis de mauvaise humeur.
Bref, pour des longs trajets, c’est vraiment pas glop du tout.


Cale-tête: Alors le cale tête est moelleux, on peut lui reconnaître ça. Mais évidemment, lorsqu’on s’endort, la tête ne reste jamais sur le cale-tête, elle tombe (tellement elle est lourde d’intelligence).


Énervement à l'installation : Aucun énervement je tiens à le signaler. Et pourtant, ce siège a été installé sous une pluie battante alors que ma petite sœur hurlait dans son siège (oui, elle aime bien hurler parce qu’elle trouve que sa capuche la dérange surtout quand on est enfermés dans la voiture, ça rend l'ambiance un peu tendue du slip).

Donc, installation facile car guidée par un mode d’emploi au top. Sincèrement, je crois que je n’ai jamais vu ma maman faire aussi vite. Bon, il pleuvait aussi, ça aide (et ma petite sœur a une voix très stridente).

Confort du nain: Super confortable. L’assise est bien moelleuse, on ne sent pas le siège en plastique dessous. La tettière (oui, c’est le petit mot du cale-tête) est super douce et on peut vraiment se vautrer dans le siège comme dans un bon vieux fauteuil. Surtout qu’il y a des accoudoirs. Bon, moi je ne m’en sert pas (je ne vois pas l’intérêt de laisser ses bras reposer alors qu’on peut mettre des mandales à son frère) mais c’est chouette. Surtout qu’ils se relèvent, ce qui évite à ma mère de s’énerver quand elle m’attache.



Énervement au sanglage:  D’habitude, ma mère s’énerve (beaucoup) au sanglage. Elle tire comme un bourrin, se fâche parce que je ne suis pas bien assis au fond (alors que j’ai une figurine de Sam-Sam sous les fesses) et peste contre les gros anoraks et les trucs qui doivent se clipser ensemble et qui-ne-se-clipsent-pas-du-tout-bien-bordel-de-merde.
Bref, le sanglage, moment délicat s’il en est.

Ndlm (note de la mère) : franchement, pardon mais QUI a inventé le brevet d’attache des sièges autos ? Hein ? Tu dois mettre les deux trucs-muches dans un sens improbable (mais noooon, regarde, ça doit faire une forme de triangle après c’est sioupère facile) et pas du tout intuitif (mais siiiii, regarde, tu ne vois pas les deux encoches là ??? Non) avant de te rendre compte que les sangles sont trop petites et que tu ne peux absolument pas rentrer ton assemblage dans le truc rouge.
Donc, tu lâches tout, tu essaies de desserrer les sangles en pestant (bin oui, quelle idée de mettre un si gros manteau) et tu tires comme un bourrin sur les lanières tout en appuyant sur le judicieux petit bouton coincé sous le siège (fourbe le bouton, fourbe). Tu tires, ça ne marche pas, tu n’oses pas forcer. Et puis ça y est, ça lâche. Et le nain n’est plus du tout serré. Et il faut re-tirer comme un damné pour l’arnacher. Avec un nain qui braille que « c’est troooop serré ». Alors OUI, ça m’énerve
.


sur ce siège, on tire là (et pas tout en haut). Ce qui facilite grandement le tirage de sangles...


Je reprends. Ma mère n'arrive vraiment pas à me laisser écrire tout seul sur son blog, je pense qu'elle a un peu les chocottes que je lui fasse perdre de l'audience.
Alors qu'avec mon style exceptionnel et mon humour sans failles, vous allez être conquis...

Le sanglage est aisé pour une fois. En appuyant sur le bouton planqué, tout se desserre sans souci et on resserre en tirant légèrement dessus. Le bouton ne fait pas toc et on peut vraiment agir sur le serrage du harnais. Un point positif pour le siège.

Regarde comme il est choupi avec ses accoudoirs qui font guili-guili à ses copains sièges toto....





Conclusion:

- un siège confortable pour le nain, facile à installer pour la mère et qui fait "très bonne qualité" (tu auras reconnu la touche sécuritaire du Mâle).
- un prix correct pour ce genre de produit (129 euros) que tu peux aller tâter toi même en supermarché.
- un siège qui ne s'incline pas du tout donc à éviter pour de loooooongs trajets
> en clair, un super deuxième siège. Il est dans le Kangou-poubelle de ma mère et nous faisons avec les trajets quotidiens durant lesquels je ne suis pas censé m'endormir (sauf le vendredi en rentrant de la piscine).

Moi, j'ai effectué le test en position 1, c'est à dire avec les harnais. Si tu veux voir un test très chouette fait par deux "grandes", je te propose d'aller lire le test de Till the Cat et de ses miniatures.
Si tu veux lire la vraie fiche produit, c'est par là.


1 nov. 2011

Acquis - Non Acquis - En voie d'acquisition...

Chez moi, ça ne déconne pas, le nain a avec lui un livret de compétences qui le suit tout au long de sa petite enfance.
Le Mâle et moi pouvons ainsi le remplir au fil des jours afin de suivre l'évolution de ses compétences de nain.
Cela se présente comme un cahier dans lequel nous inscrivons des compétences qui nous semblent essentielles pour être un bon petit nain.
Si la compétence est acquise, nous mettons un A (comme acquis, chère buse) en bout de ligne.
Si elle est presque acquise mais pas trop, nous mettons un VA (en voie d'acquisition).
Si le nain fait vraiment son boulet, il a un NA (non acquis, chère buse).
Dans les deux derniers cas, nous ré-évaluons ces compétences à un autre moment de l'année (voire l'année suivante si le nain est particulièrement boulet).

Évidemment, pour lui, cela ressemble à un moment ordinaire, il ne sait pas qu'il est testé et évalué. Gniark. Gniark. Oui, je suis machiavélique. Si ce genre d'initiatives parentales t'intéresse, je te laisse découvrir ci dessous un extrait du cahier du nain. Régale toi...


S'approprier le langage :
"Le nain est capable d'écouter et de répondre aux sollicitations de l'adulte"
Situation d'évaluation : 
- Grand Nain?
-.....
-Grand Nain???? Houhou...
- Hein? 
- Tu m'écoutes quand je te parle?
- Hein mais QUOI? Tu veux quoi?
- Que tu me répondes correctement le nain pour commencer.
- Oui, bon. Tu veux quoi maman chérie?
- Est-ce que tu peux juste me rapporter un rouleau de papier wc qui est dans la réserve parce que là il n'y en a plus et puis j'en ai besoin??
- Quoi?
- Tu peux me ramener du papier WC le nain? 
- T'es où là maman?
- MAIS aux toilettes le nain, t'es sourd ou quoi?
- Tu veux quoi maman?
- (putain je rêve mais c'est trop un boulet) Je suis aux TOIL-ETTES et je veux du PQ pour m'essuyer mais il n'y en a PLUS. Alors PEUX-TU, dans ton infinie bonté, m'en rapporter?
- T'as pas dit le mot magique...
- S'il te plaît Grand Nain chéri...
- Oui d'accord mais c'est quoi le PQ en fait?

Compétence en voie d'acquisition. Oui, parce qu'il a tout de même fini par me jeter le rouleau de papier toilette à travers les toilettes en hurlant pékuuuuuuuuuuuuuu pour faire rigoler son frère (probablement la sonorité du mot qui prête au ricanement niais).


Coopérer et devenir autonome :
"faire l’expérience de l’autonomie, de l’effort et de la persévérance"
Situation d'évaluation :
Le nain se lève. Il est grognon. Il vient râler et veut son petit déjeuner. Un bol de lait. Avec "seulement deux cuillères de cacao s'il te plaît maman" (et un sourire ça t'arracherait la tronche le nain?).
Il déjeune et voudrait "une tartine mais que avec du beurre s'il te plaît maman" (que de toute façon il va mâchouiller et abandonner sur la toile cirée côté beurre).
Puis, il va jouer dans sa salle de jeu (sous une injonction claire et précise "va jouer un peu dans la salle de jeu avec ton frangin pendant qu'on boit un café cinq minutes tranquille" - on peut rêver).
Et là, il sort un jeu. Les Kapla par exemple. Ah, les Kapla. Cher le Kapla, cher mais efficace et facile à ramasser lorsqu'il est éparpillé partout dans une pièce.

ndlr: le Kapla est un excellent investissement car il plaît énormément aux nains. Et aux Mâles. Qui passent des heures à construire de mirifiques bateaux/maisons/tours (en regardant bien le modèle et en se félicitant d'avoir attendu d'avoir trente ans parce que, quand même, on réussit bien mieux les constructions Kapla à trente ans). Mirifiques constructions détruites en huit secondes par les nains hystériques. Mais avant, Maman a pris en photo son Mâle tout fier, évidemment.
Le Mâle tenait à ce que je partage son travail d'orfèvre (sans commentaire...)



Bref, le nain sort ses Kapla. Non, déjà, le nain cherche ses Kapla:
- Maman???
- OUI? (énervée mais on était censé boire un café tranquille cinq minutes - on peut rêver).
- Y sont où mes trucs en bois là? (vérifier ses compétences langagières assez rapidement)
- de quoi?
- Mais siiii, tu sais, les trucs pour faire des maisons et tout ça...
- Han? Les Kapla?
- Ouééééééé!
- Bin, je sais pas moi, dans la caisse à Kapla (que si j'étais wondermaman j'aurais pris en photo un Kapla, j'aurais plasifié la photo et je l'aurais collée sur un bac pour que tu saches bien que le bac à Kapla contient des Kapla).
- Ah oui.

Et là, le nain déverse sa caisse à Kapla sur le sol. Et empile huit kaplas. Puis, chouine.
- Mamaaaaan??
- Mais QUOI encore??
- J'arrive pas.
- T'arrives-pas-à-quoi-t'-as-même-pas-essayé? (phrase toute faite du même type que tu-vas-te-laver-les-dents-faire-pipi-et-au-lit).
- Une maison.
- Bin si, c'est bien (mytho). Elle est belle ta maison.
- Mais non c'est nul. Viens toi.
-
Ah non, moi je ne sais pas faire des maisons, essaye un peu tout seul chaton, je suis certaine qu'elle va être très chouette ta maison puisque ça sera TA maison et pas celle de maman (encourager le nain)
- Non mais ma maison elle est toute petite et même que je ne me souviens plus du tout comment il faut faire.
- Essaye je te dis le naiiiiin... (tu es entrain de POURRIR ton évaluation ma poule là!)
- Non c'est nul.

Abandon des cent Kapla au sol.
Le nain préfère jouer avec son avion playmobil. Trois minutes. Avant de se rendre compte qu'un des trains d'aterrissage est sorti de son encoche et qu'il faut ab-so-lu-ment que Maman l'aide à le réparer-s'il-te-plaît-maman-chérie.

 Compétence non acquise. Le nain a beau être mignon, tout ça, il est in-ca-pable de jouer tout seul plus de cinq minutes. Oui, je sais, ça va en s'améliorant. Mais quand Grand Nain valide cette compétence, Petit Nain, LUI, prend le relai et se met à chouiner avec sa tête de Chat Potté.
Le goût de l'effort, n'en parlons même pas, lorsque le nain doit marcher plus de trois minutes, il se met à geindre, à marcher PILE devant moi à l'envers, ses petits bras potelés tendus vers moi avec des "Po'té maman!". Pour le goût de l'effort, on repassera également.


Cela dit, si tu n'as pas le temps d'évaluer des compétences aussi complexes (car, oui, cela prend du temps), rien ne t'empêche de fonctionner avec des objectifs plus simples qui s'insèrent de manière quotidienne dans la vie du nain.
Par exemple :

* le nain est capable d'utiliser des repères dans la journée, la semaine et l'année:
 Situation d'évaluation:

Le nain est fiant, il faut l'admettre. Il passe l'année à te demander : 
- quand c'est Halloween? ou sa variante c'est quand qu'on fait la citrouille et qu'on se déguise en monstres pour avoir des bonbons?
- quand c'est Carnaval? ou sa variante c'est quand qu'on se déguise en Spiderman (ou en princesse) et qu'on mange des bonbons?
- quand c'est PAPA NOYEL? (pour le moment, reste indétrônable le bougre)
- quand c'est mon naniversaire? ou sa variante c'est quand qu'on invite mes copains pour manger des bonbons?
C'est quand Noyel maman? Bientôt le nain, bientôt....
Bref, le nain voudrait que son année soit jalonnée de fêtes prestigieuses et riches en sucreries de manière moins sporadique que cela ne l'est actuellement. Il ne comprend donc absolument pas POURQUOI Noyel ne se passe qu'une fois par an. Si c'est si bien que ça, effectivement, pourquoi on ne le ferait pas plus souvent?? (pas con le nain, pas con).


A toi de lui expliquer que "non, ce n'est pas demain Noyel. Non pas le jour d'après demain. Il reste encore plein plein plein de dodos".
Pas facile et la compétence temporelle est loin d'être acquise.

Au delà de ces évènements festifs (sponsorisés par l'inter-profession dentaire), le nain a du mal à se situer dans le temps:

Sortie de l'école - 11h45. Petit Nain arrive (en courant, son sac de goûter Petit Ours Brun dans le dos, si je n'étais pas sa mère, je le trouverais attendrissant):

-Maman?
- Oui le nain?
- On va goûter aux jeux?
- Bin non c'est midi on va manger.
- Et après c'est la nuit?
- Bin non après toi tu vas à la sieste à l'école et après on va goûter aux jeux..

Grand Nain arrive.
- Maman?
- Oui Grand Nain?
- On va goûter aux jeux?
- A ton avis?
- Oui, il fait beau...
- Non mais on est quand là le nain?
- Bin l'heure de goûter aux jeux...

Et cette scène a lieu TOUS les midis depuis la rentrée. Et tous les soirs également mais là, pour le coup, on va vraiment goûter aux jeux. 
Le nain a du mal à cerner le déroulement d'une journée. Il te dit "bonne nuit" quand tu le couches à la sieste et "bonne sieste maman" quand tu le couches pour la nuit.

Il te demande si "c'est aujourd'hui qu'on va chez mamie?" alors tu réponds "non, c'est demain". Phrase à laquelle il répond "et c'est aujourd'hui demain?".
Gné?

Le nain mettra du temps. Laissons l'école et ses rituels du matin faire son boulot parce que, personnellement, ça me rend DINGUE d'expliquer au nain que NON, Papa Noyel ne passera pas demain mais dans plein plein de dodos.
Compétence en voie d'acquisition. Oui, parce qu'il fait quand même des efforts. Il ne me demande plus tous les matins si c'est le jour de Papa Noyel. Il faut donc récompenser cette évolution positive.


* Le nain est capable de comparer des quantités
A table.
- Les naiiiiiins, à taaaaaaable (trentième appel puisque les nains décident toujours de jouer très tranquillement sans se taper sur la tronche PILE quand il ne faut pas : au moment des repas ou du coucher).
- On arriiiiiiiive.
- On se dépêche là, ça va être froid.
- On mange quoi?
- Du goûte-zi et du mangezan (huhuhuhu)
- QUOI? Je comprends rien maman.
- Normal le nain, tu n'as pas d'humour (dit en apparté). 
On mange du cacaboudin.
- Ahahahahahaha. CACABOUDIN!!! 

Oui, c'est assez drôle, je sais. Mais ça a cet inconvénient d'exciter le nain qui commence à rire bêtement et à se tenir mal à table. A éviter donc.

- A votre avis, on mange quoi?
- Des-frites-et-des-nuggets (oui, c'est un plat à lui tout seul)
- Heu non.
- Des pâtes?
- Bin non plus.
- Ah alors c'est pas bon.
- Si c'est bon. J'ai fait des haricots verts et des pommes noisettes avec du steak mâché (rapport à l'état du steak après passage sous la fourchette du nain qui chipote).
- BEURK-des-haricots...
- Ecoute le nain, t'as quel âge?
- 4 ans.
- Et bin t'en manges 4 et puis c'est tout.

C'est le moment où Petit Nain se félicite d'avoir deux ans.

- Hé Maman?
- Quoi le nain?
- T'en as mis cinq.
- Hého ça va...
- Et les pommes noisettes tu peux y aller par contre maman, je compte pas.

L'assiette du Mâle...pas de bol.


Compétence acquise: oui, oui, quand il s'agit de bouffe, le nain sait très bien compter.
Quand il s'agit de minutes de télévision, il rencontre quelques difficultés mathématiques. On peut comprendre.

* Le nain est capable d'utiliser le dessin comme moyen d'expression et de représentation

- Regard' maman
- Quoi le nain?
- Mon dessin que j'ai fait pour toi...
- Oooooh, c'est beau, ce sont des fleurs? Elles sont beeeeeelle mon coeur (mon nain est un sensible, je suis joie)
- Bin non. Tu rigoles ou quoi?
- Heu, bin on dirait des fleurs un peu le nain (
marche arrière toute) mais retourne bien ta feuille que je vois mieux. 
- Rhô quand même maman, voilà regarde.
- Ah bin oui, t'as raison. Tout de suite on voit mieux tes,.......tes...
- Bin les radars
- Oui, c'est ça, les radars
- Ils ont plusieurs lumières tu vois, et aussi ils font un peu de fumée 
- Oui, je croyais que c'était des pétales en fait
- Non, bien sur que non. Ils vont calculer la vitesse des voitures là, tu les vois?
- Oui, oui, les voitures, celle là par exemple?
- Non, ça c'est Soso qui m'a piqué ma feuille et qui m'a fait un escargot gribouillé. La voiture elle est là.
- Ah bin oui, on reconnait bien le volant
- NON, ça c'est le monstre-ogre qui conduit. T'es quand même pas très forte en dessin toi maman.

Gloups.
Que dire?
Compétence acquise non? Il dessine ce qu'il veut, de toute façon, je suis une buse alors, je n'ai absolument rien à lui apprendre sur ce sujet à part qu'il faut accepter de ne pas exceller partout.

Pour terminer, si tu n'es pas à l'aise avec ce langage estampillé Education Nationale (feignasse et mots compliqués avec sigles à la con), tu peux tout à fait inventer TES propres compétences avec tes objectifs. Si, si, tu as le droit, tu es le propriétaire du nain après tout, il n'y a pas de raison!

Un exemple?
 * Le nain est capable de ranger son bordel:

Dans notre nouvelle maison (appartement devrais-je dire), nous avons trois chambres.
Une pour nous.
Une pour les nains.
Une pour les jouets.
Cette dernière pièce, plus communément appelée chez les autres gens normaux "salle de jeux" pourrait, chez nous, porter le doux nom de "sauras-tu-où-poser-le-gros-orteil?" ou encore "tiens-il-manque-un-rail-pour-finir-le-circuit-il-doit-être-sous-la-tonne-de-peluches-du-bac-n°33".

Bref, la salle de jeux des nains c'est juste improbable comme lieu. Un peu comme si on avait placé l'intégralité d'un Joué Club dans une pièce et qu'on avait secoué très très fort. 
Les nains jouent, balancent leurs jeux, décident de faire de la pâte à modeler, des tampons encreurs, et puis finalement un peu de tracto-pelle ou bien de camion poubelle (rempli au préalable de feuilles mortes de la cour).
Les nains découpent (déjà...voir compétence sur le repérage temporel) des catalogues de jouets (comme s'ils en manquaient) et laissent les tout-petits bouts de papier tomber lamentablement sur le sol. Ces petits bouts qu'on ne peut ramasser qu'en s'humectant le bout du doigt....

La salle de jeux, dès fois (genre quand on a Wondermaman qui vient dîner), je tente de la ranger. 
Je prépare les nains: 
- Allez les mec, on va faire les femmes de ménage (oui, bon, je sais, c'est pathétique mais il faut trouver des trucs hein...ne me lynchez pas).
- Mouais bof maman.

Ok, c'est nul mais j'entonne alors une petite chanson sur l'air d'un dessin animé débile (genre Oui Oui) dont les paroles tournent toutes subrepticement autour du rangement et de la propreté.
Du genre 
"Oui vas y le Nain, avec ton beau balaiiiiii (bip bip bip), oui vas y le Nain, faut touuuuut ramasseeeeeeeer (bip bip bip)".

Minable hein?

Les nains ramassent un truc ou deux. Puis retrouvent un jouet sympa derrière un meuble.
Et je me retrouve comme une quiche à fredonner Oui Oui pendant la demie-heure qui suit, courbée en deux, à balancer des jouets dans des caisses.

La salle de jeux est nette (enfin tout est planqué).
Pendant un bon quart d'heure au moins (le temps du retard de Wondermaman).
Allez, on me range ces baballes les nains!!! On pourrait même les trier par couleurs non??


Compétence non acquise.
"Mais c'est parce que tu fais tout à leur place". Dirait Tatie Relou.

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Je vous laisse me suggérer de bonnes idées de compétences à évaluer histoire de vérifier que mes nains sont aussi boulets que les vôtres....
 

31 oct. 2011

Initiatives Création - Le nain et ses copains d'école


Bon, cette année, je suis en disponibilité pour élever mes nains et écrire un livre, mais sinon, tu le sais, je ne suis rien qu’une feignasse de prof des écoles.
Et tu dois le savoir, bien souvent, les maîcresses et les directeurs/directrices d’écoles ont besoin d’argent pour subventionner des projets pédagogiques, voire des voyages pédagogiques (à la ferme du Gentil Hibou, histoire que les nains produisent eux même leur fromage par exemple).
Bref, plutôt que d’envoyer les nains vendre d’immondes crêpes faites en classe (et donc peu hygiéniques), souvent, les écoles dans lesquelles j’ai travaillé, proposaient aux parents d’acheter des trucs un peu plus chouettes et carrément plus utiles. Dans ce genre là :
Ces produits ne sont, bien évidemment pas fabriqués par les nains (bien sur que non – quand tu vois comment ils peinent à enfiler leurs chaussures) mais par une entreprise du nom d'InitiativesCréation
En fait, les enseignants (ou l’assoc de gentils parents d’élèves dévoués pour passer quelques soirées en réunion d’école) commandent un kit gratuit à la boîte qui leur envoie :
-          des stylos feutres pour toute la classe
-          des carnets de feuilles de dessins (format A6)
-          des documents de réservation à l’attention des parents pour présenter l’opération aux parents et leur permettre de réserver leurs articles
Ensuite, les gentils prof font dessiner les nains (opération ardue). Ils ont le choix hein : bonhomme, soleil, autoportrait (gloups), doudou, … Bref, une création o-ri-gi-nale (c’est le cas de le dire).
Une fois que l’œuvre d’art des nains est achevée, chaque dessin est envoyé à Initiatives-création qui va les imprimer sur le support choisi (sacs cabas, torchons, tabliers de cuisine, sets de table…)

Les commandes se font à l’avance (pas de risques pour l’école de se retrouver avec un lot de torchons sur les bras) et les gens reçoivent leur commande (et sont ravis) tandis que l’école peut contribuer à ses projets. Evidemment, l’école les revend un peu plus cher que le prix d’achat (bénéfice, gniark, gniark) et s’il y a des invendus, Initiative Création les reprend (à hauteur de 20%).

Et on a ainsi évité la mauvaise tombola dont le premier lot est un panier gourmand avec jambon de pays et pain d’épices.
Si je relaie ici ce site (alors que tu n’es pas forcément prof ami lecteur), c’est que le site propose un jeu concours assez sympa pour les nains (et leur école).
Le principe est simple : le nain et ses amis dessinent sur un ordinateur (un joli dessin sur Paint, ça peut le faire non ?) et tout le monde vote…papi, mamie, tonton Bourré, tatie Relou, etc…
La classe qui gagne remportera un vidéo projecteur ou un ordinateur. Et ça, foi de maîcresse, c'est carrément de la balle...
Bon, d’accord, on est loin des petites choses peintes à la main par le nain…mais sincèrement, un joli photophore comme ça, c’est quand même carrément plus chouette non ??




Article sponsorisé
Vidéo virale par ebuzzing

28 oct. 2011

Le nain vous dit MERCI

Merci d'avoir cliqué, merci d'avoir été là, merci pour vos petits messages, pour les commentaires laissés aux mamans courageuses qui ont écrit là pendant mon absence.
Merci merci, je ne sais pas comment le dire autrement.

Merci donc, plus le temps passe et plus je trouve que ce blog rassemble une paire de gens chouettes...

Et quoi de plus chouette pour vous remercier qu'un petit artikeul....dès demain, promis.

Là, j'ai nains. Des petits nains ravis de retrouver leurs parents (et surtout les cadals Praguois) et des parents ravis de retrouver leurs nains.

Que c'est bon de les laisser, que c'est bon de les retrouver...

A demain donc.
Je vous ai dit Merci???


Oui, j'ai un joli bonnet aussi...

Être une maman solo par Nina

Dernier texte de maman pour cette semaine. Je rentre tout à l'heure et en m'attendant, je vous laisse avec le témoignage de Nina, maman solo...

"
Maman solo


Mais comment se retrouve t'on maman solo ? Bonne question, mais j'ai envie de dire peu importe ! Le résultat est le même ! On est seules et on en chie ! (et pas qu'un peu)

Bref pour la petite histoire, j'ai toujours voulu être maman, oui ma is étant fille d'une maman solo,je voulais être une maman avec un papa ! J'étais depuis peu avec le papa, avec la folie des débuts accident de préservatifs et bâm ! un polichinel dans le tiroir. Après discutions avec le papa il avait l'air prêt, donc on est partis pour une grande aventure ! La grossesse se passe bien avec une belle naine (RGO mais belle quand même) à la clé. Les trois premiers mois sont un calvaire pour moi, elle ne dort pas, elle hurle,j'ai à peine le temps de me laver ou de manger...

Le papa bossait et pour lui ben ce n'était pas normal que je laisse la maison en friche et que je ne prenne plus soin de moi (Ah ben oui je devais laisser le bébé pleurer/hurler pour me faire belle,laver la maison et lui faire des bons petits plats). Un jour ça n'allait plus j'ai pris mes cliques et mes claques et me voilà partie dans l'aventure des mamans solo !
Mais je ne savais pas du tout à quoi m'attendre ! La moindre démarche est devenue pénible à faire, la moindre chose à faire on le fait avec un boulet avec nous (oui oui un boulet, cherche pas quand on est maman solo y'a un le cordon ombilicale qui se reforme).

Pour commencer il a fallu trouver un appart (en région parisienne s'il vous plait) mais avec un seul salaire j'ai droit à un studio de 25m² pas plus (tu me diras vu le temps que j'ai, ça me limite le ménage) . Le boulot  ça je l'avais déjà, la nounou aussi !

Ensuite la vie au quotidien tout simplement, je n'ai personne pour m'aider donc je me lève avec naine je sors avec naine, je fais les courses avec naine,je mange avec naine je regarde la télé avec naine (heureusement qu'elle est encore trop petite pour me réclamer les dessins animés) j'ai deux heures de répit le soir du moment où elle se couche et là où moi je vais me coucher. C'est pesant de ne pas pouvoir faire deux pas toute seule !

Les fins de mois : Ah! les fins de mois ! Ben oui c'est la déche quoi, je n'ai pas un trop mauvais salaire mais une fois le loyer payé, la nounou, les factures le lait,les couches, des vêtements à renouveller souvent car naine grandit vite, très vite! Alors quand la machine à laver tombe en panne, ou la voiture.... là tu te dit ce n'est pas encore maintenant que je vais pouvoir me racheter un futal ou aller chez le coiffeur, alors tu serres le cœur et tu te dit c'est pour le bonheur de ta fille et puis y'en a qui n'arrivent même pas à manger correctement des le début du mois !

Le regard des gens : Je ne pensais pas qu'en 2011 les gens puissent encore avoir une mauvaise opinion de vous rien qu'en sachant que vous êtes une maman solo, et pourtant je n'ai jamais rien demandé à personne,je ne touche aucune aide,j'assume ma fille seule ! Je me sens obligée de toujours veiller à ce que ma fille soit toujours bien habillée sans la moindre petite tâche sinon j'ai droit aux remarques du genre « on comprend vous êtes toute seule pour vous en occuper » des remarques parfois qui me blessent, car je n'aime pas attirer la pitié.

Donc voilà je comprends maintenant pourquoi ma mère ne faisait « pas d'effort » pour s'habiller,pourquoi elle n'allait jamais chez le coiffeur c'était pour moi « son bébé » qui est devenu parent à son tour qui doit faire des sacrifices pour que son boulet de naine ne manque de rien, parce que c'est un boulet certes mais le moindre progrès, le moindre câlin nous procure toute la fierté et l'amour qui nous font dire voilà c'est pour ça que tous mes efforts en valent la peine."

27 oct. 2011

Petite fugue...par Gaïa

Un petit moment de fugue...que Gaïa partage avec vous en ce jeudi. Je dois certainement être en train de chercher d'adôrables jouets en bois pour les nains....

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Jeune maman (41 ans, c'est jeune, non ? ) d'une minette de 4 ans, et dans l'attente de l'arrivée imminente de demoiselle n°2, j'ai toujours aimé écrire.
Alors quand ma médiathèque a organisé un festival invitant ses adhérants à pondre un texte (poème, nouvelle, conte...), l'encre de mon stylo
n'a fait qu'un tour. Une grande envie de participer (encouragée par l'Homme, qui me pousse à écrire depuis des années - la meilleure des thérapies pour moi selon lui), mais aucune idée.
La page blanche. J'ai réfléchi pendant des jours. Rien.
Et c'est grace à ma fille que j'ai soudain eu " L'Idée ". Après une journée pourrie où elle avait été over chiante (genre tu te demandes pourquoi
tu as fait un enfant), l'inspiration m'est tombée dessus.
Une idée délicieusement immorale, savoureusement cruelle, merveilleusement défoulante.
Je vous fais partager ce texte en avant-première, après l'avoir fait lire à l'Homme, qui n'a pu s'empêcher de se demander pourquoi je l'avais
tanné pendant des années pour avoir des enfants (je lui ai dit que je m'étais inspirée d'un fait divers, et c'est en partie vrai).
Je les ai voulues mes filles, désespérement, et je les Aime.
Mais punaise, qu'est-ce que ça fait du bien de lâcher tout le négatif qu'on accumule malgré tout !
Merci à ma fille (qui m'inspirera encore j'en suis sûre), à ma deuxième (qui a accepté de me choisir comme maman), et à mon Homme. Pour
tout.
Allez, je vous laisse lire (en espérant échapper à la DDASS lors de la lecture publique. En même temps, j'ai envoyé ma participation sous un
joli pseudo. Gnarff.)
 FUGUE
C'est elle qui en avait eu l'idée en lisant pour la troisième fois de la soirée "Le petit Poucet" aux enfants.
Etonnement, l'homme n'avait semblé ni surpris, ni choqué. Comme si cela avait pris naissance dans sa tête à lui aussi, depuis longtemps. Comme un ver tapi au coeur d'une pomme, invisible, et qui par de tortueux chemins finit par remonter à la surface.
L'idée ne leur sembla ni choquante, ni immorale. Non, juste éclatante de logique. Une question de survie. Un ultime geste désespéré pour retrouver leurs vies.
Ils avaient rassemblé quelques affaires, installé les enfants dans la voiture avec leurs doudous. Eux si remuants la journée semblaient maintenant impossibles à réveiller. Presque attendrissants. Mais même cette vision idyllique n'éveilla rien chez le couple. Ils savaient trop bien que sous cette apparente innocence se cachaient des êtres machiavéliques, sans pitié, guettant la moindre faiblesse, le plus petit grain de fatigue ou de doute pour attaquer et dévaster objets et personnes.
Ils roulèrent longtemps. Seul le ronronnement du moteur troublait le calme de la nuit.Ils n'échangeaient pas un mot, concentrés sur leur destination. Des phares les éclairaient parfois quelques instants avant de disparaître derrière eux. Vers le passé. Eux roulaient vers l'avenir.
L'homme bifurqua à l'entrée d'une zone commerciale, et s'arrêta devant un magasin de jouets. Les portières s'ouvrirent. Soulevant avec précaution les petits corps endormis, ils les déposèrent à l'intérieur d'une maisonnette en plastique jouxtant les portes d'entrée.
Puis, main dans la main, aggripés l'un à l'autre comme des naufragés qui chancellent en retrouvant la terre ferme, ils rejoignirent la voiture.
Au petit matin, roulant vers une aube nouvelle, à nouveau seuls au monde, ils échangèrent un sourire. Ils se sentaient à nouveau libres, vivants, amoureux. Envahie par un sentiment de paix intense, la femme s'assoupit un instant.
Une main sur son épaule la secoua doucement. Elle ouvrit les yeux dans la pénombre d'une chambre d'enfants. La veilleuse s'était éteinte. Une demi-seconde de flottement où se mélangèrent l'horreur, l'espoir,  et le soulagement. Les enfants dormaient paisiblement. L'homme lui souriait. Elle poussa un léger soupir, le regarda. Et dans ses yeux elle retrouva le sens de tout cela, la force de fermer le livre abandonné sur ses genoux, et de se lever pour le rejoindre.
La porte de la chambre se referma sur le silence.
Jusqu'à demain.
Gaïa C.R."

26 oct. 2011

Quand une ouvrière tombe enceinte...par Alex

Troisième jour (j'ai certainement voulu faire la grasse mat' mais je me suis réveillée, par habitude, à 7h03...). Voilà le témoignage d'Alex, peintre en bâtiment et .... enceinte...

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quand l’ouvière en bâtiment tombe enceinte !!! 

Marie étant atteinte de flemagite aïgue, a proposé comme ça en passant qu’on lui écrive un pti billet.
Je prend donc ma plume pour vous faire part de mon témoignage de future maman qu’on relègue au rang de femme au foyer à peine l’oeuf fécondé.

épilogue:

Voilà un matin en me levant m’est venu l’idée de changer de profession, j’étais animatrice avec les nains mais ne gagnant pas assez ma vie, j’ai décidé de me lancer dans la peinture.
De là les interrogations, artiste peintre ?? non non peintre en bâtiment, le pantalon sale, les cheveux secs, et les mains cornées (ouin toi demoiselle, ouin toi) 

J’avais 26 ans et demi (sisi ça compte), je m’étais attendu à tout, les rudes journées, les esprits macho, les courbatures ... les côtés negatifs je les avais tous enfin presque !!

Après l’alternance, me voilà dans une super entreprise familiale, avec un super patron, des collegues sympathiques, et bientôt 29 ans. 

L’histoire commence:

Une vie sentimentale assez tumultueuse, je trouve enfin l’Homme, le vrai, celui avec qui j’ai envie de m’installer, de faire des n’enfants, bah oui ne l’oublies pas j’ai 31ans à ce moment là, tic tac petite horloge. 

Au moment de nous lancer dans la procréation, fini de s’entrainer on va mettre un peu en pratique les cours de 4ème, j’ai rendez-vous avec mon cher médecin du travail pour ma visite annuelle, et me vient tout de même l’idée de lui parler de la condition de femme enceinte sur un chantier, car c’est quand même mon quotidien, réponse du doc: “oooohlala mademoiselle, c’est bien la 1ere fois que ca m’arrive dans ma carrière ça “ huuuuuuum et donc monsieur le docteur ?? “et bien, enceinte les chantiers sont interdits, pas de port de charges, pas de travail en hauteur, pas de solvants de peinture” (j’aurais dû prendre une photo de mon expression de visage à ce moment là je vous jure !!!) 

Donc j’ose la conversation avec mon patron (rappelez vous il est sympa), qui me répond que pas de soucis y’aura bien des choses à me faire faire. Me voilà donc rassurée. 

Hop la, on met tout ça en route, en se disant que ça va bien prendre quelques mois avant que je tombe enceinte, le sterilet est enlevé, nous sommes le 5 mars 2010.
Bizarement le pti oeuf s’est accroché le 13 mars, oui oui 2010 !!!!!! On attend tout de meme la prise de sang le 29 mars, je l’annonce à mon patron le 30, l’homme ne voulait rien risquer ne serait-ce qu’un jour de plus au milieu des solvants et des dangers d’un chantier, et la réponse de mon patron m’ai laissé ... comment dire ... sur le cululu: “aaahooooh baaaaaah félicitations quand même, et on fait quoi maintenant???!!!!!”
Je lui répond donc qu’il va falloir me trouver des choses à faire hors chantier, “et bien non mademoiselle, ça n’est pas possible j’ai dejà une secrétaire” 
Vous imaginez bien que les hormones étaient dejà bien présentes !!! Je suis rentrée à la maison achevée, avec une seule solution : me mettre en arrêt maladie toute ma grossesse! 

De là, le combat (contre des moulins a vent) a commencé.

1) prise de contact avec le medecin du travail, qui s’est trouvé bien désemparé face à la situation puisque c’était sa 1ere fois à lui aussi! 

2) prise de contact avec la sécu (non ne riez pas) 3 interlocuteurs, 3 réponses complétement différentes (je ne l’avais pas vu arriver celle là!) 

3) prise de contact avec la HALDE, l’inspection du travail, le ministère du travail, pour finir à écrire au Président de la République, une sympathique réponse m’est parvenue de son cabinet me disant qu’il transmettait aux services appropriés , vous imaginez bien que j’attend toujours !!

Le résultat fut le même partout, j’étais bloquée à la maison en arrêt de travail sans être “malade”, avec pour réponse principale “on ne sait pas”, “votre patron doit vous reclasser”... Mais qu’est-ce que je fais moi si il ne peut pas !!!???

Je vous passe les passages chez l’assistante sociale car on ne me payait pas mes arrêts maladie, je vous laisse imaginer la mouise et les montées hormonales.

La réponse est tombée de l’assistante sociale de la pro BTP (non je ne fais pas de pub, dans le bâtiment on est obligé!), qui me dit que l’arrêt c’est mieux financièrement parlant, car payée 50% par la sécu, et une partie par la prévoyance, que mon patron a eu l’ingénieuse idée de prendre, merci pour moi ! Résultat 7 mois a 75% de mon salaire, puis congés maternité au moment voulu par notre chère sécu. Sinon il existe dans les cas spéciaux comme ça de non reclassement une indemnité versée par la sécu mais moins interessante quand on prépare l’arrivée d’un bébé (qui coûte un bras). Sachant que dans le BTP on perd toutes ses primes mensuelles tel que panier, déplacement... (environ 200€ en plus).

Donc à savoir, ils n’arretent pas de promouvoir la féminité dans le bâtiment, que ce sont aussi des métiers accessibles, ce qui est vrai, mais ils ont oublié que les femmes peuvent aussi être mère parfois, ou il faut l’être avant de choisir.

Maintenant, je vous entend vous posez la question, “mais qu’a-t-elle fait pendant 7 mois??”, les 2 derniers mois je ne les compte pas, j’étais sur mon canapé échouée, telle une baleine sur le sable!


Dejà j’ai passé les 2 premiers au téléphone, chez l’AS, à la sécu, chez le médecin (merci d’avoir gruger la sécu), sur les forums histoire de trouver un vil témoignage de quelqu’un dans mon cas, j’en ai trouvé un d’ailleurs, qui a fini par rester en arrêt comme moi à se morphondre de ses indemnités pitoyables.


Les 2 mois suivants à pleurer, mon homme me retrouvait tous les soirs en larmes tellement je m’ennuyais, j’ai tenté le crochet (mouahahahahaha), toutes les amies au boulot forcement elles avaient un métier. Je me suis alors fait beaucoup d’amies virtuelles (ou plus) avec qui on s’est soutenu et avec qui on se soutien toujours merci les filles ;)
Mon homme a fini par m’acheter une guitare, euuuuuuuh passé les 5 mois ça mériterait un pti dessin d’illustration!

Et les mois suivants à me faire une raison (et les comptes), et à préparer l’arrivée de mon pti ange.

C’est dans ces périodes là que j’ai connu marie et les histoires de ses nains, qui m’ont fait passé des heures à furter sur son blog et à faire pipi de rire, merci petite vessie de femme enceinte.
Alors je te remercie de me laisser écrire vers chez toi, car tu as eu un impact énorme sur mes 5 derniers mois de grossesse, entre rires (beaucoup) et larmes (parfois). L’homme aussi te remercie car il me retrouvait morte de rire, ça l’a changé des crises de larmes où il se demandait si je regrettait cet enfant.

Mais non rien de rien, je ne regrette rien (tiens ça me dit quelque chose), mon fils est la plus belle chose qui me soit arrivée, et si c’était à refaire...huuuuum  je choisirais peut être une grosse boite où y’a des postes en bureau pour un 2eme lol."

25 oct. 2011

Être une maman handicapée, par Madeleine

Deuxième jour, deuxième maman. Ce témoignage, il y a longtemps que Madeleine me l'a envoyé mais, évidemment, la liste étant longue et mon temps-bloggesque étant trop court (cause nains), je ne peux le publier que maintenant.
Voilà donc le témoignage d'une maman très chouette, Madeleine...

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En cette période de vacances d'été il ne fait pas bon avoir cette ..loperie de handicap. Pas moyen de prendre la voiture pendant 8 heures ou même deux heures dans un train et de gouter aux fameuses joies du nain qui geint, gerbouille, pipite, cacate et autres réjouissances. Je bave devant les vacances des autres.

Je n'aime pas trop cette période depuis mon accident il y a 5 ans.
Pour que la suite soit un peu compréhensible, il faut que je précise que je me suis fracturé la colonne vertébrale en plusieurs endroits.  Après avoir porté des plâtres successifs pendant plusieurs mois (comme dans le film Frida Kahlo, tout pareil), j'ai écopé de douleurs chroniques invalidantes (et surtout angoissantes). Outre toute forme d'activité physique sauf la marche pendant pas trop longtemps,  je ne peux juste pas rester assise très longtemps, ni debout très longtemps !! Mais je peux marcher ce qui fait de moi un cas un peu spécial. Je ne suis pas en fauteuil.

Bref, il y a 19 mois, en toute inconscience et je donnais naissance à une petite fille, en fait une tornade, et commençait une drôle de vie de maman un peu à part.

L'accouchement, d'abord. C'est déjà toute une histoire quand on a des soucis de santé qui n'ont rien à voir. C'est un peu mon coup  de gueule. Il y a en fait très peu de prise en compte du handicap dans les maternités. Moi je m'étais préparé comme une bête, maternité au top, obstétricien bassiné à chaque rdv par mes précautions, explications aux sages femmes, tout ça pour préserver mon dos, et ça a été la cata ! Depuis, mes soucis se sont amplifiés.

Attention, voilà tout de suite les « meilleurs » côtés. Comme beaucoup de mamans j'imagine, mais peut-être en plus fort, j'avais la conscience aigue et je l'ai toujours (au point que ça me réveille la nuit) du miracle qui venait d'avoir lieu. Mon corps abimé a été assez fort pout donner la vie. Je regarde mon miracle-tornade-naine avec le même étonnement tous les jours. J'ai déjà lu sur des forums que certains bébés de mamans handicapés étaient très doux et calmes comme s'ils comprenaient les difficultés de leurs parents. Chez nous, il a dû y avoir un problème de communication, la ligne doit être grillée. Car je suis sollicitée en permanence par cette tornade, que je sois en pleine crise ou pas. Remarque qu’elle a quand même compris que c’est son père qui peut la porter puisqu’elle appelle « papa » toute personne amie qui accepte de la prendre dans les bras.

De retour à la maison, tout était un peu compliqué car je ne pouvais pas m'asseoir du tout ni porter ma fille. J'y ai tout de suite vu un avantage important : j'allaiterai uniquement allongée (bonjour les crevasses à force de me mettre tout le temps dans la même position mais bon !). Ca j'ai adoré. Faut dire que je suis pudique et donc à chaque visite, c'était « bah, faut que j'aille m'allonger pour l'allaiter, elle crève de faim, mais je te mets pas dehors non »...
J'ai d’ailleurs gardé et prolongé ces moments là : la tornade accepte de faire la même chose avec le biberon du matin (et parfois du soir) allongée à côté de moi, j'adore. J'ai d'ailleurs droit à un gentil « maman dodo » et le doigt de ma fille pointée vers le canapé pour me rappeler à l'ordre si j'avais  l'envie de m'asseoir...

Moins drôle, impossible de la porter durant plus de quelques minutes (je devrais dire seconde maintenant car la tornade grandit), donc pas d'écharpe, de porte bébé, de ballade collée collée, de petite pause au café. J'ai commencé à fantasmer à mort sur les t-shirt d'allaitement pour allaiter en toute discrétion au resto alors que de toute façon je suis ultra pudique, j'ai essayé de toutes mes forces de convaincre  mon mari de prendre des cours de portage et de porter la mini naine en écharpe (super design) mais, comment dire, c'est pas vraiment son genre. Lui son genre, c'est les trucs qui font mâle quoi. Donc dernière limite, le porte bébé.
En parlant de lui, je précise que je l'ai rencontré après mon accident. Un peu casanier le mâle accepte bien mon handicap et ne cherche pas à me trainer au 4 coins de la planète ou à me mettre sous le nez tout un tas de tentations. Merci pour ça aussi (et pour me supporter quand je répète 10 fois par jour que j'ai mal ou quand j'angoisse par ce que j'ai peur de pas arriver à aller à mon boulot, merci aussi de faire tout le temps les courses et les repas, entre autres).

Je me demande si c'est comme ça pour les autres mamans, mais mon handicap ne me fragilise pas que sur le plan physique, la confiance en prend un petit coup (déjà qu'elle était pas bien grande) : quand je me retrouve seule avec ma mini naine, ce qui  arrive quand même souvent, j'aimerais bien au moins être au top en matière d'éducation, d'affection, enfin tout ce qui n'est pas physique quoi…  Ben, ça marche pas, rapport au fait que je suis moi avec mes défauts et que ma tornade a toujours été pleureuse, et surexcitée. Donc beaucoup de moments de solitudes genre « une maman handicapée, c'était pas la meilleure chose à lui offrir » et beaucoup de fantasmes à nouveau  genre « on fera jamais de foot ensemble (ouaih, mais si j'avais pas eu cet accident j'en aurais peut être pas eu envie, si?) », « je pourrai pas aller voir ses spectacles de danse (bon là en général je chiale) », « je pourrai pas aller au resto le dimanche midi avec toute la famille avec la tornade qui fout tellement le bordel dans le resto qu'on le reconnaît plus » (c'est débile les fantasmes mais tenaces), « elle ira au ciné avec son papa parce que moi bah, c'est juste pas possible, heu, t'as envie toi de te trainer une naine qui hurle « là, là là » à chaque fois qu'elle voit un oiseau, une mouche, et surtout une enfant qu’elle appelle « bébé »  qu’il ait 3 ou 10 ans dans la salle de ciné ? ».....

En fait, c'est à la fois magique et frustrant et un bon coup de pied aux fesses aussi. Mon mari et ma fille me font prendre conscience que je dois me bouger. Je me lance de plus en plus de défis. Ce mois-ci je reconduis ! (5 ans sans conduire et j'ai été au boulot et chez ikéa toute seule, victoire!!). Depuis des mois déjà, je vais au parc avec la naine-tornade toute seule (c'est con, mais pour moi, c'est incroyable), j'essaie de dépasser le fait d'avoir mal, on a même été faire du manège, ça me fait tout bizarre !!


Magique et miraculeux chaque jour, à me faire pleurer pour un rien.
Frustrant et douloureux quelques fois comme ces fois où

- il a fallu (quand je pense que je vais devoir le refaire, brrr...) que je me débrouille pour l'emmener chez le médecin alors que je rentrais du travail (oui je travaille, avec tout un système perso de canapé qui me vaut régulièrement de la part de nouveau collègues, : « ah bah avec ton installation toi tu peux faire ta sieste !! » (oui, je peux faire la sieste c'et sûr mais en même temps moi je peux pas rester assise devant l'ordi plus d'une heure). Donc bon, bref, comme des millions de parents quand je rentre le soir (là les douleurs sont à leur apogée en général), je dois parfois emmener la petite que je ne suis pas censée porter et aller avec elle (sans elle ce serait pas pareil c'est sûr) chez la médecin (choisie à 30 min à pied, bravo). Là, pour moi je sais que c'est le calvaire, l'attente chez le médecin, j'ai tellement mal que je n'entends que la moitié des choses.
-Pire encore, le séjour en service pédiatrique (pour cause de rougeole malgré le vaccin) et annonce de quarantaine. Sauf que dans la chambre de ma naine pour passer 3 jours et deux nuits, bah il y a juste une chaise et un lit de bébé !! oups !! Au secours le mâââââleeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee ! Là c'est frustrant, la journée, j'alterne assis/debout et je laisse la surveillance au mâle qui, je le rappelle, peut porter la petite dans ses bras assis sur une chaise lui !! Mais le mâle restant un mâle, il a besoin de dormir la nuit. Pour moi, curieusement, depuis que naine/tornade est apparue sur cette terre, le terme « nuit » a pris un autre sens. Elle fait ses nuits de temps en temps. Moi par contre je ne les fais  plus du tout. Alors à l'hôpital (oui, j'oubliais, contrairement à ce que l'on peut penser ici, je suis pas forcément très fière de mon handicap, et j'en parle rarement autour de moi sauf si contrainte donc il me faut toujours 40 ans pour expliquer vite fait aux infirmières que je ne pourrai pas passer la nuit sur une chaise, souvent d'ailleurs parce que je vois bien qu'elles ne comprennent pas vraiment). Donc en pédiatrie, la nuit (je ne l’ai fait que deux fois), j'attends 22h, et je vais piquer, toutes les petits chaises que je peux trouver, en toute discrétion bien sûr, dans les chambres inoccupées (ou occupées après avoir demandé à un parent à moitié décédé-endormi) et je les aligne pour pouvoir m'allonger (pas dormir, hein, s'allonger seulement). Et ça va.

En fait le handicap, qu'on soit dans le milieu médical ou pas, c'est la grande débrouille, quoi.

Moments plus rigolos pour finir : la petite s'habitue à me voir allongée (je squatte tous les canapés que je rencontre et tous mon entourage doit lutter pour s'asseoir quelque part!!) et outre le « maman dodo », je vois bien qu'elle essaie de me piquer ma place sur le canapé et qu’elle m'imite quand je fais ma rééducation à la maison."

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