6 juin 2011

Pour Mieux Attendre - PMA et toi?

Il y a des sujets qui me touchent. Beaucoup. Parce qu'ils blessent, parce qu'ils me font mal.
Je n'ai jamais attendu. Jamais. Le grand est arrivé en trois mois, et les deux autres en quinze jours.
La vie est injuste quand il s'agit de ça, j'aurais volontiers pris des mois d'attente à mes amies qui souffrent. J'aurais voulu en prendre un peu, pour partager la peine.

Il y a quelques années, lorsque je promenais fièrement mon ventre rempli de celui qui allait devenir mon Grand Nain, je parlais beaucoup avec une collègue. Qui allait devenir une amie. 

Quand j'ai su qu'elle attendait un bébé j'étais très heureuse. Quand j'ai appris qu'elle l'attendait depuis presque cinq ans, j'ai eu mal. Mal pour elle de m'avoir vue. Mal pour moi de ne pas l'avoir compris avant.
Encore aujourd'hui, j'ai honte. J'ai honte de ne pouvoir rien faire, j'ai honte de ne jamais savoir quoi dire.
J'imagine à quel point ça doit être difficile. J'imagine mais je ne sais pas. 


Parfois, lorsque j'écris tous ces articles sur ma vie avec eux, je me dis que certaines doivent se sentir blessées. Parce que c'est facile de râler, c'est facile de dire à quel point nos nains sont des boulets. C'est facile de se plaindre, c'est facile d'en rire. 
Ce qui est difficile c'est de ne pas en avoir quand on en veut.  Ce qui est difficile c'est d'attendre, mois après mois, qu'un test soit positif. Ce qui est difficile c'est de ne vivre qu'avec ça, qu'en pensant à ça, tout en ne sachant pas quand.


J'aurais voulu écrire sur le sujet mais je n'en suis pas capable.
Alors j'ai demandé à une autre maman d'en parler. Parce que je sais qu'elle écrit bien. Parce que je sais qu'elle saura dire.
Cet article, je l'ai voulu pour vous, pour toutes celles qui attendent. Pour mes amies et celles que je ne connais pas. Pour vous dire que j'y pense. Souvent. Et que ça me fait mal. Parce que tout devrait être simple.
Je vous l'offre donc, parce que je ne peux rien offrir d'autre que ça.




"Toi là, qui te régales des histoires de nains en pensant "oh punaise! C'est dingue! Elle a installé une webcam chez moi ou quoi?"
Toi qui jubiles et te fends la poire en constatant que chez les autres, finalement, c'est comme chez toi : "nain dans la place, pagaille en masse"... Toi qui te sens l'amie de toutes les mamans du monde parce que tu SAIS qu'elles dorment pas plus que toi et que rien que pour ça, t'as envie de les serrer dans tes bras...

J'te propose un petit feed back... Vas-y! Saute dans la machine à remonter le temps et dégaine tes lunettes trois D... Ton nain a 5 ans, trois ans, 1 an... Ton nain est tout pitit... Ton nain est là, sur ton ventre... Attention, scène violente : ton nain retourne de là où il vient (pardon pour l'image!) : ton nain est dans ton bidon... Ton bidon devient de plus en plus plat (Yes! ;-)  Rêve l 'amie! Et efface aussi les vergetures et le nombril qui sort si tu veux, c'est cadeau!).
Maintenant t'es là, la larme à l'oeil, parce que tu viens tout juste de découvrir que tu vas être maman...

Et avant ? Ben oui avant ! T'inquiète pas... Je ne vais non plus te faire remonter à ta naissance, je vais même pas te demander de me parler de ton enfance (et te faire signer un chèque de trois milliards de dollars kleenex compris, "au revoir à la semaine prochaine"... )
Non! Je vais juste essayer de te parler de cette attente qui se situe juste avant cette découverte là...  Parce qu'avant de pleurer de bonheur, il y a aussi parfois d'autres larmes moins douces... Parce qu'avant d'être maman, il y aussi parfois des mois et des mois qui s'écoulent et deviennent des années... Parce qu'avant d'être maman, il y a parfois un combat... "Faites l'amour, pas la guerre"... OK... mais parfois ça ne suffit pas. PMA me voilà!

Voici donc une histoire de mamans parmi d'autres... ou plutôt d'un parcours de procréation médicalement assistée.
Avant que tu me suives dans les couloirs blafards de l'hôpital, j'vais quand même me présenter un p'tit peu, ça t'évitera de suivre une autre paire de fesses (pardon, chemise de nuit d'hôpital version très décolletée de l'arrière train).

Nous voilà donc 4 ans en arrière (promis, c'est la dernière fois que je te fais du flash back)...  Chouchou et Loulou, 23 et 25 ans, ont franchi un grand pas! Ayé ! Fin de la pilule !!!! Youhou !
Danse de l'impatience, du secret bien gardé, danse de la joie (et du golo golo aussi...) ...
Et puis les mois passent... Chaque fois, la déception devient plus grande... Et chaque fois, Chouchou se demande ce qu'elle foire puisqu'elle a l'impression qu'elle vit dans un monde où TOUTES les femmes sont enceintes... sauf elle.
Au bout de 6 mois, elle va même voir une gynéco qui l'envoie bouler sans ménagement... "Revenez si vous n'êtes pas enceinte dans un an et demi". "Un bébé vient quand il veut... Pas quand vous, vous le voulez." Soit... Elle pleurera alors souvent par la suite en se disant que peut-être bien que si aucun bébé ne veut venir, c'est parce qu'aucun bébé ne veut d'elle et loulou comme parents...

Mais ça, c'est en fin de cycle... En début de cycle, elle a plutôt déployé l'artillerie lourde !

Voici donc une série de trucs et astuces ridicules et totalement inefficaces testés pour toi  :

1) Les calculs précis et méthodiques... Les chiffres, les relevés de température, les probabilités calculées à partir des statistiques des mois précédents... Un truc bien carré à la limite de la comptabilité...
Résultat : nul... avec une baisse de motivation évidente sur tous les fronts!  La comptable finit par être virée... A ce rythme, c'est pas dit que Loulou finisse pas par loucher sur la secrétaire!

2) La méthode Coué! L'auto persuasion! L'hypnose dans un miroir... J'suis sûre que j'suis enceinte en fait... Parce que j'sens bien que... rien en fait! Juste que j'en ai très envie... Mais quand même, j'suis sûre que j'suis enceinte... même si le sang de la défaite a été versé, même s'il ne se passe rien de spécial (et justement d'ailleurs!) ... Bref...
Résultat : nul... avec un effet secondaire très sympa : le retard de règles de 3 semaines... et l'absence de sortie de dame ovule plusieurs semaines durant! Et toc! Vengeance!

3) "Le-j'y-pense-pas" issu directement de la méthode populaire très connue "t'y-penses-trop, c'est-pour-ça-que-ça-marche-pas, penses-y-pas-et-ça-viendra-tout-seul!"
Résultats : nul... avec effet pervers : "putain, merde, j'y ai pensé là... Merde!!! Merde! Merde!!! Ca m'a foiré l'truc du coup! Putain!!! Encore raté!" Une bonne lobotomie finalement et ça devrait le faire sans souci!

4) Les acrobaties de Monsieur Sutra, Kama de son prénom... Mais il est noté clairement dans le règlement des blogs que "les contenus illicites ou obscènes sont interdits"... Donc je respecte le règlement! Pas de détails! ;-)
Allez... Un quand même parce que celui là ne fait pas partie de la batterie de la dynastie Sutra!
Le poirier et ses déclinaisons multiples selon la fatigue du moment : la chandelle, le gros coussin (pour une meilleure circulation du sang dans les jambes bien sûr!)...
Résultats : nul... Mais une approche du mépris du ridicule intéressante et à méditer! 



5) Les privations et punitions des troupes paresseuses!
Quand on a connu le manque... On devrait être capable de se motiver davantage! L'agressivité devrait monter dans les rangs... La promiscuité devrait commencer à être pesante pour tous...
Résultats : nul... Visiblement, ça a simplement renforcé les liens entre les p'tits soldats qui sont devenus copains comme cochon... et ont refusé d'avancer, se cédant sans cesse la priorité. On est bien contents pour eux et on leur souhaite... de tous mourir dans d'affreuses souffrances!

6) La distribution gratuite de vitamines à tout le monde!
Puisque la solution précédente n'avait pas fonctionné... Zou! Au diable l'avarice! "On est potes, on s'aime, *peace and love*, tiens mon frère, prend ça, tu verras, ça va te faire du bien, tu vas te sentir un surhomme! "
Résultats : nul... Paraît que si, ça leur a donné des forces! Les parties de cartes entre p'tits soldats du flagelle ont duré jusqu'à des heures incroyables! Dame ovule en a fait une toute une histoire : elle pouvait même plus dormir tranquille!

Toutes ces stratégies époustouflantes ayant étonnamment échoué, chouchou et Loulou se retrouvent finalement de nouveau face à une gynéco. Cette fois-ci, entre deux kleenex, Chouchou récupère une ordonnance.... O joie, ô bonheur ! Que d'amusements en perspective !
Côté Loulou, il y a ... Le rdv d'amour magique avec des p'tits tubes à essai... Tu sais ? Le truc top glamour dont on rigole niaisement quand ça passe dans une série télé... Ben pareil... Mais en vrai! J'te laisse imaginer le côté glauque quand t'es en salle d'attente... et que tu sais que tous les hommes qui sont là et qui vont disparaître par cette petite porte sont là pour la même chose...
Et en plus, comme le tube à essai est jaloux de la relation que Chouchou entretient avec Loulou, il demande l'exclusivité. 3 à 5 jours avant...  pas question de batifoler ailleurs pour Loulou. Concentre toi sur les charmes (cachés) du p'tit tube. Chouette.

Côté Chouchou : hormis les courbes de température (classique ça Chouchou!), on veut vérifier quand même par écho que Dame ovule fait bien des apparitions régulières et que ses deux maisons (les ovaires quoi! T'as vu? Je te fais réviser tes cours de bio l'air de rien!) sont présentables.
Voilà donc Chouchou en rdv chez l'échographe... Elle rentre timidement dans une salle d'attente bondée... de gros bidons qui doivent se demander pourquoi elle est là avec son ventre tout plat, tout vide... Elle, elle sait plus où poser ses yeux pour pas chialer. Ca, ça doit être un signe de reconnaissance de la nana qui en bave pour faire un bébé... Cherche pas qui c'est : c'est celle qui a les yeux qui piquent dès qu'elle voit un gros bidon, qui sourit à ton bambin en pleine crise de nerfs... et qui bredouille une excuse bateau quand tu lui demandes "et toi? C'est pour quand?"
Chouchou attend donc nerveusement son tour. Elle a fini par plaquer son sac contre elle, histoire d'éviter les regards interrogateurs et contemple le sol avec attention.

L'échographe l'appelle sans la regarder et raccompagne sa patiente précédente à la porte. Chouchou entre dans la salle et s'assoit. Grosse erreur. Elle se fait rappeler à l'ordre à la seconde où la charmante dame passe la porte :
"bah vous auriez pu commencer à vous déshabiller, hein!"

Chouchou rougit. Elle pensait que dire bonjour n'était pas une perte de temps. Elle pensait qu'on allait lui expliquer quelque chose avant de farfouiller entre ses cuisses (écho pelvienne bien entendu). Que nenni ! La prochaine fois, elle saura. Ca tombe bien, elle doit revenir le lendemain... et le surlendemain aussi... En fait, jusqu'à ce que dame ovule fasse son apparition.
Chouchou aura donc la chance de montrer son charmant postérieur (et plus sans affinités) à tous les échographes du cabinet. Certains étant heureusement plus aimables que d'autres.
En tout cas, le réflexe de Pavlov tend à se vérifier. Dès que Chouchou voit une blouse blanche, elle commence à se déshabiller. Faudra quand même qu'elle se méfie : chez le dentiste, ça peut faire mauvais genre!

Comme Chouchou et Loulou sont sympas, ils ont aussi testé pour toi le test de Hühner... Comment ça ? Tu ne connais pas le test de Hühner ? Mais tu ne sais pas ce que tu rates!!!
Le test de Hühner (ou test post-coïtal : avoue que tout de suite, ça fait moins rêver!) c'est le top du romantisme!

Le principe ? Fastoche ! T'essaies de deviner avec ta gynéco-marabout la date à laquelle dame ovule pointera son nez... Tu prends un ou deux jours d'avance sur elle pour la doubler et tu files un rencard aux p'tits soldats en leur faisant croire qu'elle sera là (PIEGE !!! )... Attention hein! Faut être précis ! T'as une fourchette pour les horaires hein ! Tu fais pas ton p'tit truc comme ça, tranquille à l'envie hein?!! Ce serait trop facile !
Donc en gros, tu convoques les zozos à une heure précise en ton antre et ensuite, tu cours chez ta gynéco pour une journée "portes ouvertes" !
Et là ... Je pense que vous commencez à saisir la beauté de l'instant ! :-)

La gynéco farfouille à l'intérieur, fait son shopping, elle court dans les rayons avec son p'tit sac pour faire les meilleurs affaires du moment : faut profiter des soldes ! Et enfin elle finit par sortir.
T'as le droit de te rhabiller pendant qu'elle va examiner à la loupe ses p'tits achats coups de coeur.
Elle prend son temps et toi, t'attends, comme une conne, le coeur battant qu'elle revienne en te disant "trop bien! j'ai fait des super(s ???) affaires !" ... Sauf qu'elle revient avec la tête de celle qui s'est bien fait arnaquer en achetant une belle daube à prix d'or ! Et elle confirme : "bon ben... C'est négatif..." ce qui signifie pour les non initiées : j'ai pas trouvé de spermatozoïdes. Le but étant de voir comment les zozos se comportent à l'intérieur de ton toi, forcément, quand t'en trouves pas, c'est un peu chiant!

Mais elle rajoute guillerette : "... mais c'est pas grave! Ca veut pas dire qu'il n'y en a pas, hein! Rassure toi!'  Ah ben ça va alors! Allez : fais péter ta boîte de kleenex! Promis, la prochaine fois, c'est moi qui régale.

J'te passe les milliards de prises de sang qui génèrent des milliards d'enveloppes de résultats qui font de toi une phobique de la boîte aux lettres tellement tu flippes en traquant le p'tit chiffre qui sort des normes inscrites par le labo... Un petit ,000000000001 au dessus ou en dessous et ça y est, ta journée est foutue.

Parce que finalement, tu finis par être fixée quand t'as les résultats et que c'est pas bon... mais alors pas bon du tout... Tu ne formes plus qu'une flaque sur le bureau de ta gynéco (qui doit regretter de ne pas avoir pris des actions Kleenex). T'entends dans un brouillard les explications, les encouragements, les perspectives... T'es à moitié là en fait... Tu captes vaguement le mot FIV et tu repleures de plus belle. Parce que tu le redoutais ce mot là... Parce que t'as l'impression que t'es la seule au monde à ne pas être capable de faire un bébé toute seule, enfin, à deux quoi! Et la suite te montrera qu'effectivement, quand on passe par la case FIV, ton bébé, t'as parfois l'impression que c'est 3, 4, 5, 6 personnes qui sont en train de le faire pour toi.... et c'est pas simple à digérer....

D'ailleurs, entre le jour où le mot a été prononcé et celui où Chouchou et Loulou ont pris rdv avec une gynéco spécialisée en PMA, il s'est écoulé plusieurs mois... Parce que c'est pas une évidence d'accepter que son bébé ne se fera pas sous une couette (ou sur un canapé... Où tu veux après tout!) mais dans un labo. A moins d'être passionné de sciences, tu avoueras que ça fait pas rêver.

Avec tous les bilans médicaux, l'agenda de Chouchou se remplit vite ! Elle est surbookée ! Prises de sang par ci, gynéco par là, échos au passage... Quand elle ne tend pas un bras pour se faire piquer, elle remplit des papiers administratifs. Une demande de prise en charge par sa sécu (et là, je dois dire que Chouchou et Loulou sont reconnaissants d'habiter en France... Parce que financer tout seuls une FIV, ils n'auraient pas pu...), des autorisations, des questionnaires médicaux, des attestations... Elle signe, remplit les petites cases, fait des chèques...
Rappelle sa sécu pour vérifier où en est sa prise en charge... et un monsieur lui confirme que c'est bon : "moi sur votre dossier, j'ai une prise en charge du 27 août 2007 jusqu'au 27 août 2012 pour STERILITE"... Chouchou pleure encore un p'tit coup en se disant que si elle est encore là dans 5 ans, elle va craquer...

Quand elle a rdv au labo de PMA avec le biologiste qui va s'occuper de la grande rencontre entre ses ovules à elle et les spermatozoïdes de Loulou, elle le regarde un peu comme Dieu le père... et son regard glisse pas discrètement du tout sur la centaine de faire-part de naissance accrochés à son mur. Elle y croit. Elle et Loulou signent encore des dizaines de papiers... Chouchou s'arrête quand même sur certains mots "congélation" notamment. Elle vérifie qu'on n'est pas en train de lui refiler un frigo américain... A vrai dire, elle n'a plus vraiment envie de tout savoir maintenant. Les images sont trop réelles, trop précises. On lui montre les cellules, les p'tites boîtes dans lesquelles les embryons se développent... Comment se passe la rencontre... Elle a l'impression d'être dans un univers de science fiction. Elle est reconnaissante de tout ce qu'on fait pour elle, mais elle aimerait bien garder un tout p'tit peu de magie dans sa tête... Garder ses images à elle plutôt que celles qu'on lui exhibe fièrement. Mais elle opine de la tête consciencieusement...

Et puis enfin, ça y est! Les examens sont terminés : une date est fixée. Un mois plutôt! Chouchou et Loulou sont "programmés pour décembre". En attendant, on leur dit de profiter des quelques semaines qui les séparent de la fiv. Chouchou en profite surtout pour se lancer à corps perdu sur les forums. Elle discute, suit les avancées de plusieurs bloggeuses, pleure, rit avec elles... Espère.

Elle achète le traitement pour sa fiv à la pharmacie... sans griller les étapes.
 ordonnance PMA  : quelques bricoles


 Elle ne veut pas se retrouver avec des médicaments qui ne lui serviront à rien si elle doit s'arrêter en cours de route (au prix des médocs, elle ne veut pas être responsable de la ruine de son pays !) Parce qu'une fiv ne va pas toujours au bout... Elle peut s'arrêter à tout moment. Chouchou le sait et n'anticipe rien. Elle compte les étapes :

1) Le traitement pour "bloquer" l'ovulation naturelle...
2) La stimulation
3) Le recueil des ovocytes
4) La fécondation avec l'espoir d'avoir des embryons
5) Le transfert d'un embryon
6) Le test de grossesse

1)Le blocage de l'ovulation ? Une grosse piqûre dans les fesses... qui coûte la bagatelle d'une centaine d'euros! Rien que ça! Chouchou apprécie l'instant : des dizaines d'euros dans ses p'tites fesses, on va quand même pas se permettre de chougner hein? Elle redoute un peu les effets secondaires... L'équivalent d'un début de ménopause, rien que ça. Loulou l'appelle mamie et ricane le traître!
2) Chouchou ayant passé brillamment cette première étape, elle attaque la stimulation!
Quand elle installe une cartouche d'hormones dans une sorte de gros stylo dont la mine est une petite aiguille, elle se sent un peu vache de concours. Sauf que la vache, c'est pas elle qui se fait sa piqûre! Le premier soir, Chouchou est prête... Un oeil sur l'horloge (pour pas rater l'heure), l'autre sur son p'tit bourrelet de ventre, elle tient fermement le stylo magique et se pique vaillamment... 

design le stylo !!!!

Les soirs suivants, elle n'hésite pas plus mais se rend compte que même dans un bourrelet, il y des zones plus sensibles que d'autres. Son ventre est customisé de points mauves ou rouges plus ou moins gros.

Chouchou est fatiguée... Elle se lève tôt pour traverser la ville dans un sens le matin et être à 7h au labo où elle a une prise de sang par jour. Elle retraverse dans l'autre sens pour être à l'heure à son boulot. L'après-midi, à la récré (Chouchou est instit'), elle téléphone aux secrétaires de sa gynéco PMA pour connaître la dose à s'injecter le soir...

La stimulation fonctionne bien. Chouchou sent son ventre qui pèse plus lourd que d'habitude. Elle gonfle...
Chouchou doit maintenant ajouter une écho en plus à sa prise de sang quotidienne. Elle doit demander des autorisations d'absence par demi-journées. Ses collègues s'interrogent... Et chouchou se sent obligée de leur expliquer même si elle n'en a pas vraiment envie.

3) Le grand jour arrive. Chouchou a bien travaillé. Les ovocytes sont mûrs à point et la grande récolte est programmée.
Chouchou est installée dans une chambre de la clinique avec 3 autres jeunes femmes présentes pour la même chose. Elle est number three. On lui a demandé d'enfiler une charlotte, des p'tits chaussons et une chemise de nuit qui comme toutes les chemises de nuit d'hôpital laissent voir son postérieur (charmant au demeurant, mais quand même!). Loulou lui, est au labo. Il doit remplir son p'tit tube...
Chouchou a la trouille. Quand on l'emmène sur un brancard, elle n'arrive plus à se contenir. Elle pleure comme une madeleine. Elle demande à ce qu'on l'anesthésie rapidement parce que plus on lui parle, plus elle ruisselle.  

achevez moi ! Vite !


Quand elle ouvre les yeux, elle est tellement dans le brouillard qu'elle a du mal à émerger. Et pourtant, elle a UNE question à poser... COMBIEN ?

C'est LA question des nanas qui viennent de subir un recueil d'ovocytes! Quand on lui annonce 21, Chouchou esquisse un sourire. Elle se rendort apaisée. 21... Ca semble dingue quand même non ? 21 ovocytes... l'équivalent de 21 cycles normaux... Avec le recul, Chouchou se demande si elle sera ménopausée 21 cycles plus tôt du coup... Mais là, elle n'en est pas là... Elle croise les doigts pour la suite.

4) Loulou a bossé dans son p'tit coin aussi... Et la grande rencontre se fait à l'abri des regards sous le contrôle du biologiste tout puissant.
Chouchou et Loulou téléphonent le lendemain au labo de PMA. On leur annonce : 21 ovocytes recueillis, 17 mis en fécondation, 15 embryons...
Ca semble irréel. Chouchou sait que ça ne veut rien dire... Qu'il faut encore attendre quelques jours pour savoir si les cellules continuent à se diviser. Elle attend encore le coup de fil qui lui demandera de venir à la clinique pour le transfert.

5) Le labo a appelé. Chouchou et Loulou sont là, dans un couloir qui jouxte la maternité... Ils reconnaissent un couple et se saluent timidement. La tension est palpable. On les fait entrer dans une petite salle et Chouchou est allongée en position gynéco, un drap sur les jambes. La gynéco arrive, pratique le transfert, souhaite bonne chance et quitte les lieux. Chouchou et Loulou doivent rester là une demi-heure... Le biologiste passe la tête par la porte et souhaite bonne chance à son tour... Chouchou et Loulou sont émus.
Ils rigolent quand même bêtement parce qu'ils ne savaient pas qu'on pouvait amener un CD pour patienter... Du coup, on leur a mis de la musique... Et c'est Carla Bruni/Sarkozy qui gratte sa guitare! Chouchou qui voit d'habitude des signes du destin dans le moindre plat de purée préfère s'abstenir de chercher une signification à tout ça.  
 "c'est quelqu'un qui m'a dit qu'on ... avait oublié notre CD, bordel!"

D'ailleurs les aiguilles tournent et il faut quitter les lieux. Chouchou descend en grimaçant de la table... Depuis quelques jours, son ventre a gonflé et elle mal au point de ne plus pouvoir se baisser ou bouger comme elle le souhaite. Loulou l'aide à se rhabiller. Ils quittent la clinique avec un sentiment étrange... Chouchou marche doucement... On a beau lui dire que ça ne changera rien, elle ne veut pas faire de mouvements brusques. Elle sait qu'il y a un p'tit bourgeon de korrigan dans son ventre... Elle voudrait tellement qu'il s'accroche !

Les jours qui suivent seront les plus longs de leur existence. Chouchou ne travaille pas et le temps semble s'être arrêté. Elle compte les jours avant la prise de sang qui lui dira si elle va être maman ou non... Elle dort très mal... Il faut dire que son mal de ventre empire. Elle passe du rire aux larmes... Elle cherche des signes pour deviner ce qui se passe dans son bidon... Elle peut y croire une heure et passer la suivante à sangloter en se disant que c'est foutu. Chouchou se dit que ses émotions ont aussi dû être dopées aux hormones.
Noël passe et elle a le ventre si gonflé qu'elle ne sait pas comment le planquer pour éviter d'avoir à répondre à des questions de sa famille éloignée. Elle a du mal à rester assise et rentre dès que le repas est terminé.

6) C'est le jour j. Chouchou a cauchemardé toute la nuit et maintenant elle va faire sa prise de sang. Dans quelques heures, elle sera fixée. Il y a des décos de noël partout. C'est la fête mais Chouchou est liquéfiée par la peur.
C'est Loulou qui ira chercher l'enveloppe. Elle, elle reste blottie dans son canapé et textote sa meilleure amie pour tenter de se détendre un peu...
Chouchou déchire l'enveloppe... Loulou ne peut pas. Elle lit : BHCG 133. Elle met quelques secondes à réaliser... C'est positif! Chouchou est en larmes...

Loulou a du mal à y croire. Il arpente le salon en demandant à Chouchou si c'est sûr... Il préfère attendre que la gynéco lui confirme...

Ben oui... Parce qu'après avoir été tant suivis, tant coachés, on oublie qu'on peut s'en sortir sans médecin...  Les jours suivants, Chouchou gagne d'ailleurs une nouvelle consultation en urgence à l'hôpital... Elle fait une hyperstimulation... Son ventre est plein de flotte... Elle gagne une dizaine de jours de piqûres d'anticoagulants en bonus : ça tombe bien! Ca lui manquait!
Mais c'est fini... La PMA est derrière elle... Devant elle, il y a à présent une grossesse comme celles de toutes les mamans du monde.... et au bout un p'tit korrigan qui lui fera dire que "c'était dur, mais ça valait le coup"... Vraiment.

Ironie du sort, 9 mois après, Chouchou sera de nouveau enceinte... Une petite soeur arrivée là toute seule... Cette grossesse finira de guérir Chouchou de toutes les blessures de ce parcours... pour de bon!

De la PMA, il nous reste quelques papiers que je n'ai pas jetés... Des rencontres de filles passées par là... Un respect pour la vie privée d'autrui à qui je ne demanderai jamais "et vous ? C'est pour quand ?" parce que je sais combien cette question peut faire mal.... De la reconnaissance pour certains médecins, biologistes, échographes... Du mépris pour d'autres qui oublient qu'ils n'ont pas juste un utérus en face d'eux. Je me souviens d'une échographe qui félicitait ses patientes quand les ovocytes avaient grossi et les disputaient quand les résultats étaient mauvais... comme si elles étaient responsables...

Et puis... chaque année... Une petite lettre du labo de PMA... pour les frais de congélation de deux embryons! Si, si... C'est glamour hein? ;-)
Alors chaque année, on fait notre petit chèque... en se demandant comment se passera la suite... et quelle suite il y aura. Le roman de la PMA n'est pas terminé.

Merci Marie de m'avoir proposé de témoigner sur ce sujet...  Pardon d'avoir été longue... Je pensais que je saurai être plus drôle, plus légère... Je ne l'ai pas été jusqu'au bout! Les souvenirs sont remontés et j'ai été un peu submergée... A défaut, j'aurais été vraie..."

1 juin 2011

Une poule sur un mur...

...qui picorait du pain dur. Picoti Picota. Lève la queue et puis TAIS TOI!!!

ça y est, c'est foutu, je l'ai dans la tête.

Encore une journée à fredonner des trucs niaiseux.
C'est le problème quand tu as des nains. 

Avant, tu sais, quand tu avais une vie, tu fredonnais des trucs débiles mais totalement assumés (et tu chantes chantes chantes, ce refrain qui te plaît...et tu tapes tapes tapes c'est ta façon d'aimer...)

Maintenant que tu es parent, comment expliquer à ton cher patron que tu sifflotes "Tracteur Tom" depuis un quart d'heure?
Comment justifier le fait que tu te sentes obligées d'agiter les mains en chantonnant "Ainsi font, font, font"?
Comment se sortir "Pomme de reinette et pomme d'api" de la tête??

Et pourquoi, pourquoi, ces comptines restent-elles en tête des heures?
Han, ce "pirouette cacahuète" qui trotte de manière TROP joviale dans mon crâne...
Pourquoi les paroles sont-elles si niaises, voire si cruelles? (ne fais pas la moue et va lire les paroles d'Il était une bergère parce que je tiens à te dire qu'à la fin elle le BUTE le chaton).

Bref, les comptines, c'est choupi, c'est culturel et il faut que ton nain en connaisse quelques unes s'il ne veut pas être la risée de tous ces potes à la crèche.

Mais pour sauver ton oreille et pour épargner ta santé mentale, Pop'n Baby commercialise des cd de comptines pour le moins originaux.
Regarde plutôt :

Là, le Mâle me regarde avec intérêt et m'assène un "en fait c'est bien ton blog"
Et oui, ton nain peut devenir fan avant l'heure des Beatles...

Alors j'ai moi même testé les comptines des Gun's and Roses. Que veux tu, j'ai laissé le Mâle choisir.


le Mâle kiffe. Oui, je sais.

Alors, par exemple, sur l'album que m'a gentiment envoyé Mister Pop'n Baby, il y a : 
-Welcome To The Jungle 
-Sweet Child O' Mine 
-Paradise City 
-Live And Let Die 
-November Rain 
-You Could Be Mine 
-Mr. Brownstone 
-Estranged 
-Yesterdays 
-Don't Cry 
-Knockin' On Heaven's Door 
-Patience

Tout est en instrumental, pas de panique, il n'y aura pas de hurlements hystériques dans la chambre du nain.
En fait, la mélodie est conservée et tout est remplacé par des instruments à vent et des xylophones (pas d'accords de guitare qui arrachent la tronche du nain endormi).

Personnellement, je suis restée toute émouvue en entendant "Don't Cry" qui m'a rappelé toutes ces mauvaises boums (la tapisserie, le beau mec qui me snobe et tout ça).
Le rendu est vraiment bluffant, c'est sympa à écouter en fond sonore, dans la voiture ou dans la chambre pendant des activités coolissimes.

Attention donc, pas de paroles mais des mélodies. J'ai été vraiment surprise, c'est très chouette et c'est original.
Au moins, on se retrouve à siffloter des trucs sympas et pas gnan-gnan. Une manière idéale de faire aimer le rock aux tout-petits. Ici on écoute les vrais Gun's dans la voiture aussi (du coup).

Allez, je suis sympa et M. Pop'n Baby z'aussi, on va t'offrir la possibilité d'écouter autre chose que "la fermière va au marché".
Tu as jusque samedi soir pour gagner un chouette Cédé toi aussi.
ouiiiiiiiiiiiiiiiii. Ils sont là aussi.


Ta mission???
1. Tu vas sur le site de Pop'n Baby
2. Tu farfouilles et, comme tu n'es pas une buse, tu trouves le rayon comptines.
3. Tu viens me laisser un commentaire dans lequel tu me précises le cédé que tu souhaites gagner.
4. Si tu partages, tu laisses un second commentaire.


oui, clique feignasse...

Oh yeah! (facile comme sortie, certes, mais tellement "à propos").




Sabine??? Oui, toi Sabine qui a été regarder comment terminait la terrible histoire de cette mauvaise bergère qui tabasse les chatons...
Et bien Sabine, tu as gagné le droit de m'envoyer un gentil mail avec ton vrai nom et ton adresse.
Et bientôt, ton nain pourra s'endormir en écoutant les Pixies. 
Et toi, tu continueras à siffloter lamentablement "Héron, Héron petit. Pas tapon".


Et en cadal : un code de 15% "mamtest". REMERCIE PAS.

31 mai 2011

Nain échaudé n'amasse pas mousse

Depuis que tu me fréquentes, tu as enrichi ton vocabulaire, c'est un fait.
Pas franchement dans le bon sens, je te l'accorde. D'ailleurs la règle des 3F ne fait rire que toi au bureau et ton crédo "celui qui réveille le nain s'en occupe" n'a pas eu l'air d'émouvoir belle-maman qui a passé l'aspirateur devant la porte du nain pendant sa sieste (en cognant avec le bout de l'aspi contre la porte, comme de bien entendu).

Dans cette optique altruiste de faire de toi un parfait parent de nain, j'ai tenté de recenser quelques dictons, quelques proverbes riches et de bon aloi, que tu pourras ré-utiliser sans crainte :


- " Nain qui se gave de Pringeuls zé de Curly va t'envoyer chier avec ta soupe et ton riz"

Certes, le nain a l'apéro léger. D'ailleurs marrant comme le nain sait prononcer "apéritif" bien avant "je voudrais de l'eau s'il te plaît maman". Le nain sait donc tout à fait que "apéritif"= gavage de conneries salées. N'envisage donc même pas de lui donner un vrai repas après ça.
Des petits-suisses, ça passera encore. Mais alors le reste...tu peux courir.
des ondulées?? Mes préférées...

Cela dit, profite de la véracité de ce dicton pour avoir la paix dans les transports, dans la salle d'attente du médecin (n'oublie pas de lui rincer la bouche pour éviter l'odeur de cacahuète ou de "oignion and cream" - ça risque de faire mauvais genre).
Et n'oublie pas, un bon curly vaut mieux que trois tagada (quoique les doigts collants sont peut être plus gérables que les doigts plein de miettes de cacahuète...)

- "Quand il pleut à la St Ferié, du dessin animé le nain va bouffer"

Et oui, tu peux faire ce que tu veux, il pleut les longs week-ends il pleut les mercredis, il pleut pendant les vacances. Il pleut et ils parlent fort. Non, d'ailleurs ils ne parlent pas, ils hurlent. Et ne savent pas jouer seuls calmement.
Ah ça non. Enfin, si, mais trois minutes. Au delà de trois minutes de jeu calme, deux alternatives :
- Petit Nain a piqué le jouet que voulait Grand Nain (comme de par hasard, il voulait PILE celui là et il hurle que c'est luiiiiii qui l'a vu en premiiiiiier - oui, Grand Nain a le sanglot facile).

- ils se mettent d'accord pour faire une énorme connerie ENSEMBLE (pour une fois) et tu es peinarde pour une vingtaine de minutes (le temps de vider tous les bacs de jouets par terre dans la chambre et de se vautrer dedans). Ensuite, tu es bonne pour tout fourrer dans des bacs (là où Wondermaman trie et range les voitures dans le bac avec un joli décopatch Voiture dessus).

Une fois que :
- les nains ont bien pleuré, que le petit a une griffure sur la joue et que le grand une bosse sur le front.
- leur chambre est un champ de jouets, un mer de playmobils, une avalanche de peluches borgnes...
- ta cuisine ferait pleurer Cyril Lignac de désespoir parce que tu as tenté un pauvre moelleux au chocolat avec les nains (alors qu'il te manquait un œuf et que tu étais juste en farine).
- la pâte à modeler est incrustée dans les lattes du plancher du salon (et dans les tifs de Petit Nain)
- tu as lu quatre fois Tchoupi fait du poney et trois fois Tchoupi va à la piscine.
- tu as expliqué à deux nains en larmes que NON, on ne va pas aller faire du poney et que NON on ne va pas aller à la piscine (connard de Tchoupi).

Et bien, il te reste la petite phrase magique et libératrice :"Qui veut regarder un petit dessin animééééé?"
le nain va vite comprendre où se situe le bouton PLAY

S'ensuit bien évidemment quelques minutes de pourparlers afin de savoir qui aura l'immense honneur d'être enfourné dans le lecteur, entre Bob le Bricoleur et Shaun le Mouton.
Puis le calme. Nains aux yeux carrés, culs vissés dans le canapé.

- "Nain en vacances, parents en mode vidéo-surveillance"


Et oui, l'école est terminée, on va pouvoir souffler.
Que nenni.
L'école, la crèche, la nounou, c'est quand même le surkiff.
Alors oui, il faut se magner le matin et tenter désespérément de détacher les petites mains du nain pendu à notre cou (et essuyer une petite larmichette de mère pas si indigne dans le couloir de la maternelle).
Oui, il faut courir le soir pour récupérer la petite troupe à l'heure, donner le bain et le repas, lire les histoires trente fois (sauf celles judicieusement planquées sous le lit - ah tiens, Tchoupi) et éteindre les lumières (et remonter vingt fois pour des bisous/câlins/pipi/verred'eau/juste comme ça).

Mais entre ces deux zones un peu épiques et bruyantes de ta journée (zones durant laquelle je te conseille l'utilisation d'un déodorant efficace), tu es tranquille.
Alors qu'en vacances....:

- nains levés avant l'heure de d'habitude, cherche pas, c'est comme ça. Le nain en vacances aime profiter de ses journées. Mon conseil? Un rideau opaque et un petit "c'est encore la nuit le nain" chuchoté à l'oreille du nain (vers 7h30). Ne fonctionne pas si ton nain a plus de deux ans et qu'il sait très bien quand tu tentes de le traquenarder.
- nains excités. Bon, ça, c'est tout le temps. Sauf que d'habitude, tu les laisses à quelqu'un d'autre deux heures grand max après le lever.
- besoin de les occuper. Et c'est dans ces moments terribles que tu te rends compte qu'il n'y a RIEN à faire avec des petits. Tu dévalises donc les offices de tourisme. Et tu te farcis les parcs à la con, les fermes pédagogiques et les mini-zoos. Oui, les mini-zoos.
- coucher tardif. Normal, ce sont les vacances. Cela dit, pour pallier à ces couchers au delà de 20h, je te suggère de remplacer le mini-zoo susnommé par une activité plus sportive (genre piscine quoi).
arrête de me regarder d'un air bêta avec ta frite le nain. Dépense toi par pitié. FATIGUE TOI !

"Toilettes par ici, Nain n'a pas envie. Pas de toilettes à l'horizon, Nain qui fait dans le pantalon"


Sur ce terrible sujet des toilettes, il faut être tolérant.
En effet, un nain plus ou moins propre a le droit de ne pas penser à la localisation des prochaines toilettes.
Un nain qui vient tout juste de se séparer de sa précieuse Huggies n'a pas conscience qu'au moment où il a "envie de pipi", il n'y a pas toujours de toilettes à proximité.
Le porter de nain entre deux voitures peut se faire mais bon, tu admettras que sur le parking du Carrouf, ce n'est pas la grande classe. Ni en plein centre ville. Gloups.

Pourtant, ce n'est pas faute de lui demander au nain :
- T'as envie de faire pipi le nain ?
- Tu es sur que tu n'as pas envie de faire pipi là le nain?
- Le nain, viens faire pipi parce qu'après on va partir et il n'y aura pas de toilettes.
- Si si, tu viens faire pipi parce qu'après on est en voiture (et le siège auto sent déjà le vomi, pas la peine d'en rajouter)
avant passage du nain - et avant éclaboussage de tes godasses par jet surpuissant

Et bien, peu importe, c'est systématique. Un nain plongé en milieu sans toilettes a forcément envie de pipi.
Sur la route alors qu'il pleut à torrent et que tu es obligée de t'arrêter dans la boue du bas côté.
Sur l'autoroute alors que la seule aire d'autoroute est une aire coupe-gorge fréquentée par Bébert Le Bulldozer (pseudo hautement sympathique de ton ami routier)
Chez des amis pas chics dont les toilettes ressemblent à un urinoir public
Chez des amis chics dont les toilettes, après le passage de ton nain, ressemblent à un urinoir public.
Chez des amis qui ont du papier toilette EN TRANCHES (alors que ton nain n'a pas QUE envie de pipi).

ça énerve ça hein? la moitié qui part en lambeau...

Je te suggère donc d'emmener un pot portable (un pot quoi), un rouleau de papier toilette et un change complet dans ta poubelle voiture. Et n'oublie pas aussi d'emporter ta dignité. Ça peut toujours servir.

"Rendez vous très important pris. A l'heure de partir, nain endormi"

A chaque fois.
Le nain ne dort JAMAIS à la sieste en temps normal.
Tu le couches, il reste calme quelques minutes, voire une heure si tu as la lune en Verseau ascendant Capricorne fatigué.
Généralement, c'est le moment où tu veux t'assoupir, épuisée par ta nuit hachée menue (rapport au cauchemar de lapin dévoreur de nounours) et par ton quotidien de parent que ton nain s'éveille et hurle. Les yeux encore fatigués mais bien décidé à te pourrir le reste de ton après midi. Que faire d'un nain fatigué à 14h22? Hein??

Le nain fait fi de ta souffrance et ne sieste pas. Ah si, pardon, il attend que tu t'endormes. Et se réveille.

En revanche, lundi tu avais rendez vous chez le pédiatre à 16h45.
Et bin devinez QUI a roupillé?
Le nain.
Qu'il a fallu réveiller en douceur (tu as bien songer à décaler le rendez vous mais ce pédiatre c'est pire qu'un ophtalmo).
Qu'il a fallu faire goûter (tu préfères une compote? NON. Heu, un petit gâtal que tu mangeras dans la voiture? NON).

Au final, le nain de mauvaise humeur a mis de la pom'potes partout sur son sweat-shirt et a mangé la barquette trois chatons comme un crétin.
Il arrive tout dégueulasse chez le pédiatre.
Et ton paquet de lingette était resté ouvert dans ta voiture. La lingette sèche ne nettoyant pas très bien le visage du nain, tu as eu légèrement honte de présenter ton rejeton au pédiatre. Surtout que, du coup, tu n'as pas eu le temps de le changer. Et qu'il a pourri sa couche.
Et que tes lingettes sont sèches, je te le rappelle.


Je m'arrête là mais la liste n'est pas exhaustive; j'en veux pour preuve ces quelques proverbes, en vrac, à ressortir en soirée pour un effet intellectuellonain:

 "Lorsque tes nains dorment la nuit, c'est le Mâle qui fait grand bruit"
testé et approuvé. D'ailleurs quand ce n'est pas le Mâle qui cauchemarde,  c'est le chien qui dégueule dans la cuisine en pleine nuit.


 "Nain dans l'eau joue à Cousteau"
J'en veux pour preuve l'état de (feu) mon tapis de bain bouclette (voir article précédent).

"Nain qui chouine, Hop! Une tétine"
C'est mal de faire ça. Mais sincèrement, c'est bon le silence.
D'autres dictons de nos régions??

30 mai 2011

Prépare ta maison - le nain arrive (et il est bordélique)

Cher public, bonjour. Aujourd'hui le thème des 9 blogueurs, ce sont les préparatifs bébé où comment on se prépare à accueillir un petit être dans nos vies.

Et oui, ce mois-ci, on vous "apprend", on vous "raconte" ce long chemin qui mène à l'état de parents...

Être parents, c’est entamer une nouvelle vie, c’est accepter de faire entrer un petit être (ou plusieurs) dans son cœur, c’est concrétiser un amour, c’est renoncer au sommeil, c’est profiter des fous rires et des câlins-serrés. Être parents, c’est se demander souvent “mais à quoi on occupait nos journées AVANT??”. Être parents c’est formidable. Au-delà de tout ce que vous pourrez lire, au-delà de tout ce que vous pourrez entendre, gardez toujours à l’esprit qu’après, rien n’est plus pareil.

Surtout votre intérieur

Preuve en est cette émission tournée au domicile de Primi(pare) du nom de DécoNain (toute ressemblance avec une émission chronophage de certains soirs et wikend ne serait pas du tout fortuite).

Primi reçoit Valérie Nainmidot chez elle aujourd’hui. C’est un grand jour car elle a décidé de faire appel à ses services afin de relooker sa maison. Oui, Primi et Chouchou attendent un heureux évènement et ne peuvent décemment pas accueillir Mini-nous dans une maison hyper hype trendy-chic bobo cool et sioupère design avec bibelots cassables et prises apparentes.


Du coup, Primi a participé à cet appel à témoin lancé sur sa chaîne favorite :

«Vous êtes jeunes parents, votre maison est chouette et jolie, elle a du cachet mais un escalier en pierre, elle a des murs immaculés et ne salle de bain sans baignoire ? Contactez nous et Valérie Nainmidot viendra vous aider à transformer votre intérieur afin d’accueillir votre Priminain en toute sécurité”.



Bien entendu, quelques Multi ont accepté de témoigner visuellement des transformations occasionnées par l'arrivée d'un nain à la maison (ou deux, ou trois, ou pluuuus).

 
Vanessa, par exemple, est passée chez NainDéco. Une transformation rapide et efficace...


Mais chuuuuut, l'émission commence....


mais oui, clique donc...
Je tiens d'ailleurs à remercier toutes celles qui m'ont envoyé des photos. Un incident de dernière minute (genre article effacé) m'a obligée à squizzer de nombreuses photos. Mais merci infiniment à toutes et tous. Vous êtes adorables...

26 mai 2011

Flexibath Toys : Do you want a cup of tea le nain??

Il y a quelques mois, persuadée d'avoir eu une idée de génie.
Oui, que veux-tu, je ne doute de rien.

J'ai imaginé un jeu de bain. Rien que ça.
En fait, je ne sais pas les tiens mais mes nains, ces boulets, passent leur bain à remplir des récipients d'eau tiédasse afin de verser la-dite eau dans un récipient plus grand. En en mettant la moitié (voire les trois quarts) sur mon sol de salle de bain.
Pourquoi?? (ignare)
Pour faire de la SOUPE, ou "un bon petit café maman?", voire "une petite bière?" (mal élevé le nain).

Bref, ma salle de bain est trempée, mon tapis de bain est tout gorgé de flotte (et ça fait pouic pouic quand on marche dessus).
Ça m'énerve, ça m'énerve, et ça m'énerve. Parce que je n'aime pas esponger le sol. Parce que je n'aime pas marcher dans l'eau en chaussettes, ça me rend passablement désagréable.
Caution, le nain est au bain. 

Bon, du coup, on en discute avec le Mâle (un génie de la puériculture s'il en est) et nous tombons d'accord. Il faut révolutionner le bain. Il leur faut UNE TABLE BASSE. Oui, tout simplement.
Comme la table basse du salon ne rentrait pas dans ma (pourtant gigantesque) baignoire, je me suis fendue d'un petit mail très humble à Monsieur Babymoov (depuis qu'il m'a fait tester la poussette Boogy, je crois que c'est mon ami tu vois).

En voilà une copie :

" Cher Monsieur Babymoov, 


Je me permets de vous recontacter. Votre poussette n'est pas en cause, loin de là, je tiens d'ailleurs à vous remercier car j'ai pu me déplacer dans le métro parisien sans me faire pourrir car poussette sus-nommée passe les tourniquets.
Non, si je prends mon plus beau clavier (dont la touche Q est bloquée par une miette de gâteau - le nain parle la bouche pleine) pour vous écrire, c'est pour vous proposer une idée de génie.

Je sais que vos services créatifs sont très performants, mais je pense qu'un élément essentiel de la baignade des nains leur a échappé. En effet, le nain plongé en milieu humide a une forte propension à balancer tout élément aqueux hors de l'habitacle pour la bonne et simple raison qu'il FAIT UNE SOUPE.

Afin de faciliter ses transvasements, je vous suggère donc d'inventer une petite tablette de bain ventousable qui pourrait servir :
- de table pour poser les récipients à soupe du nain
- de pose gel-mouche pour ma petite personne qui, parfois (une fois l'an) arrive à prendre un bain
- de pose bière pour le Mâle (qui ne prend jamais de bain mais qui aimerait bien un jour)


Trêve de bavardages, je vous recommande donc de faire plancher vos équipes de gens intelligents et doués sur cette idée de génie si vous voulez qu'on vous décerne un prix de l'innovation et qu'on vous dédicace un ensemble de serviettes de toilette sèches.


Bien à vous, 


Marie de Mamanstestent (le nom à particule, ça impressionne l'hippopotame).


nain sans joujou = nain neurasthénique


Voilà la réponse reçue :

" Chère, très chère Marie de Mamanstestent.
Nous sommes ravis que la poussette vous convienne. Pour le métro, oui, nous avions envoyé des mamans volontaires avec des poussettes-test afin de répérer quelle poussette convenait le mieux à ce moyen de transport agressif. Ayant retrouvé moultes mamans en larmes (et les pieds tout écrabouillés), nous avons pu adapter notre création en conséquence.


Pour en revenir à votre fantastique idée, sachez que le service de Babymoov planche depuis réception de votre courrier à la fabrication de cette petite tablette. Dès qu'elle sera terminée, croyez bien que vous serez la première à la tester. D'ailleurs, si cela vous fait plaisir, vous pourrez même en offrir une à une lectrice.

Cela vous convient-il?



Bien à vous, chère Marie.


Hippo de Babymoov"


Voilà donc le pourquoi du comment les nains ont maintenant dans leur bain un magnifique service à thé made in Babymoov.
que c'est calme sans les nains...et que l'eau est claire (et pas jaune)

Après un mois d'utilisation quotidienne, voilà mon bilan crash-test :

- Colorés (ce qui permet une déco de baignoire sympathique - et ça change des petits pots Avent)
- MOUS (très important car les nains ont la fâcheuse tendance de se balancer les jouets à travers la tronche - ici pas de blessure ouverte lors du jeter de carafon).
- Rigolos (un avec des trous au fond pour faire mini-douchette, l'autre avec un couvercle pour faire cruche). Avec la cruche, le Mâle peut même te faire une blague en te la donnant à tenir : "tiens, les cruches ensemble" (huhuhu le Mâle).
- Efficaces (à part taper son frère et barbouiller les murs avec du gel douche, le nain aime TRANSVASER et se servir des petits coups à boire d'Odubain)
- Compatibles avec la Flexibath (ça, ce n'est utile que si tu as une Flexibath) et toutes les autres baignoires (ça, c'est plus utile déjà).
Heu, pardon? On m'a oublié dans le pot de confiote là....

Mais (oui, chez Mamanstestent, toujours un mais, c'est du test, du vrai > ça pourrait faire un slogan ça tiens...):
- La tablette est un peu petite (pour ma graaaande baignoire), c'est à dire que je ne peux pas poser mon Biba dessus hein...
- Un peu cher (20 euros. Mais c'est mou, et c'est rare le récipient mou).

Voilà, donc mes nains t'invitent à partager un bon petit thé et te proposent de gagner un petit ensemble Flexibath Toys. Oui, car les nains ne sont pas des radins.

Tu laisses un petit commentaire avec ton nom/pseudo.
Si tu partages sur FB/Twitter/Blog, tu reviens mettre un second commentaire.
Le nain ne pense qu'à picoler (et à prendre l'apéritif en mangeant des Pringeuls)

Tu reviens avec passion samedi soir pour voir si tu as gagné. Le nain te dit "Tchin!" (il ajoute "Tchin caca boudin mais pardonne-le, c'est le terrible four).

ndlr: Je tiens à signaler que les Géo Trouvetout de Babymoov ont inventé tout seuls cette petite tablette (qu'ils disent).


Les votes ont été arrêtés à midi (grande mansuétude et grande mollitude de ma part - ça se dit ça??).
Random a sélectionné ce gentil Anne Onyme au félin humide.
"finies les flaques dans lesquelles le chat termine par se vautrer...On aurait dû y penser à cet objet : on en a connues de tasses de café à l'après- shampoing !"

23 mai 2011

Papa sans péri

Il y a bientôt six mois j'ai vécu un truc assez exceptionnel. La naissance de Micronaine.
Et bien que certaines me soutiennent le contraire, j'ai eu mal. Très très mal. Une douleur incommensurable.
Pour être franche, je ne pourrais jamais décrire ce qu'on ressent. Parce que ça fait mal comme on aura jamais mal. Et qu'en même temps c'est tellement chouette qu'on ne retient rien d'autre qu'un regard et qu'une évidence.

Pendant mon accouchement, j'ai demandé (pas mal de fois) à ce qu'on m'achève, je me suis excusée (pour les hurlements à faire fuir les Primi du couloir), j'ai pleuré, j'ai hurlé, je me suis accrochée lamentablement à la blouse du Mâle en arrachant les bandes du monitoring. J'ai rampé par terre en chouinant, en suppliant le Mâle de ne jamais me plus me faire d'enfant.
Une vraie furie.
En clair, accoucher sans péri a été pour moi quelque chose de fort, de douloureux. Et aussi de "sacré"?
Il y a un avant et après, un "je l'ai fait", un "si j'ai fait ça, je peux tout faire".
Et un "putain, maintenant je comprends pourquoi la péri existe".

Mais trêve de bavardages, il ne s'agit pas de mon accouchement dont on va papoter ici, que nenni. Il va être question ici de blouse verte, de charlotte sur la tête, de sur-chaussures, de "ça va ma chérie?", de "tu as besoin de quelque chose? Dis moi ce que je peux faire?", de papa qui gère (ou pas), de toi, le Mâle, qui devient papa.
Sans péri.

Attention, loin de moi l'idée d'encenser un accouchement sans péridurale, loin de moi l'idée de dire qu'un accouchement sous péridurale ne vaut rien. Absolument pas. Mais je me suis demandée comment vous, les papas, aviez vécu un accouchement dit "naturel"? Parce qu'avouons-le, pour nous, les mères, même avec préparation, ça surprend (c'est rien de le dire).
Alors pour vous qui vivez ça en dehors de la douleur? Pour vous qui nous voyiez hurler "qu'on va crever, c'est certain"? Pour vous qui vous êtes fait hurler dessus "ta gueeeeule, j'ai maaaal, laisse moi tu peux rien faire, je vais crever toute seule, j'ai trop maaaaal...."...
Comment c'était un accouchement sans péri??

Toutes les citations de cet artikeul sont extraites des différents témoignages de papa (oui, ce sont vos mâles qui écrivent de si jolies choses - snif - pleure pas public féminin énamouré) et de mamans (les mêmes énamourées).



C'est marrant mais quand une femme revient de la maternité avec son Micronain, ses cernes et son entrejambe (légèrement) douloureux, la première chose que ses copines lui demandent, c'est "t'as eu une péri?".
Parce que si tu l'as demandé t'es une chochotte?
Parce que si tu ne l'a pas demandée t'es une déesse?
Parce que si tu n'as pas eu le temps t'es un boulet?

Et oui, il y a celles qui la veulent et qui l'auront.
Celles qui ne la veulent pas et qui finissent par la demander comme le raconte Marie : " je suis arrivée en paréo en clamant que je voulais un accouchement naturel, me balancer sur un ballon et prendre des bains dilatants délicieusement chauds. Au final, j'ai crevé dans ma baignoire 5 heures tandis que mon mari qui écoutait fun radio dans un coin de la salle se faisait insulter dès qu'il ouvrait la bouche, même pour respirer.. Jusqu'à ce que je sonne comme une forcenée pour qu'on me pique. pendant la piquouze, je disais à tout le monde "je suis une meeeeeerde mais j'ai mal".

Et puis, celles qui la veulent et qui ne l'auront pas.
Celles qui ne la veulent pas et qui ne l'auront pas.
Et ces hommes, à côté d'elles, qui gèrent, qui vivent et qui font comme ils peuvent. Que ça soit leur projet, ou non.



Qui es-tu, Papa sans péri??

Le papa sans péri est déjà (je tiens à le signaler) très chouette puisqu'il a accepté de répondre à un questionnaire préparé pour cet artikeul.
J'en profite donc pour te remercier. Oui, toi qui a suivi ta femme dans cette aventure, souhaitée ou non, qui en est sorti changé (ou pas) et qui a accepté de me raconter.

Choisir d'accoucher sans péridurale :

Avant d'accoucher, les mères sont souvent prêtes à tenter l'expérience du "sans péri". Devant la douleur, certaines préfèrent renoncer (et on les comprend) et demandent la piqure salvatrice (délivrée bien souvent par un anesthésiste flegmatique ).
D'autres gèrent la douleur et vont jusqu'au bout.
D'autres ne gèrent pas la douleur et voudraient la péri. Mais ne l'auront pas.

ndlr : Je prends des pincettes là, et je le rappelle (avant de me faire pourrir), je ne JUGE pas. J'ai moi même accouché deux fois avec péri et une fois sans, je sais donc pourquoi j'ai pris ma péridurale. Et pourquoi je n'ai pas eu le temps pour ma fille...et comment j'ai réagi.

Souvent, lorsqu'on décide d'accoucher sans péri, c'est par choix. On s'y prépare.
Les pères le disent "c'est elle qui décide". Normal tu me diras, puisque c'est "elle qui souffre".
Souvent préparé à deux, le projet de naissance "sans péri" est, de ce fait, mieux vécu. Les mères préparées sont plus "zen", "gèrent" mieux la douleur et, de ce fait, les papas servent de soutien moral, d'appui, de coussin moelleux (ou de réceptacle à injures).

Certains papas avouent que le premier accouchement sans péri (même préparé) les a surpris. Ils se sont retrouvé démunis, font ceux qu'ils peuvent. Bobby, par exemple, a fait son parfait petit mari en tenant le haricot à gerbouille, a tendu sa main pour que des ongles crochus s'enfoncent dans sa chair, a soutenu, a massé, a écouté les cris (et a raté Téléfoot).

"Dépassé, inutile, bouleversé". Voilà les termes qu'emploient ces papas, pourtant préparés.

Peu ont trouvé leur place tout de suite, au premier accouchement. Parce qu'ils étaient surpris, parce qu'ils étaient paniqués, parce qu'ils ne pensaient pas que ce serait aussi intense, parfois aussi long.
Bertrand, dont la compagne a mis 49h à accoucher (gloups) a même du prendre un petit sucre (car il ne se sentait pas bien).

En clair, pour les papas comme pour nous, la première fois, c'est une découverte, c'est un autre monde, c'est une chose mille fois imaginée, mille fois touchée du doigt. Et, pour eux comme pour nous, c'est à la fois merveilleux et angoissant.

François a eu une très belle phrase que je me dois de citer. Ce papa de deux enfants (dont un sans péri, par choix, avec projet de naissance) raconte sincèrement : "Je me suis senti impuissant. Et comme un con avec mon brumisateur. Spectateur empathique, concerné mais qui ne peut pas entrer dans la bulle de Maman pour l'aider".

Et imaginez ceux qui apprennent en une seconde que NON, on ne pourra pas faire de péri à votre chère femme (qui hurle de douleur), NON car "elle a de la fièvre", NON car "c'est trop tard".

Il y a Olivier qui décrit ainsi ce moment où on annonce à sa femme qu'il n'y aura pas de péridurale : "j'ai vu le vide intersidéral dans ses yeux. Puis la peur".
Et Alex, qui a un regard un peu amer sur un accouchement long et difficile, une péridurale impossible à poser "malgré 11 piqûres, un bébé "sorti au forceps qui ne respire pas", une femme qui "souffre" et lui, affolé, qui prend conscience de tout ça et qui ne peut rien faire.

Et puis ceux qui trouvent plus vite leur place, qui, devant la douleur et les cris, savent se mettre en retrait ou être présent. Nicolas, par exemple, "un peu désemparé au début" a essayé d'aider sa femme comme il le pouvait par "des paroles, des gestes tendres". Il avoue avoir paniqué dans un premier temps puis "avoir trouvé sa place, s'être habitué aux cris"  et avoir compris qu'il y avait des moments où "on pouvait lui parler...et d'autres pas".

En clair, être préparé, ça aide un peu, ça aide à l'envisager, ça aide à se le représenter. Savoir que sa femme fait ce choix là AVANT, ça permet de l'imaginer, ça permet d'en parler et de communiquer sur le sujet. Benoît, par exemple, avait longuement parlé avec sa compagne et savait qu'elle allait "être dans sa bulle", "dans son monde" et qu'elle allait probablement crier. Son rôle à lui était de la soutenir, de faire en sorte que cet accouchement se déroule dans les "meilleures conditions" possibles.

Et la préparation à l'accouchement alors??

Certains l'ont suivi et l'ont trouvé très utile comme Florian qui explique que les cours l'ont aidé à prendre conscience de la nécessité d'être le plus présent possible et de l'aider. Il a deux accouchements sans péridurale à son actif et même s'il sait qu'il ne peut "en rien atténuer la douleur ni accélérer le travail", trouve que c'est un moment à vivre à deux, avec toute la présence et le soutien dont il est capable.

D'autres admettent que cette préparation a aidé, oui, mais que le jour J, il n'en restait plus rien. Parce que tout s'est passé très vite, trop vite.
Ou bien, comme Jérémy (papa de deux enfants sans péri) qui a préféré ne rien savoir avant pour réagir au plus près de son ressenti le jour venu.

Les papas qui ont suivi les cours ont une approche (à la base) différente de l'accouchement. Ils savent que c'est un moment à vivre à deux, ils savent que leur femme risque d'avoir mal, risque de crier, risque d'avoir des forceps, une césarienne, etc... Je ne dis pas que ça évite d'être stressé ou angoissé. Non. Mais ça leur a permis de l'envisager. Et ça, ce n'est pas rien.

Pour conclure là dessus, il me semble clair qu'être préparé (avec sage femme, gestion de la respiration, explications claires et précises) permet de soutenir sa femme. Au moins (et c'est déjà ça).



Ceux qui "recommencent".
Et oui, les papas aussi deviennent accros aux accouchements de leur femme.
Un papa parle même "d'orgasmic birth" pour sa femme (la veinarde). D'autres, sans parler de plaisir, avoue que cette expérience était une des plus chouettes, des plus vivantes, des plus prenantes de leur vie. Jérôme, trois enfants, parle même (en blaguant) d'en refaire un quatrième.
Les pères sont souvent touchés par ces émotions. Par le passage rapide d'un état à un autre. Par le côté animal de la chose, par la tension et le stress qui retombent d'un seul coup quand leur enfant crie.

Vincent fait partie de ces papas qui ont suivi leur compagne dans un projet de naissance pour le second, déçu par la médicalisation du premier. Une implication, un soutien, un échange, une maman qui se remet vite, un bon souvenir. Il ne regrette pas.


Vos cris? Votre douleur?
Ils y sont très sensibles. Démunis, je l'ai déjà dit, mais aussi touchés, angoissés à l'idée de vous perdre, de perdre le bébé, de ne pas savoir quoi faire.
Arnaud le dit très bien "je pensais que ce serait difficile mais pas à ce point". Des moments d'angoisse quand la maman est mal, très mal, quand les forceps sont sortis, quand la césarienne est envisagée. Des moments de doute, de peur et de stress.  Les papas ont mal pour leur femme (et ont mal à la main aussi).
Cela dit, rappelle Seb, "soyons clair, je n'aurais pas pris sa place si cela avait été possible".
 La femme de Bobby, elle, "faisait rire tout le monde en salle d'accouchement, en fait. Surtout quand elle hurlait des insanités.La 2e fois, ça a pas fait rire tout le monde. La primi d'à côté flippait sa race".

David, lui, s'attendait à des cris, à cette "libération" de la douleur (dans le cadre d'un accouchement à domicile) mais explique que sa femme n'a pas tant crié que ça (retenue, pudeur).

Cela dit, les mamans ne crient pas toutes, comme la femme de Jérémy : "elle arrivait encore à s'inquiéter pour moi dans son état "ça va je ne te sers pas la main trop fort?".



Et vous??
Les papas sont élogieux quand ils parlent de vous mesdames.
Ils sont fiers. Ils ont "plus de respect" dit Jérémy de part la "gestion de la douleur" montrée.  Bobby a trouvé que sa femme avait "une force en elle qui ne lui connaissait pas". Ils sont fiers de vous. Vraiment.
J'aime beaucoup cette phrase de Nicolas qui admet avoir  "toujours su que sa douce "saurait".. mais le pourrait-elle ?" et conclure en disant qu'elle a fait de lui un "mari amoureux".
Benoît, lui, confirme "Je peux me permettre de le dire car ce n'est pas moi qui ai souffert, un accouchement naturel est ce qu'il peut y arriver de plus beau pour une naissance".
Majoritairement, ils vous accompagnent dans la douleur et dans la gestion des contractions et vous les épatez. Parce que vous gérez. Plus ou moins, mais vous gérez. Et eux savent pertinemment qu'à votre place, ils n'en mèneraient pas large.



Et entre vous, ce que ça change?
Parfois cela ne change rien, parfois c'est un peu plus fort, parfois c'est plus complice.
Etienne trouve que cet accouchement leur a prouvé qu'ils seraient "là l'un pour l'autre, même en cas de galère".
Et Arnaud qui rappelle que de voir sa compagne "dans un contexte où elle se sentait un peu humiliée lui a montré à quel point il l'acceptait comme telle", et que cela "les a rapproché".
Et puis d'autres comme Pierre, heureux de cet accouchement mais qui avoue ne plus faire l'amour.
Nicolas a eu un joli mot en disant que ça n'avait "rien changé. Et tout. Éternellement".
Et Seb qui dit "être redevable à vie".


Des mots pour décrire tout ça?
J'en citerai quelques uns au hasard : boucherie, terrorisant, que de mal pour un si grand bien, youpi, vers l'infini et au delà, émouvant, terrible, fatiguant, vie.
Des mots qui marquent la difficulté et l'angoisse, certes, mais majoritairement des mots forts, poignants et puissants.

Et si c'était à refaire?
S'il fallait changer quelque chose à tout ça, ça pourrait être le côté médical. Damien parle des "bips des monitos, du stress de l'équipe médicale".
D'autres voudraient changer leur attitude, comme Seb qui explique avec le recul : "j'étais trop stressé, ce qui a fait que j'ai eu des remarques ou un comportement déplaçé alors que je pensais bien faire".

Et puis il y a ceux qui en reviennent comme Cédric qui songe à aller à la pêche pour le troisième accouchement tellement il s'est senti inutile et encombrant lors des premiers. Pour lui, c'est un acte féminin et malgré la préparation, il n'a pas su, ni pu aider sa femme.



Voilà, j'ai essayé dans cet article de réunir quelques papas, de partager leurs propos et leurs ressentis. 
Tous ont eu la gentillesse de répondre honnêtement, de rédiger de longs messages parfois, de raconter avec émotion les naissances de leurs enfants. Tous parlent et racontent avec émotion, même s'ils ont mal vécu cet accouchement c'était par peur de vous perdre, ou peur de perdre votre enfant. Tous ont vécu là le plus beau des bouleversements.

Je conclurai sur une petite phrase de Jérémy que je trouve très vraie, qui prouve qu'au delà de nos accouchements, ce sont nos vies qui s'en retrouvent chamboulées : "ce sont nos bébés qui bouleversent nos vies, pas les accouchements".


Je tiens à remercier Arnaud, Alex, Bertrand, Cédric (X2), David, Etienne, François, Gilles, Philippe, Ibrahim, Jérémy, Bobby, Olivier, Seb, Vinc', Jérôme, Damien, Pierre, Nicolas, Cédric, Seb, Benoît, Florian et tous les autres qui ont accepté d'être cités sans être nommés. Merci à vous, ça compte.
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