23 mai 2011

Papa sans péri

Il y a bientôt six mois j'ai vécu un truc assez exceptionnel. La naissance de Micronaine.
Et bien que certaines me soutiennent le contraire, j'ai eu mal. Très très mal. Une douleur incommensurable.
Pour être franche, je ne pourrais jamais décrire ce qu'on ressent. Parce que ça fait mal comme on aura jamais mal. Et qu'en même temps c'est tellement chouette qu'on ne retient rien d'autre qu'un regard et qu'une évidence.

Pendant mon accouchement, j'ai demandé (pas mal de fois) à ce qu'on m'achève, je me suis excusée (pour les hurlements à faire fuir les Primi du couloir), j'ai pleuré, j'ai hurlé, je me suis accrochée lamentablement à la blouse du Mâle en arrachant les bandes du monitoring. J'ai rampé par terre en chouinant, en suppliant le Mâle de ne jamais me plus me faire d'enfant.
Une vraie furie.
En clair, accoucher sans péri a été pour moi quelque chose de fort, de douloureux. Et aussi de "sacré"?
Il y a un avant et après, un "je l'ai fait", un "si j'ai fait ça, je peux tout faire".
Et un "putain, maintenant je comprends pourquoi la péri existe".

Mais trêve de bavardages, il ne s'agit pas de mon accouchement dont on va papoter ici, que nenni. Il va être question ici de blouse verte, de charlotte sur la tête, de sur-chaussures, de "ça va ma chérie?", de "tu as besoin de quelque chose? Dis moi ce que je peux faire?", de papa qui gère (ou pas), de toi, le Mâle, qui devient papa.
Sans péri.

Attention, loin de moi l'idée d'encenser un accouchement sans péridurale, loin de moi l'idée de dire qu'un accouchement sous péridurale ne vaut rien. Absolument pas. Mais je me suis demandée comment vous, les papas, aviez vécu un accouchement dit "naturel"? Parce qu'avouons-le, pour nous, les mères, même avec préparation, ça surprend (c'est rien de le dire).
Alors pour vous qui vivez ça en dehors de la douleur? Pour vous qui nous voyiez hurler "qu'on va crever, c'est certain"? Pour vous qui vous êtes fait hurler dessus "ta gueeeeule, j'ai maaaal, laisse moi tu peux rien faire, je vais crever toute seule, j'ai trop maaaaal...."...
Comment c'était un accouchement sans péri??

Toutes les citations de cet artikeul sont extraites des différents témoignages de papa (oui, ce sont vos mâles qui écrivent de si jolies choses - snif - pleure pas public féminin énamouré) et de mamans (les mêmes énamourées).



C'est marrant mais quand une femme revient de la maternité avec son Micronain, ses cernes et son entrejambe (légèrement) douloureux, la première chose que ses copines lui demandent, c'est "t'as eu une péri?".
Parce que si tu l'as demandé t'es une chochotte?
Parce que si tu ne l'a pas demandée t'es une déesse?
Parce que si tu n'as pas eu le temps t'es un boulet?

Et oui, il y a celles qui la veulent et qui l'auront.
Celles qui ne la veulent pas et qui finissent par la demander comme le raconte Marie : " je suis arrivée en paréo en clamant que je voulais un accouchement naturel, me balancer sur un ballon et prendre des bains dilatants délicieusement chauds. Au final, j'ai crevé dans ma baignoire 5 heures tandis que mon mari qui écoutait fun radio dans un coin de la salle se faisait insulter dès qu'il ouvrait la bouche, même pour respirer.. Jusqu'à ce que je sonne comme une forcenée pour qu'on me pique. pendant la piquouze, je disais à tout le monde "je suis une meeeeeerde mais j'ai mal".

Et puis, celles qui la veulent et qui ne l'auront pas.
Celles qui ne la veulent pas et qui ne l'auront pas.
Et ces hommes, à côté d'elles, qui gèrent, qui vivent et qui font comme ils peuvent. Que ça soit leur projet, ou non.



Qui es-tu, Papa sans péri??

Le papa sans péri est déjà (je tiens à le signaler) très chouette puisqu'il a accepté de répondre à un questionnaire préparé pour cet artikeul.
J'en profite donc pour te remercier. Oui, toi qui a suivi ta femme dans cette aventure, souhaitée ou non, qui en est sorti changé (ou pas) et qui a accepté de me raconter.

Choisir d'accoucher sans péridurale :

Avant d'accoucher, les mères sont souvent prêtes à tenter l'expérience du "sans péri". Devant la douleur, certaines préfèrent renoncer (et on les comprend) et demandent la piqure salvatrice (délivrée bien souvent par un anesthésiste flegmatique ).
D'autres gèrent la douleur et vont jusqu'au bout.
D'autres ne gèrent pas la douleur et voudraient la péri. Mais ne l'auront pas.

ndlr : Je prends des pincettes là, et je le rappelle (avant de me faire pourrir), je ne JUGE pas. J'ai moi même accouché deux fois avec péri et une fois sans, je sais donc pourquoi j'ai pris ma péridurale. Et pourquoi je n'ai pas eu le temps pour ma fille...et comment j'ai réagi.

Souvent, lorsqu'on décide d'accoucher sans péri, c'est par choix. On s'y prépare.
Les pères le disent "c'est elle qui décide". Normal tu me diras, puisque c'est "elle qui souffre".
Souvent préparé à deux, le projet de naissance "sans péri" est, de ce fait, mieux vécu. Les mères préparées sont plus "zen", "gèrent" mieux la douleur et, de ce fait, les papas servent de soutien moral, d'appui, de coussin moelleux (ou de réceptacle à injures).

Certains papas avouent que le premier accouchement sans péri (même préparé) les a surpris. Ils se sont retrouvé démunis, font ceux qu'ils peuvent. Bobby, par exemple, a fait son parfait petit mari en tenant le haricot à gerbouille, a tendu sa main pour que des ongles crochus s'enfoncent dans sa chair, a soutenu, a massé, a écouté les cris (et a raté Téléfoot).

"Dépassé, inutile, bouleversé". Voilà les termes qu'emploient ces papas, pourtant préparés.

Peu ont trouvé leur place tout de suite, au premier accouchement. Parce qu'ils étaient surpris, parce qu'ils étaient paniqués, parce qu'ils ne pensaient pas que ce serait aussi intense, parfois aussi long.
Bertrand, dont la compagne a mis 49h à accoucher (gloups) a même du prendre un petit sucre (car il ne se sentait pas bien).

En clair, pour les papas comme pour nous, la première fois, c'est une découverte, c'est un autre monde, c'est une chose mille fois imaginée, mille fois touchée du doigt. Et, pour eux comme pour nous, c'est à la fois merveilleux et angoissant.

François a eu une très belle phrase que je me dois de citer. Ce papa de deux enfants (dont un sans péri, par choix, avec projet de naissance) raconte sincèrement : "Je me suis senti impuissant. Et comme un con avec mon brumisateur. Spectateur empathique, concerné mais qui ne peut pas entrer dans la bulle de Maman pour l'aider".

Et imaginez ceux qui apprennent en une seconde que NON, on ne pourra pas faire de péri à votre chère femme (qui hurle de douleur), NON car "elle a de la fièvre", NON car "c'est trop tard".

Il y a Olivier qui décrit ainsi ce moment où on annonce à sa femme qu'il n'y aura pas de péridurale : "j'ai vu le vide intersidéral dans ses yeux. Puis la peur".
Et Alex, qui a un regard un peu amer sur un accouchement long et difficile, une péridurale impossible à poser "malgré 11 piqûres, un bébé "sorti au forceps qui ne respire pas", une femme qui "souffre" et lui, affolé, qui prend conscience de tout ça et qui ne peut rien faire.

Et puis ceux qui trouvent plus vite leur place, qui, devant la douleur et les cris, savent se mettre en retrait ou être présent. Nicolas, par exemple, "un peu désemparé au début" a essayé d'aider sa femme comme il le pouvait par "des paroles, des gestes tendres". Il avoue avoir paniqué dans un premier temps puis "avoir trouvé sa place, s'être habitué aux cris"  et avoir compris qu'il y avait des moments où "on pouvait lui parler...et d'autres pas".

En clair, être préparé, ça aide un peu, ça aide à l'envisager, ça aide à se le représenter. Savoir que sa femme fait ce choix là AVANT, ça permet de l'imaginer, ça permet d'en parler et de communiquer sur le sujet. Benoît, par exemple, avait longuement parlé avec sa compagne et savait qu'elle allait "être dans sa bulle", "dans son monde" et qu'elle allait probablement crier. Son rôle à lui était de la soutenir, de faire en sorte que cet accouchement se déroule dans les "meilleures conditions" possibles.

Et la préparation à l'accouchement alors??

Certains l'ont suivi et l'ont trouvé très utile comme Florian qui explique que les cours l'ont aidé à prendre conscience de la nécessité d'être le plus présent possible et de l'aider. Il a deux accouchements sans péridurale à son actif et même s'il sait qu'il ne peut "en rien atténuer la douleur ni accélérer le travail", trouve que c'est un moment à vivre à deux, avec toute la présence et le soutien dont il est capable.

D'autres admettent que cette préparation a aidé, oui, mais que le jour J, il n'en restait plus rien. Parce que tout s'est passé très vite, trop vite.
Ou bien, comme Jérémy (papa de deux enfants sans péri) qui a préféré ne rien savoir avant pour réagir au plus près de son ressenti le jour venu.

Les papas qui ont suivi les cours ont une approche (à la base) différente de l'accouchement. Ils savent que c'est un moment à vivre à deux, ils savent que leur femme risque d'avoir mal, risque de crier, risque d'avoir des forceps, une césarienne, etc... Je ne dis pas que ça évite d'être stressé ou angoissé. Non. Mais ça leur a permis de l'envisager. Et ça, ce n'est pas rien.

Pour conclure là dessus, il me semble clair qu'être préparé (avec sage femme, gestion de la respiration, explications claires et précises) permet de soutenir sa femme. Au moins (et c'est déjà ça).



Ceux qui "recommencent".
Et oui, les papas aussi deviennent accros aux accouchements de leur femme.
Un papa parle même "d'orgasmic birth" pour sa femme (la veinarde). D'autres, sans parler de plaisir, avoue que cette expérience était une des plus chouettes, des plus vivantes, des plus prenantes de leur vie. Jérôme, trois enfants, parle même (en blaguant) d'en refaire un quatrième.
Les pères sont souvent touchés par ces émotions. Par le passage rapide d'un état à un autre. Par le côté animal de la chose, par la tension et le stress qui retombent d'un seul coup quand leur enfant crie.

Vincent fait partie de ces papas qui ont suivi leur compagne dans un projet de naissance pour le second, déçu par la médicalisation du premier. Une implication, un soutien, un échange, une maman qui se remet vite, un bon souvenir. Il ne regrette pas.


Vos cris? Votre douleur?
Ils y sont très sensibles. Démunis, je l'ai déjà dit, mais aussi touchés, angoissés à l'idée de vous perdre, de perdre le bébé, de ne pas savoir quoi faire.
Arnaud le dit très bien "je pensais que ce serait difficile mais pas à ce point". Des moments d'angoisse quand la maman est mal, très mal, quand les forceps sont sortis, quand la césarienne est envisagée. Des moments de doute, de peur et de stress.  Les papas ont mal pour leur femme (et ont mal à la main aussi).
Cela dit, rappelle Seb, "soyons clair, je n'aurais pas pris sa place si cela avait été possible".
 La femme de Bobby, elle, "faisait rire tout le monde en salle d'accouchement, en fait. Surtout quand elle hurlait des insanités.La 2e fois, ça a pas fait rire tout le monde. La primi d'à côté flippait sa race".

David, lui, s'attendait à des cris, à cette "libération" de la douleur (dans le cadre d'un accouchement à domicile) mais explique que sa femme n'a pas tant crié que ça (retenue, pudeur).

Cela dit, les mamans ne crient pas toutes, comme la femme de Jérémy : "elle arrivait encore à s'inquiéter pour moi dans son état "ça va je ne te sers pas la main trop fort?".



Et vous??
Les papas sont élogieux quand ils parlent de vous mesdames.
Ils sont fiers. Ils ont "plus de respect" dit Jérémy de part la "gestion de la douleur" montrée.  Bobby a trouvé que sa femme avait "une force en elle qui ne lui connaissait pas". Ils sont fiers de vous. Vraiment.
J'aime beaucoup cette phrase de Nicolas qui admet avoir  "toujours su que sa douce "saurait".. mais le pourrait-elle ?" et conclure en disant qu'elle a fait de lui un "mari amoureux".
Benoît, lui, confirme "Je peux me permettre de le dire car ce n'est pas moi qui ai souffert, un accouchement naturel est ce qu'il peut y arriver de plus beau pour une naissance".
Majoritairement, ils vous accompagnent dans la douleur et dans la gestion des contractions et vous les épatez. Parce que vous gérez. Plus ou moins, mais vous gérez. Et eux savent pertinemment qu'à votre place, ils n'en mèneraient pas large.



Et entre vous, ce que ça change?
Parfois cela ne change rien, parfois c'est un peu plus fort, parfois c'est plus complice.
Etienne trouve que cet accouchement leur a prouvé qu'ils seraient "là l'un pour l'autre, même en cas de galère".
Et Arnaud qui rappelle que de voir sa compagne "dans un contexte où elle se sentait un peu humiliée lui a montré à quel point il l'acceptait comme telle", et que cela "les a rapproché".
Et puis d'autres comme Pierre, heureux de cet accouchement mais qui avoue ne plus faire l'amour.
Nicolas a eu un joli mot en disant que ça n'avait "rien changé. Et tout. Éternellement".
Et Seb qui dit "être redevable à vie".


Des mots pour décrire tout ça?
J'en citerai quelques uns au hasard : boucherie, terrorisant, que de mal pour un si grand bien, youpi, vers l'infini et au delà, émouvant, terrible, fatiguant, vie.
Des mots qui marquent la difficulté et l'angoisse, certes, mais majoritairement des mots forts, poignants et puissants.

Et si c'était à refaire?
S'il fallait changer quelque chose à tout ça, ça pourrait être le côté médical. Damien parle des "bips des monitos, du stress de l'équipe médicale".
D'autres voudraient changer leur attitude, comme Seb qui explique avec le recul : "j'étais trop stressé, ce qui a fait que j'ai eu des remarques ou un comportement déplaçé alors que je pensais bien faire".

Et puis il y a ceux qui en reviennent comme Cédric qui songe à aller à la pêche pour le troisième accouchement tellement il s'est senti inutile et encombrant lors des premiers. Pour lui, c'est un acte féminin et malgré la préparation, il n'a pas su, ni pu aider sa femme.



Voilà, j'ai essayé dans cet article de réunir quelques papas, de partager leurs propos et leurs ressentis. 
Tous ont eu la gentillesse de répondre honnêtement, de rédiger de longs messages parfois, de raconter avec émotion les naissances de leurs enfants. Tous parlent et racontent avec émotion, même s'ils ont mal vécu cet accouchement c'était par peur de vous perdre, ou peur de perdre votre enfant. Tous ont vécu là le plus beau des bouleversements.

Je conclurai sur une petite phrase de Jérémy que je trouve très vraie, qui prouve qu'au delà de nos accouchements, ce sont nos vies qui s'en retrouvent chamboulées : "ce sont nos bébés qui bouleversent nos vies, pas les accouchements".


Je tiens à remercier Arnaud, Alex, Bertrand, Cédric (X2), David, Etienne, François, Gilles, Philippe, Ibrahim, Jérémy, Bobby, Olivier, Seb, Vinc', Jérôme, Damien, Pierre, Nicolas, Cédric, Seb, Benoît, Florian et tous les autres qui ont accepté d'être cités sans être nommés. Merci à vous, ça compte.

22 mai 2011

Allaiter un enfant allergique, tout un monde !


Cher public, comme c'est dimanche, comme je reviens d'une sortie éreintante avec nains (avec château gonflable et balade en barque sur rivière croupie avec moustiques inclus), et comme une adorable maman m'a fait parvenir un sioupère artikeul....je vais te laisser en sa compagnie.

En effet, je teste tout, ou presque, mais il y a des choses que, par la force des choses, je ne peux pas partager. 3nityy (pseudo malin de la maman écrivain du jour) a testé et teste toujours le nain allergique.

Son témoignage, illustré de ses propres dessins, est vrai, sincère et parlera (je pense) à toutes celles qui ont un petit boulet tout rouge à la maison. Je blague, certes, mais à lire le quotidien de cette maman, j'ai plutôt envie de lui dire "bravo, respect" et de la serrer bien fort.

Preuve, s'il en fallait, qu'on fait toujours du mieux qu'on peut, avec courage.
3nityy, merci donc pour ce beau témoignage, merci d'avoir dit les choses, et vraiment, quelle force et quelle énergie. Antonin a une maman extraordinaire. Mais je crois qu'il le sait déjà.

"Je prends mon plus beau crayon HB et j'ai nettoyé mon clavier… Ben oui, c'est pas tous les jours qu'un talent comme Marie de MamansTestent me propose de m'exprimer sur son blog !! Alors, je vais tenter de ne pas lui faire regretter son offre, et lui montrer tout l'honneur que cela représente pour moi !
J'ai un sujet qui me tiens particulièrement à cœur en ce moment, car je le vis, et ce n'est pas tous les jours facile : les allergies d'un bébé allaité.
En parler n'est pas évident, car peu de gens comprennent, et peu de gens cherchent à comprendre. On se sent un peu seule au final ;)


Alors voila, nous causons de mon 2eme loustic, un p'tit gars, qui se prénomme Antonin (bon, le prénom, on aime ou on n'aime pas c'est une question de goût. Nous, on aime :D). Ce beau petit bébé (comment ça je ne suis pas objective ? vous avez déjà vu des parents objectifs sur leur progéniture ??), arrivé 10 jours avant son terme, m'a bien malmené durant la grossesse. Violents coups de pieds, prise (excessive) de poids, œdèmes, bref, il commençait déjà à marquer son territoire, normal quoi. Pour être honnête, ce fut une merveilleuse grossesse, au regard de celle que nous avions vécut pour la 1ère, notre petite princesse (je pourrais faire tout un livre là dessus aussi).


Bref, début juillet notre beau gaillard se dit qu'enfin, il aimerait bien mettre un visage sur ces voix qui le harcèlent jour et nuit (un fœtus ne doit jamais être loin de la schizophrénie !), et décide de pointer ses 4 kg par la porte de sortie (je ne ferai pas de dessin pour ça). Tout se passe bien, j'ai même pas mal (bon, un peu avant la péridurale j'avoue, mais après, c'était le pied), et on nous livre un beau morceau de 4kg tout bien gonflé de liquide amniotique..Welcome Antonin !
A peine sortie, les gentilles madame de l'hosto se chargent de le nettoyer un chouille, et nous constatons plein de plaques rouges sur son corps… Une toxidermie nous expliquent-elles, rien de grave, bébé a la peau fragile… ouais, bon, ok, on va raquer un peu pour de la crème pour qu'il soit bien hydraté, mais ça va bien le faire…

J'ai décidé d'allaiter mon fils par conviction. Je suis convaincue que le lait maternel est adéquate aux besoins de nos enfants (sinon, pourquoi aurions nous du lait ?), convaincues par les préconisations de l'OMS que je suis avec attention, convaincue simplement en mon fort intérieur. C'est un choix, on en pense ce qu'on veux, chez moi, allaiter c'est viscéral… (ça c'est dit, on peut passer à la suite)

Durant les 1ers mois de sa vie de bébé allaité, notre loustic avait sans cesse les joues rouges au moment de téter.. Je mettais ça sur le compte de l'effort (il mange bien le bougre !), et comme la rougeur diminuait après, ma théorie me semblait valable… Nous avons constaté de nombreuses rougeurs sur son corps, mais nous nous disions qu'il réagissait mal à la crème hydratante (bien que j'en ai pris une qui m'ai fait mal au portefeuille, bio, sans additifs et tout et tout).

J'en ai parlé à mon médecin, qui m'a dit qu'Antonin faisait une dermatite atopique, et il m'a conseillé d'aller voir un dermato…lequel m'a conseillé une crème qui coûte une blinde, et vu le prix, je la remercie d'être assez efficace pour calmer les rougeurs…Son diagnostic : le petit a la peau fragile et hyper sèche comme maman (ok, merci, je le prends pas comme une agression du genre "oh la belle peau de croco que vous avez madame"), que ça passera avec le temps, ou pas, et qu'en attendant, il faut "graisser le bébé" (dixit le dermato).
Nous avons fait nos dociles, application de la crème genre 20 fois par jour, et malgré une vraie amélioration, les rougeurs étaient récurrentes..


Courant décembre, j'ai un canal lactifère bouché (autrement dit, un des tuyaux menant le lait vers la sortie est bouché, ce qui est gênant mais surtout assez douloureux), je prends RDV avec une consultante en allaitement que j'avais rencontré à la naissance de ma grande. Et là, surprise, elle voit les rougeurs d'Antonin, et me pose des questions : "vous prenez beaucoup de laitages ?", "il est toujours rouge comme ça quand il tête ?" ce à quoi j'ai répondu OUI à chaque question… Elle me dit "il a l'air de réagir aux protéines de lait de vache" et me conseille d'arrêter de manger des laitages pendant 15 jours histoire de voir si cela change quelque chose... Et effectivement, les plaques se sont bien calmées, plus de rougeurs purulentes sur le si beau visage et le corps de mon loustic. Quelques rougeurs persistantes à des endroits stratégiques (oreilles, dos, épaules, derrière les genoux), mais plus purulentes, un grand plus !

Je ne vous explique pas le bonheur à noël de faire chi***, euh, de préciser à la famille NORMANDE que non, c'est pas pour être vexante, mais je ne vais pas pouvoir manger du bon boudin blanc que-c'est-vrai-qu'il-est-bon-mais-qu'il-contient-du-lait-et-que-c'est-pas-bon-pour-bébé. Et j'en passe sur tout ce qui contient ou a été cuit avec des produits laitiers (si tu suis bien l'explication l'ami, tu notera que NORMANDE a été mis en gras, n'entends tu pas comme moi raisonner en ton fort intérieur "beurre, crème fraîche" ?).


Bref, après 15 jours d'abstinence, une vraie réelle amélioration du bout de chou. On se dit, ok, c'est la misère, il est allergique au lait… On va confirmer en reprenant des produits laitiers, si les rougeurs reviennent, bingo ! Tant qu'à faire, le nouvel an était l'occasion de me baffrer, euh, de reprendre des produits laitiers, afin de corroborer cette thèse d'allergie.


Et bien sur, 48 h plus tard, beau bébé s'est recouvert de plaques rouges et purulentes… la preuve était faite…
Afin de confirmer clairement, médicalement, et pouvoir enfin dire à haute voix à la famille et aux amis "mon fils est allergique au lait de vache" sans qu'on me dise "meuh non" avec un air de professeur en médecine compatissant sur la naïveté et l'imagination débordante de ma petite personne (si si, j'vous jure qu'on me l'a fait plein de fois !), RDV est pris chez l'allergologue…
Résultat du patch posé 48h avant : positif.
Résultat des tests cutanés : positif.
Ok, bon, là c'est plus vraiment une surprise, il est allergique au lait de vache…
Euh, par contre c'est quoi cette autre boursouflure sur sa peau à l'endroit des tests cutanés ??? hein ? pardon ? l'oeuf ? il est allergique a l'oeuf ??? ah ouais, je l'attendais pas celle là…


Après de nombreux conseils d'alimentation "vous ne mangez plus de produits contenant des produits laitiers ni des oeufs, vous ne mangez plus non plus de boeuf, de veau, de poulet ou d'oeuf quelque soit sa provenance (oeuf de poisson inclus), lisez bien la liste des ingrédients sur chaque paquet, attention, même une trace de lait ou d'oeuf va lui générer une réaction, attention les lécithine peuvent être de l'oeuf, par précaution pas de soja (lui et vous) ni de gluten, pour éviter les allergies croisées " etc…, une tentative d'être rassurante "vous allez voir, c'est très facile" (oui, je confirme, la liste de ce que je peux manger est tellement fine que je la connais par coeur), je repars, bébé sous le bras, déboussolée et un peu seule…Je crois même que j'ai pleuré dans la voiture.


Bref, je vous passe le détail de l'organisation, d'autant que le jeune garçon était en âge d'être diversifié…cool ! bon, ok, j'ai toujours fait moi même les repas pour ma grande lorsqu'elle a été diversifiée, par choix. Mais là, ça devenait une obligation, car aucun petit pot pour bébé n'est "sans lait"… Oui, ça parait absurde, mais c'est malheureusement une réalité : de plus en plus de bébé sont allergiques au lait de vache.
Pour le fun, mais aussi parce que ça peut vous concerner, je vous note ici les ingrédients rédhibitoires en cas d'allergie lait/oeuf :

Oeuf :
oeuf, protéines d’œuf, protéine animale, poudre d’œuf, lécithine d’œuf, lécithine, E322, mots commençant par ovo, ovum, protéines ovo-lactohydrolysées, (ovo)globuline, ovomucine, ovomacroglobuline, blanc d’œuf, poudre de blanc d’œuf, albumen, poudre d’albumine, ovotransferrine (ou conalbumine), ovomucoïde, lysozyme (ou E1105), (ov)albumine, ovomucoïde, conalbumine (ovotransferrine), jaune d’œuf, poudre de jaune d’œuf, vitelline, apovitellenine (ou lipovitelline), ovovitelline, phosvitine, Livetine, Colorant E101

Lait :

Lait (concentré, ou en poudre), Beta-lactoglobuline Caséinate (caséinate d’ammonium, de calcium, de magnésium, de potassium et de sodium) Caséine, caséine-présure Caséine hydrolysée, protéines de lait hydrolysées Dérivés/gras/protéines du lait Lactalbumine/phosphate de lactalbumine Lactoferrine, lactoglobuline, Lactose Lactosérum, concentré de protéines de lactosérum Lactosérum délactosé/déminéralisé Lait en poudre, solide du lait Substances laitières modifiées, babeurre
et j'en oublie sûrement..
Le pire étant quand la liste des ingrédients est OK, et que juste en dessous est mentionné "peut contenir des traces de lait et oeuf". Ce qui est le cas de toutes les tablettes de chocolat noir que je trouve en magasin, même en biocoop ! j'en pleure rien que d'y penser…


En parlant de biocoop, j'ai découvert tout un univers parallèle de l'alimentation ! je dirais heureusement que certains produits "bio" me sauvent la mise parfois, et me permettent de tenir le coup… Par contre, je ne vous dis pas comment on pleure, mon porte monnaie et moi quand on en sort..
A l'usage, nous avons noté qu'Antonin réagit aussi lorsque je mange de la fraise, de la banane et de l'aubergine….
Un deuxième RDV chez l'allergo me confirme l'allergie au lait, mais aussi au lait de brebis (alors que l'allergo venait de me faire saliver en me disant qu'avec le lait de brebis il y avait des laitages, des yaourts, des fromages etc…ce qui m'aurait permis de retrouver un semblant d'alimentation). Nous n'avons pas pu tester aubergine, banane et fraise car il aurait fallu que j'en amène.

De guère lasse, je me résous à demander une ordonnance pour un lait spécial sans lait de vache en me disant "si je flanche, j'aurai au moins du lait à lui donner". Elle me l'a faite, non sans me dire "vous savez, avec ce lait, vous passez de la rolls royce à la 2CV". Ok, donc au cas où je ne culpabilisais pas déjà, c'est fait.
Je tenais le coup (qui ne rêve pas d'offrir une rolls royce a son fiston de 10 mois ;) ), non sans mal je l'avoue, jusqu'au moment où mon médecin généraliste (qui suit Antonin) tire la sonnette d'alarme : Antonin n'a pas pris un gramme depuis 4 mois, il a même perdu du poids… Une grosse cassure dans sa courbe… J'ose à peine lui parler des 8 kilos que j'ai perdu en 3 mois… Là, branle-bas de combat, il me dit d'aller voir un pédiatre qu'il me recommande. Le lendemain, il m'appelle pour me dire qu'il a pris RDV pour moi chez ce pédiatre, et il veut que je confirme le RDV. Nous avons discuté pendant plus d'une demi heure… J'en suis ressortie fatiguée, mais soulagée.. Enfin quelqu'un m'a écouté, m'a parlé, et surtout m'a comprise !

Le RDV avec le pédiatre s'est bien passé, non sans larmes et panique lorsqu'il m'a parlé de nous hospitaliser bébé et moi pour lui faire reprendre du poids…J'ai réussis à l'éviter, avec pour mission "d'engraisser le bébé" ce coup ci…J'ai flanché, et après discussion avec mon doudou (le papa du loustic) nous avons décidé de le passer au lait artificiel histoire que je puisse remanger normalement. C'était sans compter que ledit loustic en a décidé autrement : il ne veut pas voir ni entendre parler du lait, que ce soit en biberon ou au bec verseur ! Bref, ruse de sioux, je continue de l'allaiter et lui colle le lait en traître dans ses purées.. C'est pour la bonne cause.

Actuellement, nous sommes en pleins examens pour le petiot qui semble avoir des trucs pas top dans sa prise de sang (laquelle a confirmé notamment une allergie à la caséine, qui est je le précise pour ceux qui ne suivraient pas, une grosse molécule du lait, mais a aussi exclu une allergie au gluten, ce qui est cool car cela augmente le nombre d’aliments que je peux lui donner)… On attend avec impatience de nouveaux résultats qui devraient arriver vendredi matin au plus tard...

Ce qui est difficile, c'est avant tout de ne pas pouvoir en parler, et d'affronter les réactions de l'entourage. Depuis que nous soupçonnons cette allergie, j'ai eu les réactions suivantes : - "ah bon ? c'est pas cool", mais sans plus d'intérêt (genre cause toujours tu m’intéresse) - "meuh non, tu te fais des idées, c'est sûrement autre chose" malgré la confirmation de l'allergie par les tests - l'air qui dit "elle n'a rien trouvé d'autre pour attirer l'attention sur elle"
- "t'as qu'a arrêter d'allaiter"
(euh, en quoi ça résout le problème d'allergie du petit ?) - "oh la misère, je compatis, quand je lis parfois les ingrédients, je me dis : tiens, ça Nathalie ne pourrait pas le manger" qui m’a fait chaud au coeur - "tu nous fais chier aussi !" dit sur le ton de la plaisanterie (bizarrement j'ai moins d'humour en ce moment) De manière générale, et bien que je comprenne à quel point c'est pénible car j'y suis confrontée au quotidien, les personnes ne savent pas quoi me proposer à manger quand nous sommes invités… Donc j'évite un max d'aller chez les gens, je préfères les inviter, ainsi je prépare la nourriture qui convient, et tout le monde mange sans même se rendre compte que c'est sans lait ni oeuf. J'ai même mangé un casse-dalle au mariage de mon frère (ce qui ne m’a pas gaché la fête !)… Je comprends l'ignorance des gens concernant l'allergie, j'étais comme eux avant d'y être confrontée. Ce qui est difficile à gérer c'est le manque de communication, le manque de compréhension de ma poursuite de l'allaitement, et le manque de dialogue tout court… Concernant les médecins, j'ai trouvé de tout : - la consultante en lactation un peu "mystique" qui me dit que mon problème de canal bouché provient d'une difficulté à assumer des évènements douloureux survenus ces dernières années (moi qui suit plutôt cartésienne, j'avoue que juste après notre entrevue, le canal s'est débouché, est ce le fait d'avoir réussi à poser des mots sur mes maux ?). Elle a néanmoins décelé le problème ! - le dermato qui ne va pas chercher plus loin que la peau, qui me facture 55€ pour m'envoyer acheter une crème a 19€…le monde de la santé peut bien vivre… - l'allergologue qui a l'air de bien s'y connaître en allergies, mais un peu moins en pédiatrie (pas de pesée du petit, aucune inquiétude lorsque je lui ai dit que le petit perdait du poids, pas plus quand je lui ai dit que j'en perdais), et qui est supra balaise pour culpabiliser une maman qui veut tout faire pour son bambin, quitte à la pousser à y laisser un bout de sa santé - le médecin généraliste, je l'aime beaucoup ce médecin, il est vraiment gentil, à l'écoute. Sa remise en cause des tests pratiqués par l'allergo m'a cependant pas mal déstabilisée, et m'a poussé à redonner des allergènes à mon fils pour tester (bon, ok, je re-re-re-confirme si besoin était qu'il est clairement ALLERGIQUE !!!) - le pédiatre, ouvert, sympa, ferme dans son discours, est très disponible. Il me mets un peu la pression pour qu'Antonin grossisse, mais je ne peux pas lui en vouloir pour ça, je suis ravie que sa santé le préoccupe autant que moi. Il m'a de nouveau confirmé l'allergie du petit par la prise de sang, et m'a enlevé une épine du pied, le petit n'est pas allergique au gluten, je peux donc lui donner des aliments plus simples a trouver, et qui devraient le faire prendre encore du poids (allez grossir avec des galettes de riz a 55kcal la galette !!) Bref, autant de gens différents, autant de comportements différents, et de prescriptions différentes… Il faut le moral, j'vous l'dis ! Pour celles que ça intéresse, j'ai quelques petites recettes sympa sans lait ni oeuf :D Voila, félicitations à ceux qui sont parvenus jusqu’ici (sans tricher, en lisant tout) et si vous avez une proche dans ce cas, j’espère que cela vous aidera à aborder une discussion avec elle pour l’aider si besoin est, à s’exprimer sur le sujet et à se sentir moins seule..."

18 mai 2011

Ce premier regard

On ne sait jamais à quoi s'attendre. On ne sait jamais comment on va le vivre.
On s'y prépare, on souffle, on s'entraîne, on visualise des bougies à éteindre, des fleurs à humer, des vagues qui déferlent.
On écoute de la musique zen, on prend des bains chauds, on fait l'andouille sur un ballon, on se colle contre un mur et on se met accroupie en respirant bien fort.
On lit, encore et encore, des témoignages d'autres qui sont passées par là.
On pleure (évidemment, on est enceinte), on rit, on s'interroge et on a, quand même, une angoisse au fond du cœur.
On attend, avec impatience, on voudrait que ça soit déjà arrivé. On voudrait le tenir contre nous, on voudrait voir à quoi il (ou elle) ressemble. On voudrait déjà être une autre, on voudrait déjà être mère, on voudrait devenir ce dont on parle depuis neuf mois. Sa mère.

Et puis il y a ce matin. Ou ce soir. Ou cette nuit. 
Il y a ce jour que nous n'oublierons jamais. Il y a cette date qui devient notre code secret. Il y a ces instants gravés à tout jamais. Il y a ces heures qui resteront. Longtemps. 
Il y a la douleur, il y a le chamboulement, il y a le "je ne pensais pas que ça serait ça", il y a le "je ne suis pas prête", il y a le papa qui n'est pas prêt non plus, et il y a tout ce qui revient et qui nous submerge.

Il y a ce moment, cette seconde où le temps se suspend, cette petite boule qui sort de nous et qu'on nous présente. Ce soulagement et cette crainte. Cet achèvement et ce nouveau départ.

Il y a ces petits yeux qui ont déjà tout vu, qui se posent sur nous et qui ont tout à apprendre, tout à voir.
Il y a ces petits yeux qui nous reconnaissent.
Devenir mère, envelopper ce petit corps, le tenir tout contre et savoir que peu importe le reste.
Devenir mère et le re-devenir, en découvrant chaque fois ce nouveau regard, cette nouvelle tendresse, cet amour qui se multiplie au lieu de se diviser.
Devenir mère et savoir que tout change en une seconde. 

Devenir mère et savoir que rien ne comptera jamais autant.


Cette petite participation matinale sert à t'appâter public.
Parce qu'à l'occasion de la fête des mères, je suis ENCORE jury. Pour un très chouette concours organisé par Arthus & Co (avec du pur cadal dedans).

Le principe?
Écrire un petit témoignage sur la toute première rencontre. Drôle, émouvante, vraie,....raconte nous tout ça et gagne (par exemple), un wonder sac à nain (à langer quoi), des produits de la beauté (pour toi, mère qui aime s'oindre.



Je te laisse aller sur ce lien (ou cliquer sur l'image hein!)

Les participations sont à poster en commentaires chez Arthus & Co (pas ici hein, nous sommes plusieurs jurés).
Tu trouves que je suis un peu trop présente dans ces jurys?  C'est vrai mai j'aime cette sensation de toute puissance (ajoute de toi même le rire sardonique qui va avec cette phrase)....
Du coup, je te suggère d'aller jouer, que je puisse dire (fièrement) que mes lectrices sont les plus douées (oui, mais c'est vrai en même temps).

Allez, quoi qu'il en soit, bonne journée à vous, et puis à très vite pour un nouvel artikeul.

Et bienvenue à ceux qui ont vu ma sale bobine sur M6.
Je tiens à vous rassurer, ma vie ne consiste pas à jouer aux escargots. Non, la preuve, je suis levée depuis 6h, du vomi (de nain) sur la jambe et des cernes au bord des yeux...

16 mai 2011

Rose Indigo : de l'occasion pour ton nain

Ô toi, mère qui aime habiller son nain à vil prix,
Ô toi, père qui déteste fureter dans les cartons remplis de fringues à la brocante de Troudukudumonde.

Vous allez être ravis.
Aujourd'hui, en coup de cœur, une petite boutique dénichée au détour d'un Facebook, puis conseillée par une autre maman et testée par une lectrice (de confiance hein, la lectrice, pas un boulet - mais je n'ai pas de boulet dans mes lectrices, juste un Mâle du nom de Jérôme L. - pardon Jérôme, ça faisait longtemps).


Oui, oui, tu peux cliquer... (je pense à mes feignasses préférées)

La boutique en question s'appelle Rose Indigo et propose des vêtements d'occasion.
Oui, car ton nain a beau être le plus joli des nains du monde, il peut porter de l'occasion et le vivre bien.
D'ailleurs mieux vaut un nain joliment fringué d'occasion qu'un nain fringué en Cars, Oui Oui ou Spiderman. Biiiiih. Vilain le jogging Spiderman.


Personnellement, je trouve parfois des fringues en brocante.
Bon, jusqu'au 2 ans, c'est correct, pas cher (souvent 1 euro le vêtement, voire moins), mais dès qu'on atteint des âges salissants (genre à partir de trois ans - âge auquel le nain aime se vautrer dans la boue et manger son ketchup avec sa manche) il est rare de trouver des trucs de bonne qualité encore vivants.

Sur ce site carrément bien fichu, tu sélectionnes ta saison, l'âge et le sexe de ton nain, et le type de vêtement souhaité.
La recherche est automatique et s'affichent ainsi les vêtements disponibles.

laisse tomber, le pyj à 5 euros il est pour Micronaine
 Bref, une ergonomie au top, des vêtements de marque (Petit Gateau, Jacadi, Sergent Major, DPAM) et des prix vraiment chouettes.
Alors OUI, c'est un peu plus cher qu'en brocante, mais la lectrice-testeuse me l'a confirmé, les fringues sont d'excellentes qualité, non tâchées et l'envoi est soigné.

De plus, si tu es en Parisie (Paris ou banlieue), tu peux même faire appel à la gentille dame de Rose Indigo qui vient dans ton chez toi pour prendre des vêtements à vendre (renfloue ton compte en banque avec les slips du nain).

Je te conseille donc ce site, il permet de shopper en ayant bonne conscience (et ça, ça n'a pas de prix).
Pour toi qui n'aime pas fouiller dans les bacs, lectrice snob (dont moi).
Pour toi qui aime les plans fringues pas chères (dont moi).


Et si tu as d'autres bonnes adresses, partage hein!!

15 mai 2011

Test et avis du Bib Expresso par Georges (Georges who?)


Il y a presque un an (et oui le temps file ma bonne dame), tu pouvais lire ce mirifique artikeul sur le Bib' Expresso. Cet article, sache-le, m'amène encore aujourd'hui de nombreux visiteurs (les malheureux!) avides d'informations sur cet objet (des parents genre Primi et Chouchou quoi).

Les pauvres. Ils cherchent du test, du bon conseil, de l'information vérifiée...et ils tombent ici. Gulp.
Alors au départ ils sont contents hein, ils voient Mamans Testent (chic, du test, chic des mamans).
Et puis ils lisent, persuadés qu'avec un nom pareil, ils vont enfin découvrir du test, du vrai, de l'impitoyable.
Les pauvres (bis). Il lisent l'article en question et se rendent compte que :
- il n'y a pas de test
- je suis une maboule
- quand même c'est marrant (même si ça ne sert à rien).

Pour réparer cette injustice, pour rendre hommage à tous ces parents avide de test bib'expressien, j'ai demandé (poliment) à l'acteur principal de l'article original de venir témoigner ici.

Ouiiiiiiiiiiiiiii (cri hystérique féminin), Georges.
Entre deux visites flegmatiques aux boutiques Nespresso du monde entier (sauf celle de Mulhouse hein), Georges a accepté de passer un peu de temps ici.

"Mes hommages cher public de Marie de Mamanstestent (un nom à particule, déjà ça me parle).

Je viens en ces lieux ma foi fort sympathiques pour la première fois et je ne suis pas déçu du voyage!! L'ambiance est courtoise, le public essentiellement féminin (youhou les filles!) et je me sens mis en valeur tout au long de ces nombreux (et longs) artikeuls.

Bon, je suis là pour bosser, ne chômons pas.
Le bib expresso m'a été offert par une gentille demoiselle du Salon Baby. Reconnu mondialement comme le Sesky Professionnal de l'Expresso, je suis donc tout à fait apte à tester ce genre de matériel.
J'ai embauché mon wondernain pour la démonstration photo.
C'est parti.

Visuellement tout, d'abord, le Bib Expresso est plutôt réussi. Il n'est pas laid, il n'est pas (trop) encombrant (pas plus qu'un Baby Cook), et ses coloris sont ma foi fort sympathiques. En tout cas, rien qui ne jure dans ma cuisine hype trendy.

Oui, mon plan de travail est sublime...


Le bib'expresso fait pas mal de choses : 
- il peut chauffer de l'eau pour un biberon (en gros, c'est une bouilloire qui chauffe à 37°)
- il peut chauffer biberon et petits-pots au bain marie
- il a une partie amovible dans laquelle tu peux stocker les biberons/stériliser les biberons (au micro-ondes).
- il donne l'heure et te plie tes draps-housses (non, je blague, ça c'est Wondermaman, ma femme).

Pour tous les détails techniques, je te laisse consulter le site internet du Salon Baby Virtuel, sur le stand innovation (ça va plaire au Mâle, c'est en 3D).

Passons maintenant aux choses sérieuses. Je vais te montrer comment on prépare un biberon avec un Bib'Expresso :

1) Tu chopes un biberon. Soit tu prends un de ceux que tu avais rangé soigneusement dans le petit récipient à l'arrière du Bib'Expresso...
...soit tu te souviens que ton petit dernier est une FILLE et tu prends plutôt un biberon rose ou violet (huhuhuhu).


oui, le nain a une jolie montre

Tu verses de l'eau dans ton biberon, tout pareil que d'habitude.
Puis, tu transvases (doucement le nain) cette eau dans le réservoir de chauffe du Bib'Expresso.
Tu essayes de ne pas en mettre partout, après Wondermaman doit passer un coup d'éponge et ça a tendance à l'agacer.

Parfait le nain, bien visé (en même temps, c'est pas trop compliqué)



Ensuite, tu appuies sur le bouton de chauffe...

Oui, le nain ronge ses ongles aussi (mais où a t-il appris cette vilaine habitude??)



Pendant que l'eau chauffe, il te faut remplir le biberon de lait en poudre. Magne toi, tu as trente secondes.
En gros, le temps que tu verses le lait dans le bib', l'eau est chaude. A moins que quelqu'un ait l'excellente idée de te parler pendant que tu annones bêtement le nombre de doses que tu es en train de verser. 
- Une, deux, trois, quatre...
- Chérie?
- Attends...cinq...
- Non mais chérie??
- Attends, ...cinq...ah non, merde, j'en suis où déjà?
- Tu n'as pas vu mon porte-feuille?
- Mais merde là, je fais les doses et à cause de toi je.....
- Biiiiiiiiiiiiiiiiiip!!! (Bib'Expresso qui prévient que l'eau est chaude)

En bref, reste concentrée et ne répond à personne. Le porte-feuille est généralement posé dans l'entrée.

Cela dit, l'eau reste chaude un moment hein, pas de stress.

On compte les doses, on racle le surplus, on en met partout sur le plan de travail et la poudre colle à l'éponge
Les doses versées dans le biberon, on se prépare à ajouter l'eau.


La bestiole fait Biiiiiiiiiiiiiiiiip.

L'eau dans le réservoir de chauffe (c'est également là qu'on place petits pots et bib' pour utiliser la bestiole en bain-marie)

Place le biberon à sa place sur la petite grille. Et appuie sur le petit truc orange. Avec le doigt si tu veux te la jouer. Tu peux même le faire avec un nain (hurlant) sur la hanche. Aucun souci.
et l'eau coula....
L'eau chaude tombe donc dans le biberon et se mélange (un peu) avec la poudre. 
Une fois que tout est écoulé, ton biberon est prêt. Il ne te reste plus qu'à visser la tétine, qu'à secouer quand même (surtout si tu prends un lait un peu épaissi genre le Confort/AR) et à le coller dans le bec du nain affamé. 

L'appareil dispose d'une fonction "auto-wash" que j'utilise une fois par semaine (histoire que tout reste nickel pour mes Wondernains). 
Le test au bain-marie est concluant mais carrément plus long, prévoir 15 minutes pour un petit pot (la feignasse de mère indigne que tu es, tout comme Marie, préférera très certainement le micro-ondes).

Après cette petite démonstration, je te livre mon bilan:

Les + : 
- joli, design et chic, le Bib'Expresso en jette dans ta cuisine. En tout cas, bien plus que le mauvais chauffe biberon refourgué par Tatie Relou (qui date de son époque d'ailleurs).
- pratique, il chauffe rapidement l'eau et permet d'éviter les tournicotons au micro-ondes (trop froid, trop chaud, brûlant - faut le refroidir et le nain hurle).
- rapide (toujours rapport au cri du nain affamé), il permet de faire un biberon en une minute. Et même s'il faut tout de même mélanger, les laits épaissis sont moins grumeleux (enfin, plein de grumeaux quoi). 

Les - :
- Il fait un peu "toc" et pas très solide. Parti sur une idée de Bib'Expresso dans le style des machines à café, j'ai été tout d'abord surpris, toutes les pièces sont en plastiques et semblent fragiles. Ce qu'elles ne sont pas, mais c'est vrai que ça fait drôle.
- Il reste souvent de l'eau dans le réservoir de chauffe. J'ai résolu le problème en inclinant légèrement le Bib'Expresso pendant que j'appuie sur le bouton orange qui libère l'eau.
- Il manque des graduations pour l'eau (dans ce même réservoir) ce qui éviterait d'avoir à passer par le biberon (oui, je suis feignasse à mes heures)

Ma conclusion: 

Lorsque j'ai reçu le Bib'Expresso, j'ai, avouons-le, déchanté. J'étais persuadé de recevoir une machine ultra-perfectionnée dans laquelle il suffisait de remplir un réservoir, de mettre des doses de lait et qui me permettrait, en appuyant sur un bouton, d'obtenir un bon biberon tout chaud sans grumeau. 
Alors oui, le Bib'Expresso fait tout ça, mais avec un peu plus d'intervention humaine que prévu.
Cela dit, après trois semaines d'utilisation, je ne pourrais plus m'en passer (enfin si, mais ça m'ennuierait). 
Le biberon est prêt rapidement, avec la puce dans les bras. Elle n'a pas le temps de chouiner que c'est prêt, chaud et bon.
Idéal également pour la nuit : on verse l'eau, on prépare le lait dans le biberon à l'avance et vers 3 heures du matin (quand les yeux sont restés mi-clos et que l'humeur est celle d'un dogue),  on ne se prend pas la tête (que l'on a dans le luc) et on peut retourner se coucher (presque) rapidement (sans recompter vingt fois les doses).
Pour des parents qui attendent des jumeaux, ça me semble vraiment indispensable (surtout au début quand on carbure à 16 biberons en 24h) car on économise du temps (temps économisé = sieste autorisée).

Bref, un achat à faire si vous avez les moyens (parce que ça coûte tout de même entre 60 et 70 euros) et si votre nain est encore Micronain (ou s'il est encore comme le poisson, pas né).

N'hésitez pas à contacter Marie pour plus de renseignements, je lui ai prêté mon Bib'Expresso histoire de lui simplifier la vie (elle a du mal avec ses trois nains - mal élevés soit dit en passant).

Bises et clin d'oeil sesky de Georges...."


Ndlr : Je suis assez d'accord avec Georges. Le Bib'Expresso est un "gadget" bien utile ma foi, surtout si on est amené à préparer de nombreux biberons (crèche/nounou/nain morfale et parent feignasses).
Évidemment, si vos nains boivent leurs biberons à température ambiante, cet accessoire est inutile.
Ici, testé et approuvé par Micronaine qui apprécie son biberon chaud et rapidement en bouche.

Le Mâle a trouvé tout d'abord que, hum hum, c'était de l'arnaque. Deux jours après, il validait la bestiole.
"C'est quand même sioupère pratique, on ne se pose pas de questions hein?". Et, ça, le Mâle aime.



10 mai 2011

Promenons-nous dans les bois....

Ah, la balade dans les bois.
Mais si, celle du dimanche après-midi vers 16h (après la trop courte sieste des nains)
Celle où tu traînes tes nains histoire de te donner bonne conscience (et de les fatiguer un peu pour avoir un semblant de soirée) et où tu comates toi même légèrement. Celle que tu faisais (éventuellement) quand tu étais Nulli, entre quatre épisodes de Desparate Housewives histoire de t'oxygéner...

La balade dans les bois (surnommée par certains nains, devenus ados, la balade des cons), est un grand moment de la vie de tout propriétaire de nains. Il faut sortir les nains, les motiver, les balader, les supporter, les écouter, leur parler (enfin leur répéter vingt fois les mêmes phrases) et tout ça pour les occuper. Bref, ça peut tourner au drame familial (où tout le monde hurle sur tout le monde et où le nain finit par tomber tête la première dans un buisson - ou dans une flaque).

Enfin, ça dépend si tu es Wondermaman ou Multi, évidemment....

Wondermaman et Georges garent la Touran rutilante sur le petit parking de terre battue.
Georges se gare comme un as et coupe le concerto pour violons et violoncelles en ré mineur de Vladimir Pomp'laire. Les wondernains, bien sanglés à l'arrière dans leurs sièges autos, râlent car ils "adoooorent ce morceau papa, surtout le 4ème mouvement".
Georges sourit et pose sa main sur la cuisse de Wondermaman. Qu'ils ont de la chance d'avoir des nains aussi mélomanes...
Allez, c'est l'heure d'aller se promener.

Georges descend de voiture et sort les deux grands. Wondermaman glisse la petite dernière dans son écharpe pour la promenade :
- Hop, hop, chéri je lui fais le triple nœud croisé dans le dos avec basculement balancier pour qu'elle soit bien hein?
- Oui chérie, ça me paraît super, tu veux que je t'aide?

Mais Wondermaman a déjà fais les vingt nœuds nécessaires (sans s'emmêler les pinceaux et en évitant la flaque d'eau boueuse dégueulasse) et attend le reste de sa troupe en chantonnant.
Georges enfilent les chaussures de forêt aux deux wondernains. Ils mettent ensuite leurs manteaux spécial forêt et prennent leur petit panier de forêt.
Ils sont en route. Le chemin est un peu boueux mais nos Wondernains marchent d'un bon pas en évitant les flaques. Georges et Wondermaman sont derrière eux et devisent gaiement. Les Wondernains ne vont pas trop vite histoire que leurs parents ne les perdent pas de vue. La petite s'est endormie, bercée par le doux balancement et les tendres voix de ses parents.

- Oh, Papa!
- Oui mon chat?
- Regarde, un champignon...
- Où ça ?
- Mais là, regarde bien.
- Oui, quels bons yeux tu as Wondernain. Veux-tu que nous cherchions quel champignon c'est?
- Avec grand plaisir Papa.
Huhuhuhuhu...Wondermaman va encore faire des merveilles en cuisine!!!

Et voici Georges qui sort de sa petite poche extérieure de son manteau de forêt un guide de poche des champignons. Wondernain, habitué, l'ouvre à la page des comestibles :
- Je penche pour une truffe Papa!
- Mais non petit Wondernain, c'est toi la truffe!
- Huhuhu les garçons, calmez vous...(Wondermaman s'esclaffe, ses nains sont tellement spirituels)
- Ah non Papa, tu vois, c'est un clitocyble inversé!
- Tu as raison Wondernain, j'aurais confondu avec le clitocyble en entonnoir...

La petite famille repart, fière de sa trouvaille. Les wondernains s'amusent le long du chemin à reconnaître les différentes familles de champignons:
- Oh! Un bolet du bouleau!
- Tiens, une vesse de loup (héhéhéhé)
Regarde Wondernain,un pistourette des ruisseaux!!!

La promenade continue, les Wondernains nomment les arbres qu'ils reconnaissent et tentent d'apercevoir des biches. Malheureusement, même en marchant de longs moments en silence, ils ne voient rien...
Georges les sent deçus et propose alors aux Wondernains de terminer la promenade par une construction de cabane.
- Youpiiii!
- Youpiii!
- Allez d'accord les nains, installons nous par ici.

Wondermaman s'assoie sur un tronc pour allaiter Micronaine tranquillement.
- Maman?
- Oui mon coeur?
- Je peux monter sur le bois?
- On appelle ça une grume mon chéri.
- Je peux monter sur la grume maman?
- Oui mon chéri, installe toi là près de moi pendant que Papa chéri et frérot chéri cherchent un endroit pour une cabane.

Pendant ce temps là, Georges a sorti Copain de bois de son manteau multi-poches.
Il lit à haute-voix : "Trouvez trois arbres équidistants de 90 cm".

- Là Papa, regarde, ceux là pourraient convenir!
- Mais oui Wondernain, tout à fait! Mesurons le tout avec mon mètre ruban de poche mais à vue d'œil, ça a l'air d'être ça...

Continuons : "trouvez environ 18 rondins de 60 cm de long à la pointe affûtée (pour cela demande à ton papa de t'aider avec une hache)".
- Bon, les rondins, faut les trouver en fait.

Et pendant l'heure qui suit, Wondernain et Georges cherchent (et trouvent) des rondins légèrement affûtés, que Georges termine à la machette (poche intérieure de son wondermanteau).
Wondermaman, pendant ce temps là, cherche quelques beaux branchages pour faire des activités manuelles avec ses nains le soir venu (bomber des branchages couleur argentée, ça fera du plus bel effet dans un vase sur la table du salon).
Petit Wondernain l'aide, il trouve même quelques brins de muguet le veinard!

Il ne manque que les wonder-rideaux...

La cabane se termine, les rondins sont parfaitement positionnés en quinconce comme le suggérait Copain des Bois. La petite porte d'entrée a été tressée par Wondermaman et Georges a réussi à faire un petit paillasson de branchages.

- Il va être l'heure de rentrer les chéris, la nuit va tomber. Si nous voulons avoir le temps de prendre un bon bain et de déguster une bonne soupe, il faut y aller.
- Oh oui, chic!! Une soupe à quoi? Je meurs de faim moi!
- Hihihihi Grand Wondernain, une soupe de cresson, tu sais, celui que tu as planté avec papa?
- Génial, ma préférée!!!

La petite famille s'en retourne tranquillement à la voiture. Les Wondernains ont de bonnes couleurs et Microwondernaine regarde son père d'un air enamouré (elle adore quand son papa la porte en écharpe). Arrivés devant la Touran, les Wondernains ôtent leurs chaussures crottées et les posent sur la bâche mise dans le coffre à cet effet.

- On a bien fait de ne pas prendre la poussette ma chérie!
- Tu l'as bien dit mon cœur, la dernière fois elle était toute boueuse...
- Oh oui, j'ai du la passer au karcher!!!

Les Wondernains ont enfilé leurs chaussures propres et ont reposé leurs manteaux de forêt dans la caisse désignée qui reste toujours dans le coffre du Touran (à côté de la caisse à sachets de courses).
Georges attache ses enfants chéris dans les sièges autos et ouvre la portière à sa douce en lui caressant la joue tendrement.
Ils repartent ainsi en musique jusqu'à la maison. Les Wondernains dormiront bien ce soir.
Comme tous les dimanches.


Multi et le Mâle arrivent sur le parking et garent le Scénic entre deux Touran. Les nains n'ont pas fait la sieste, il est donc 15h30.
Multi a tenté de les occuper (pâtisserie mais il manquait des œufs - peinture mais Petit Nain a mangé la gouache - circuit de train mais ils ont fini par se bastonner à coups de locomotive).
Dans la voiture, ça braille, Grand Nain a perdu sa pom'potes entre la portière et le siège auto et Petit Nain ne essaie d'arracher le pare-soleil. Il n'y a que Micronaine qui se tait, elle doit dormir calmement dans son cosy.

- Allez, tout le monde descend là!
Le Mâle extrait les nains du véhicule et demande aux nains s'ils préfèrent marcher ou faire du vélo:
- Maché (Petit Nain)
- Vélo (Grand Nain)

Multi regarde le Mâle en soupirant. La prochaine fois, on ne posera pas la question.
- Bon, allez, on prend les vélos, ça ira plus vite les nains
- Nooooooon, pas vélo (Petit Nain, en rogne - normal, pas de sieste = fatigué = fiant).

Petit Nain rouge de colère se calme un peu lorsque le Mâle lui colle son beau casque sur la tête.
Grand Nain veut mettre le sien "tout seul comme un grand" et se coince le gras du cou dans le système de fermeture.
Il hurle.
Multi lui colle quelques granules dans le bec (c'est du Nux Vomica mais le nain ne sait pas lire) et, tout de suite, ça va bien mieux.

- Moi aussi! Moi aussi! Ganules!
- Oué, tiens Petit Nain. Hop!


le même que pour les dents...

Les nains granulés sont prêts à partir.
Le Mâle sort le cosy. A l'intérieur, Micronaine dort du sommeil du juste.
- Chérie, tu me sors la structure?
- Elle est où?
- Bin dans le coffre hein, tu ne l'as pas rangée sur le toit, huhuhuhu?
- Ah mais moi je ne l'ai pas rangée du tout chéri, je te l'ai mise dans l'entrée en partant
- Bin non, je t'ai dit "as-tu pensé à prendre la structure?"
- Oui, je t'ai même répondu "non elle est dans l'entrée"
- Et donc tu ne l'as pas prise?
- Et toi non plus?
- Non, moi j'avais déjà les trois enfants!
- Et bin moi je portais les manteaux alors NON je n'ai pas pris la structure qui t'attend dans l'entrée.
Pas grave, on va prendre le porte-bébé.
- Mais elle dort!
- C'est comme tu veux hein, si tu veux te trimballer le cosy à bout de bras pendant une heure, tu peux. Moi, je prends le porte-bébé.
- Ok, bon, d'accord.

Micronaine entrouvre un oeil, puis deux, chouine et se rendort contre sa maman.
Multi marche pour que le bercement termine d'endormir complètement la petite.
- Allez les nains, on avance (Multi chuchote, elle ne veut pas hurler dans les oreilles de Micronaine). D'ailleurs chéri, tu gères les deux hein, je ne peux pas gueuler là...
- Ok. Bon, les nains, on y va!!

Les nains partent comme des bolides sur leurs draisiennes. Grand Nain fonce loin devant. Petit Nain reste bien près de Multi et raconte des trucs incompréhensibles.
Le Mâle et Multi tentent de papoter mais sont interrompus par des borborygmes de Petit Nain. Formidable.
Grand Nain, lui, salue chaque personne rencontrée en lui tapant sa laïfe:


- Bonzour!
- Bonjour le nain
- T'as vu j'ai un beau vélo
- Heu, oui
- Il est vert
- Oui, je vois ça, allez je vais...
- Et il a un frein
- Ah bin c'est bien, mais ce sont tes parents que je....
- Et aussi une béquille....
- Super, bon, bin je vais continuer ma ....
- Et en plus je vais plus vite que Soso tu vois parce que Soso c'est un bébé un peu.
- Oui, bon, heu, BONJOUR MESSIEURS DAMES ET BONNE BALADE HEIN AU REVOIR!
Le nain est fier de sa monture multicolore...

Dix minutes plus tard, les nains ne veulent plus faire de vélo.
Petit Nain descend de son biclou, ôte son casque qu'il balance par terre et s'accroupi au bord d'une flaque d'eau pour y jeter des petits caillous.
Grand Nain chouine qu'il a mal aux jambes et qu'il veut aller dans la forêt qui jouxte la route.
Multi propose:
- Bin laisse les vélos sur le côté, on revient dans dix minutes, ya pas grand monde quand même
- ça va pas non? On pourrait nous les voler...!
- Parano va!

ndlr: oui, le Mâle est parano. Le Mâle vérifie donc trente-huit fois que la porte d'entrée est fermée, que la voiture est verrouillée, que le GPS est caché, que la cafetière est éteinte, que tu as fermé le robinet d'arrivée d'eau de la machine à laver, qu'il n'a pas oublié ses clefs, son portable et sa tête.

Le Mâle a peur de les abandonner dans un fourré, il les prend donc sous le bras pendant que la petite famille entre dans la forêt. Il est ridicule, se prend toutes les branches et manque de déraper à chaque pas.

- Oooooo regarde maman des champignons rigolos!!

Grand Nain tient dans la main une chose rouge à pois blancs!
- NON mais lâche ça tout de suite ce champignon, c'est une ammanite machin qui tue les mouches là!
- Hein?
- Lâche je te dis!
- Non mais c'est joli maman
- Évidemment que c'est joli le nain, ça sert à appâter les mouches (et les nains).

Tiens une ammanite tue-nains!


Le drame de l'intoxication alimentaire ayant été évité, notre petit groupe avance tranquillement dans la forêt.


Courrez les nains. Vite. Et fatiguez vous bien surtout (on est là pour ça)

Petit Nain chouine car il n'arrive pas bien à marcher dans les feuilles.
Grand Nain veut toujours passer devant et lâche les branches dans la tête de celui de derrière.
Et le Mâle suit lamentablement derrière avec ses deux vélos en pestant contre ces "satanés-gosses-la-prochaine-fois-on-ne-prend-pas-les-vélos-z'auront-qu'à-marcher-putain-de-merde".

- hého le nain on se calme là, tu vas défigurer ton frère!
La branche feuillue vient de scalper Petit Nain.

Mais l'intéressé ne râle pas, non, car il a trouvé une mare boueuse dégueulasse dans laquelle les sangliers vont probablement se vautrer aux heures creuses.
Il touille le tout d'un air concentré et ravi avec un vieux bâton.

- A la soupe!
Et il dégage le bâton vers son frère.
Qui se retrouve maculé de boue flotteuse et puante (avec des morceaux de feuilles mortes dedans - et probablement du jus de charogne d'écureuil tombé de la branche).

- Mamaaaaaaaan!!!! Ze suis tout mouiiiiiillé....


Chouine et trépigne.
- C'est pas vrai le nain, t'abuses de trop là, ton frère est immonde maintenant (et ça va être encore le drame pour lui laver les cheveux ce soir - rapport au savon dans les yeux et tout ça).
- Rigolo ça!
- Heu non, pas très rigolo, tu lui dis pardon et tu lui fais un bisou. Heu non, tu lui dit juste pardon en fait
- Adon
- Ouais, ça ira

La petite commence à se réveiller (elle a du recevoir une goutte nauséabonde) et a faim. 


- Va falloir que j'allaite la petite là chéri
- Heu là? En pleine forêt?
- Oui, pourquoi? Ça pose un problème? T'as peur qu'on se fasse dévorer par les loups si on reste immobiles?


- Des loups?? Mamaaaan!!! J'a peur, j'a peur!
- Maman blague le nain. Ce n'est pas drôle mais maman blague.

Raté, Petit Nain regarde autour de lui d'un air terrorisé et finit par glisser dans la mare dégueulasse et croupie.
- Sors le de là tout de suite le Mâle. Putain mais c'est pas vrai, ses godasses pour l'école!!!
- Quoi? Pourquoi tu ne lui a pas mis une vieille paire?
- Parce qu'il n'a pas de vieille paire. Si une paire est trop petite, j'en rachète une autre, t'es bête ou quoi?
- Et ses bottes?
- Les Oui-Oui ou les Cars?
- Peu importe je sais pas moi
- Le chien a bouffé les Oui-Oui.  Et les Cars sont restées dehors. Elles sont donc pleines de flotte puisqu'il a plu. Et je pense même qu'un escargot vit dans celle de droite.
Le nain aime à se vautrer dans la boue


Multi se met assise sur une souche. L'avantage d'avoir enchaîné trois grossesses c'est qu'on peut s'asseoir à peu près partout pour allaiter, le rembourrage externe permettant une assise moelleuse et tout confort.

Le Mâle tente de rapatrier les nains vers le lieu de l'allaitement histoire de ne pas en perdre un. Et de poser un peu les vélos.
- On fait une cabane les nains?
- Oué, une bacane une bacane!


- Alors, comment qu'on fait une cabane?
- On tire les arbres papa!
- Ouais allez, on trouve des arbres!

Et voilà les trois couillus à rechercher des branchages non-moisis.
Le Mâle est efficace, il a déjà posé quelques branches afin de faire un semblant de tipi.
Grand Nain tire une buche qui fait dix fois sa taille en rouspétant.
Et Petit Nain, vieille feignasse, est déjà assis dans la future cabane et attend.
Non mais il est bien ton tipi le Mâle (toujours encourager le Mâle)

Grand Nain abandonne la bûche et va rejoindre son frère.
Le Mâle construit donc la cabane tout seul et reçoit les ordres des minis-tyrans sans broncher.
Pendant ce temps, Micronaine sirote son lait tranquillement et en profite pour pourrir sa couche.
Et son body (le beau Petit Bateau)
Et son pantalon (le magnifique Jacadi)

- Et meeeerde, elle a tout pourri!
- Quoi?
- Elle est couverte de crotte!


Les nains sont hilares (normal, le mot "crotte" a été prononcé).
Il va falloir rentrer et voilà Multi qui dispose donc le paquet crotté tout contre elle histoire de pourrir (également) ses fringues.

- T'as pas pensé à prendre les lingettes?
- Si

- Elles sont où?
- Posées sur la structure de la poussette, dans l'entrée.

La promenade s'achève, les nains traînent la patte.
Grand Nain râle derrière et veut rentrer regarder un dessin animé.
Petit Nain se place devant Multi, les bras tendus et marche en reculant tout en répétant son mantra habituel : "Poté Maman, Poté Maman".
- Je ne peux pas te porter Petit Nain, je porte ta sœur toute crottée déjà. Demande à Papa.

Petit Nain change de cible."Poté Papa, Poté Papa".
- Non Petit Nain, je porte déjà ton foutu vélo.
Tu veux refaire du vélo?
- Non, pas beau papa
- Ok, toi, on rentre et tu vas à la sieste
- Biiiiiiiiiiiiiiiiii

Il pleure. Échec de la menace.
La petite troupe arrive à la voiture.
Le Mâle resangle la petite (puante) dans son cosy et jette les vélos dans le coffre.
Les nains grimpent dans les sièges autos et essuyent leurs godasses sur la tablette.
- Non mais les nains on fait attention là, la voiture de papa n'est pas une poubelle (sous-entendu : pas comme celle de maman)
Oui, bon, ça va, demain je vais à l'Eléphant Bleu

Multi s'affale dans son fauteuil et ferme les yeux. 17h09. Plus que le bain (bien mérité), un petit dessin animé, le repas (putain le repas), le nettoyage du repas, l'histoire les histoires du soir, les pourparlers pour le coucher, le brossage de dents, le zzzz...Multi commence à s'endormir.
Le Mâle la réveille (ça ne nous change pas beaucoup)

- Rhâ, ça fouette ici! C'est la petite qui pue comme ça?
- En fait tu as le choix. C'est soit la petite et sa couche. Soit Petit Nain et sa baignade dans le Marais de l'Eternel Puanteur. Soit mon fessier qui a choisi une souche sur laquelle un renard était venu crever. Soit Grand Nain et son odeur corporelle habituelle (rapport au fait qu'il se lave "tout seul comme un grand").

- Bon, allez, on y va les nains, on se met quoi comme musique? Muse?
- Nagawicka Papa!!
- Heu...je crois qu'on l'a pas Nagawicka...
- Mais siiiiiii (commence à chouiner)
- le titi Indien!! (Petit Nain, mouche du coche)
- Hein? Non? Je crois que Maman l'a laissé à la maison, hein Multi?
- Oui, oui, avec Pierre et le Loup.
- Ze veux, ze veux, ze veux Pierrélelou!!!
- Et meeeerde!!

Le trajet se déroulera donc sur un air de Muse.
Mais entre les chouineries de l'un (qui veut Nagawika), de l'autre (qui veut soutenir son frère même s'il n'a pas vraiment compris pourquoi) et de la dernière (la seule qui a raison de chouiner puisqu'elle est toute crottée et a probablement un rot coincé), le Mâle et Multi se contenteront d'échanger un regard complice.
Dans l'adversité, il est primordial de rester partenaires.

8 mai 2011

Mamie

C'est rare que j'utilise ce blog pour passer des messages personnels.
Je le fais de manière pernicieuse dans mes artikeuls, certes. Du genre "lève toi la nuit le Mâle!" ou encore "n'oublie pas de mettre les DEUX chaussettes dans la corbeille de linge si tu ne veux pas être frappé par la malédiction de la chaussette célibataire".

Mais aujourd'hui est un jour particulier puisque c'est l'anniversaire de "Mamie Chéwie".
Qui avant d'être Mamie Chéwie est Maman Chérie (oui, parce que moi je sais prononcer les "R").

Je me dois donc de faire un petit article pour remercier celle qui, depuis presque 30 ans, supporte la (charmante) personne que je suis.
Et oui, devenir mère permet également de se rendre compte que nos parents ont fait ce qu'ils pouvaient. Devenir parent m'a permis, en tout cas, d'arrêter avec les "mes parents n'ont pas fait ça, moi je ferai ci...". Devenir mère m'a fait comprendre qu'au delà de tout ce qu'on pouvait reprocher, il restait l'amour, inconditionnel.
Et que, peu importe certains choix, peu importe certains mots, peu importe tout cela, au départ, il y a l'amour.

Alors je me dois de dire merci.
Merci pour l'humour, merci pour la tendresse, merci pour les nains et merci pour ce que je suis.
Merci pour les concerts et les musées, pour les promenades du dimanche après-midi, merci pour les "NON", pour les "fais tes expériences" et pour les "quoi que tu fasses, je serai là".
Merci d'être là aujourd'hui et l'avoir toujours été
Merci pour les déguisements de Carnaval, pour le Cerf volant bleu, pour les nuits d'angoisse à Madagascar.
Merci pour les chèvres chauds et pour les chaudoudoux, merci pour les voyages en voiture à ricaner bêtement.
Merci pour l'amour des livres, des polars dévorés, pour la danse et pour les stages de poney.
Merci pour le Népal, pour les fous rires et les hontes. Merci pour les virées shopping et les balades du chien, merci pour les gardes d'enfant et pour les pêches au têtards.
Merci pour les coups de fil en pleine nuit, pour le soutien sans dire un mot, pour les remontées de bretelle et les choix compris.
Merci pour science-po, pour la twingo verte et pour la confiance inébranlable.
Après tout ce que nous avons vu, après tout ce que nous avons vécu, avec tout ce qui nous rassemble et avec tout ce qui nous lie, je sais aujourd'hui que l'essentiel est d'avancer et de faire ce qui nous tient à cœur parce que personne ne le fera à notre place.



Lorsque j'ai eu des enfants, je me suis demandée comment remercier ceux qui s'en occupaient pour que je puisse souffler un peu. Tu m'as répondu que tu t'occupais de mes enfants pour remercier ta mère qui avait fait de même. Et que le jour venu, je m'occuperai de mes petits enfants. Et que ce serait ma façon de la remercier. On remercie sa mère en rendant la même chose à ses propres enfants. Crois-moi, je le ferai.

Je suis consciente aujourd'hui d'avoir de la chance. Parce que certaines n'ont plus de maman. Parce que certaines n'ont pas d'aussi belle relation que celle que nous pouvons avoir.

En ce jour donc, je te souhaite un merveilleux anniversaire, avec ce qu'il y a de plus joli, avec ce qu'il y a de plus vrai, de plus sûr et de plus ancré. L'amour de cette petite chose gluante et bleue, pareille à une grenouille que l'on t'a posé sur le ventre il y a presque trente ans. Cette petite chose devenue ce que je suis.
Qui comprend depuis peu que l'essentiel est déjà là. Qu'il suffit maintenant de faire comme on peut. Avec le sourire.
Et avec confiance.
Sans regarder derrière. Parce que ce qui compte est déjà acquis.
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